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Catégorie : Actualite

Le secteur du commerce subit ces derniers mois de sérieux dysfonctionnements et de récurrentes incongruités.  Au cours d’une réunion qui a regroupé il y a près de deux mois,  tous les acteurs du secteur, le ministre du commerce, Said Djellab, a exprimé sa grande satisfaction des actions concrétisées par son département pour assurer un meilleur service public, préserver le pouvoir d'achat et lutter contre les spéculateurs.

Cette rencontre, a entre autres objectifs, d’évaluer la mise en œuvre de la feuille de route relative aux prix des produits de large consommation à travers les prix référentiels. Or, force est de constater que cette décision n’a pas été suivie par les commerçants. Cette mesure avait pour but d’éviter la flambée et de faire baisser les prix de sorte à ce qu’ils soient accessibles aux bourses moyennes. Ça n’a pas été le cas de manière générale pendant le mois sacré, même si de légères baisses sur certains produits ont été enregistrées dans quelques rares marchés. Il n’y  pas de quoi s’enorgueillir de la stratégie réservée par la tutelle pour le secteur. Preuve en est, les prix n’ont pas connu une baisse sensible. Les marchés de proximité promis par le ministère n’ont pas été mis en place localement. C’est l’une des raisons qui ont maintenu d’ailleurs les prix à des niveaux insupportables par les ménages. Le manque de ce type de marchés a également favorisé la spéculation contre laquelle voulait lutter pourtant le ministère. Où sont également, les 1 000 marchés de proximité, les 800 marchés de détail et les 30 marchés de gros projetés dans le  programme présidentiel 2010-2014 ? Cette contreperformance a, en revanche, a aggravé les conséquences de l’informel. En outre, le secteur du commerce subit ces derniers mois de sérieux dysfonctionnements et de récurrentes incongruités. Des irrégularités et des pratiques illégales caractérisent les activités commerciales sur le marché national. Ce qui a déconcerté le plus les citoyens est la fermeture de nombreux magasins plus d’une semaine après la fête de l’Aïd. Ces commerçants se sont visiblement offerts quelques jours de congé, laissant le consommateur dans le désarroi. Pourtant, le ministère du commerce avait donné instruction aux walis pour que les commerçants reprennent leurs activités respectives dès le deuxième jour de l’Aïd. La note de la tutelle, faut-il le souligner, n’a pas été respectée par les commerçants. Cette situation a réduit presqu’à néant les capacités des citoyens à s’approvisionner de manière convenable sur le marché. La baisse de l’activité a touché également les grossistes et les distributeurs qui ont engendré une baisse sensible de l’offre sur le marché. L’image des étals dépourvus de marchandises illustre parfaitement ce constat.  Les fruits et légumes se font de plus en plus rares causant ainsi une flambée des prix pour le moins inattendue pour cette période de l’année où l’offre devrait être abondante. Certains commerçants indélicats saisissent cette opportunité pour augmenter les tarifs des produits. L’on peut citer le cas édifiant de la banane qui a franchi la barre des 500 DA et les autres produits agricoles tels que la pomme de terre et la tomate, très prisées durant la saison estivale qui, après une étape de stabilité, ont vu leur prix augmenter pour avoisiner les 80 DA le kilogramme. L’autre facteur aggravant de cette mercuriale est l’absence de marchés de proximité dans les communes.

Déficit énorme en marchés de proximité

L’Association des commerçants parle de plus de 400 APC  qui n’ont pas installé ces marchés locaux de type parisien. Or, il fallait mettre en place au moins 600 marchés de ce genre afin d’atténuer un tant soit peu la hausse fréquente des prix. Le gouvernement a promis l’installation de 530 marchés de proximité mais il n’a pas tenu ses engagements. Le même topo est relevé pour les autres produits alimentaires. C’est le cas du pain qui, plusieurs jours après l’Aïd, reste introuvable. L’on continue à assister à longueur de journée à  des chaines interminables devant les boulangeries des différents quartiers dans toutes les wilayas. Ce qui explique clairement que les boulangers ouverts se sont avérés insuffisants pour répondre aux besoins des consommateurs. Il y a même ceux qui n’ont pas pu satisfaire la demande à cause d’un manque de matières premières notamment la farine, disent certains boulangers. Même s’ils ont ouvert, ils ne fabriquent pas en revanche, le pain en quantités suffisantes par manque d’intrants. Cette situation oblige les consommateurs à se rabattre sur le marché informel où la baguette est commercialisée à 20 voire 30 DA ! Le lait, l’autre produit sur lequel s’appuient les familles nécessiteuses ainsi que les couches sociales les plus défavorisées pour enrichir un tant soit peu leur ration alimentaire, est absent sur le marché depuis au moins une dizaine de jours. Dans de nombreuses wilayas, le produit n’est pas distribué pour les commerçants. A vrai dire, la rareté du lait en sachets avait commencé bien avant la fête de l’Aïd et se poursuit toujours devant le regard impuissant voire apathique des autorités. Au lieu de s’intéresser à des problématiques secondaires telles que l’importation des véhicules de moins de trois ans, le ministère de tutelle gagnerait à résoudre d’abord et en priorité ces pénuries en produits alimentaires classés de première nécessité et assurer une offre suffisante en quantité et accessible du point de vue de la tarification…

  1. M.