Le gouvernement tente de désamorcer la crise née dans le secteur de la production électroménagère et électronique, après la décision prise de substituer le paiement cash par un paiement différé pour l’importation des kits SKD/CKD.

 

Ainsi, un comité intersectoriel a été installé pour évaluer l'impact sur la trésorerie des entreprises de la substitution du paiement cash par un paiement différé pour l'importation des kits SKD/CKD. C’est la ministre de l'Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt, qui a annoncé hier à Alger cette décision, prise pour essayer répondre aux doléances des fabricants locaux. Dans une déclaration à la presse en marge d'une journée d'étude sur l'utilisation du ciment dans la construction et la réfection des routes, M. Tamzirt a précisé que ce comité regroupait le ministère de l'Industrie et celui des Finances, rappelant que l'application d'un paiement différé, sur neuf mois, à l'importation des kits SKD/CKD notamment pour le secteur de l'électronique et l'électroménager, visait "la préservation des réserves de changes" du pays. La ministre a, cependant, affirmé que "le dossier est toujours en débat", ajoutant que son département a reçu des représentants du collectif des opérateurs activant dans la fabrication de l'électronique et l'électroménager. Rappelant que les modalités d'importation des collections SKD/CKD, concernent plusieurs secteurs, dont le montage automobile, l'électronique et l'électroménager, elle a assuré que "le dossier avance très bien pour le secteur de l'automobile". Pour rappel, le collectif des fabricants de produits électroniques et électroménagers avait affirmé fin octobre dernier, dans un communiqué, que le paiement différé de neuf mois, comportait différents risques notamment un "manque à gagner" au profit des banques étrangères. Parmi ces risques cités figurent aussi la "cessation de la production début-décembre" et "la compression des travailleurs". Mais, évidemment cette décision de mettre en place un comité technique n’est pas de nature à rassurer les producteurs. Le directeur général chargé du développement industriel au ministère de l’Industrie, Mustapha Hammoudi, a indiqué récemment que la situation sera débloquée avec les décisions d’un comité technique qui vient d’être installé et qui doit valider ou non le renouvellement des licences d’importations CKD et qui concernent les gros opérateurs de la filière, comme Eniem, Iris, Brandt et Condor. Et pendant ce temps, le temps passe et les producteurs s’impatientent.

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