Les travaux du 3ème Atelier technique sur la conformité, organisé à Alger, ont focalisé sur la prévention des risques du marché financier à travers le respect des lois nationales et internationales en vigueur et la formation de la ressource humaine.

Lors de cette rencontre organisée au siège du ministère des Finances, le président de la Commission d'organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB) Abdelhakim Berrah a mis en avant l'importance d'un responsable de conformité dans tout établissement financier pour le contrôle, l'application des lois et le signalement. M.Berrah a précisé que le gouvernement souhaite, à travers la COSOB, former les acteurs du marché financier dans le domaine de la conformité et instaurer des règles de déontologie pour encourager la concurrence loyale. Soulignant que la conformité des activités des établissements aux lois et normes en vigueur "n'est pas une entreprise facile en raison des nouveaux développements dans le secteur financier", le président de la COSOB a précisé que "les pratiques qui étaient acceptées par le passé ne le sont plus actuellement du fait de plusieurs facteurs". M.Berrah qui a relevé que plusieurs administrations, notamment nouvelles, étaient "non conformes aux lois", a préconisé "l'accompagnement des fonctionnaires et des personnels pour améliorer leur relation aux clients ainsi que leur performance, et ce dans le respect des lois". Evoquant le dossier de la création d'un Observatoire de la déontologie de l'entreprise, qui sera soumis au Gouvernement, M. Berrah a précisé qu'il s'agit d'un établissement autonome qui sera placé soit auprès de la présidence de la République, du Premier ministère ou du ministère des Finances et que sa mission principale sera d'élaborer un code de déontologie pour les établissements financiers. Concernant les ateliers techniques sur "la conformité", organisée par la COSOB, M. Berrah a insisté sur leur importance, plaidant pour leur organisation tous les six mois au minimum. Pour sa part, président de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) Ahmed Saidi a affirmé que la réalisation des objectifs de la conformité et de la gestion des risques demeure un défi international dépassant le cadre géographique des Etats et exigeant des efforts supplémentaires et durables. La lutte contre la corruption doit être appréhender en tant que culture au sein des administrations de tous les établissements, a-t-il estimé appelant les participants à cet atelier à la mise en place d'un fichier de risque et de conformité auquel se réfèrent les établissements, et qui doit être actualisé régulièrement. De son côté, le chef des études auprès de l'Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC), Azzedine Kaoua, a mis en avant la nécessité de conférer le caractère obligatoire aux opérations de gestion des risques et de conformité au niveau des institutions financières algériennes, et ce à travers un programme et un plan d'action aux contours bien définis.    Un cadre juridique contraignant exige la définition d'un fichier spécifique des risques pour aider davantage les établissements à adhérer à la lutte contre la corruption. Lors de ces travaux, le Secrétaire d'Etat à l'économie au ministère des Finances suisse a donné un exposé sur l'expérience de son pays en matière de lutte contre la corruption, mettant en exergue le rapport des activités annuelles du Groupe de travail en matière de lutte contre la corruption et les résultats internes de la Suisse en la matière avec les principales recommandations adressées au Gouvernement. Il a salué, par ailleurs, "le débat sérieux" que connait l'Algérie sur les moyens de promotion de la lutte contre la corruption et l'encouragement des institutions en matière de conformité aux lois et de gestion des risques. De son côté, l'ambassadeur de Suisse en Algérie, M. Lukas Rosenkranz, a indiqué que la garantie de la conformité des lois aux normes internationales est très importante en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent, relevant que même les pays pionniers dans ce domaine ne sont pas à l'abri des scandales de corruption, d'où la nécessité d'ouvrir le domaine l'échange d'expériences. Les lois constituent une protection efficace à la condition d'être appliquées intégralement et rigoureusement, a-t-il conclu.

A.A.