La première compagnie pétrolière mondiale cotée Exxon Mobil envisage de se retirer du bassin pétrolier et gazier de la partie britannique de la mer du Nord pour se concentrer sur le pétrole de schiste américain et les nouveaux projets.

Exxon a discuté avec un certain nombre d’opérateurs en mer du Nord ces dernières semaines afin d’évaluer leur intérêt pour la totalité ou une partie de ses actifs qui pourraient valoir jusqu’à deux milliards de dollars (1,78 milliard d’euros), ont rapporté des sources du secteur au fait des négociations, alors que Exxon n’a pas souhaité s’exprimer. Quitter la partie britannique de la mer du Nord signifierait pour Exxon un pas supplémentaire vers un retrait d’Europe alors que le groupe texan a déjà mis en vente ses actifs offshore norvégiens. Exxon emboîterait ainsi le pas à ses concurrents américains Chevron et ConocoPhilips, qui ont vendu cette année la majeure partie de leurs activités en mer du Nord. Exxon opère en mer du Nord via Esso Exploration and Production UK, une coentreprise détenue à part égale avec Royal Dutch Shell qui possède des participations dans près d’une quarantaine de champs gaziers et pétroliers. Shell a refusé de commenter. Exxon produit environ 80.000 barils de pétrole et 441 millions de mètres cubes de gaz par jour en mer du Nord britannique, selon son site internet. De grands producteurs privés en mer du Nord, comme Chrysaor ou Neptune, pourraient être d’éventuels candidats à un rachat. Si les discussions directes avec ces acheteurs potentiels n’aboutissent pas, Exxon envisagera de choisir une banque pour organiser un processus formel de vente, ont indiqué deux des sources. Esso produit du gaz depuis 1968 et du pétrole depuis 1976, notamment dans le gisement de Brent, au large de l’Ecosse, qui correspond à la référence mondiale du brut. Ces dernières années, Exxon s’est focalisé sur le bassin permien, au coeur de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, ainsi qu’en Guyane, où il investit dans d’énormes gisements inexploités.

APS