Le gouvernement prépare un "écosystème" favorable à la création et au développement des start-up, a indiqué à Alger le ministre du Commerce, Said Djellab, estimant que plusieurs services importés peuvent être fournis localement.

"Au gouvernement, nous sommes en train de préparer un écosystème favorable aux startupeurs et auto-entrepreneurs. Chaque secteur (département ministériel) se penche actuellement sur la valorisation de ses start-up", a déclaré M. Djellab lors de la cérémonie d'ouverture de la nouvelle année universitaire 2019-2020 de l'Ecole Supérieure Algérienne des Affaires (ESAA). Il a, dans ce sens, mis en exergue les mesures prises dans le cadre du projet de loi de finances pour l'année 2020 qui va être examiné dimanche prochain par le Conseil des ministres. Il a cité notamment la création d'un fonds d'accompagnement pour les start-up, les facilitations fiscales au profit de ce type d'entreprises, ainsi que la création de zones technologiques sur le modèle de la "Silicon Valley" (Californie, Etats-Unis). Pour le ministre, l'Algérie mise sur les start-up, en créant un environnement favorable pour ces entreprises de jeunes, afin de faire face aux défis d'intégration régionale. Il s’agit, a-t-il dit, d’une "prise de conscience de l’importance de notre potentiel de jeunesse". "Jusque-là, le jeune porteur de projet est considéré comme une entreprises comme les autres, en matière de règlementation et de fiscalité. Maintenant, le chantiers est ouvert pour créer un nouvel environnement et libérer les initiatives", a-t-il relevé. Expliquant le rôle des start-up dans l’économie nationale, M. Djellab a fait savoir que l’Algérie importe près de 4 milliards dollars de services d'expertise, alors que la plupart des bureaux d’études étrangers qui travaillent en Algérie emploient des Algériens formés localement. "Nous payons en devise une solution qui existe chez nous (..) La balance des paiements ne nous permet plus cette situation de dépendance", a-t-il avancé. L’encouragement des start-up s’inscrit également dans le cadre des réformes qui deviennent nécessaires vu les évolutions de l’économie mondiale: "Nous n’avons plus le choix, rester en place dans un monde qui évolue c'est pratiquement reculer, et si nous reculons encore, le prix de rattrapage sera encore plus cher", a-t-il averti. Dans le même sillage, M. Djellab a rejeté les critiques concernant l’adhésion de l’Algérie à la zone de libre échange commercial africaine (ZLECAF)."Tous les pays du monde adhère à plusieurs zones de libre échanges. Dans un monde de plus en plus intégré, si nous n’adhérons pas, nous allons être à la marge", a-t-il souligné. "Les pays qui adhèrent ont beaucoup à gagner. S’ils arrivent à atteindre 60% de leurs objectifs, les pays considèrent les zones d’intégration comme un bon accord", explique-t-il. "Avec la ZLECAf, l’Algérie passe à son prolongement africain, mais pour réussir ce défi, il faut travailler plus sur l'innovation et la numérisation qui sont les facteurs accélérateurs de tout économie qui veux s'intégrer", a-t-il ajouté. Interrogé sur l’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans d'âge, M. Djellab a indiqué que cette décision représente "une première étape, susceptible d’ajustement après l’évaluation de sa mise en œuvre". Il a rappelé qu’elle ne concernera que les véhicules à moteur essence. "L’Europe veux abandonner le diesel, et ce n'est pas en Algérie qui va le faire", a-t-il commenté.

T.A.