Les consommations primaire et finale d’énergie de l’Algérie connaissent toutes les deux une croissance importante sur la période 2000-2017. C’est du moins ce que relève une fiche publiée dans le cadre du Projet meetMED. La consommation primaire est passée de 27.9 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep) en 2000 à 57.6 Mtep en 2017, soit une hausse de 4.4%/an.

 La consommation finale quant à elle est passée de 13.8 Mtep en 2000 à 34.7 Mtep en 2017, ce qui représente une hausse de 5.6%/an. «La consommation finale a donc connu une croissance plus soutenue que la consommation primaire, ce qui s’explique notamment par la hausse du rendement moyen du secteur énergétique » lit-on dans le document. Le mix de la consommation primaire d’énergie de l’Algérie a peu évolué entre 2000 et 2017. Il reste fortement dominé par le gaz et le pétrole (environ 63% et 37% de la consommation respectivement en 2017). La consommation primaire de charbon a quasiment disparu (0.02% en 2017 contre près de 2% en 2000). Les énergies renouvelables (solaire, hydraulique et éolien) représentent environ 0.3% du mix primaire en 2017). En revanche, le mix énergétique de la consommation finale a évolué significativement. Le pétrole a perdu du terrain dans la consommation finale d’énergie, passant de 60% de la consommation en 2000 à 46% en 2017. Il est substitué par le gaz (39% de la consommation en 2017 contre 27% en 2000) et dans une moindre mesure l’électricité (14% de la consommation en 2017 contre 11% en 2000). Le charbon a quasiment disparu du mix énergétique final du pays (0.2% en 2017. Le secteur des transports est le consommateur principal avec 38% de la consommation finale en 2017, part qui est toutefois en baisse (42% en 2000 et 44% en 2010). Il est suivi du secteur résidentiel, qui représente une part de plus en plus importante de la consommation finale (33% en 2017 contre 26% en 2000), dû à une croissance importante du nombre de ménages (+3.3%/an) et la consommation unitaire des ménages due à l’amélioration du niveau de vie des ménages. A contrario, la part de l’industrie a tendance à diminuer (21% en 2017 contre 24% en 2000). Les parts du tertiaire et de l’agriculture restent relativement stables (respectivement 7% et 1% de la consommation finale en 2017).

La politique d’efficacité énergétique de l’Algérie

La politique d’efficacité énergétique de l’Algérie a commencé son développement à travers le Programme national de maitrise de l’énergie élaboré en 2006 et actualisé une première fois en 2011 par le programme National d’Efficacité Energétique adopté en 2011-2015 et seconde fois en 2015 pour fixer des objectifs à long terme, avec un objectif de 15% d’économies d’énergie à l’horizon 2030. La phase 2011-2015 est considéré comme phase pilote prévoyait notamment de mettre en place des projets pilotes à travers des programmes sectoriels (Eco-Bat dans le bâtiment, Prop-air dans le transport…). Dans le cadre de ce programme, la fiche listes les réalisations principales, entre autres, l’isolation de 232 logements, la diffusion de 500 000 lampes à basse consommation d’énergie dans les ménages et l’installation de 407 chauffe-eaux solaires, le remplacement de 10 000 lampes à mercure par des lampes à sodium pour l’éclairage public, l’Installation de 5 000 luminaires à LED pour l’éclairage public, la conversion de 59 000 véhicules particuliers au GPLc… « Toutes ces actions ont donné de la visibilité pour la mise en place de la politique d’efficacité énergétique actuelle, qui repose principalement sur le Programme de développement des énergies nouvelles, renouvelables et de la maîtrise de l’énergie, adopté en 2015. L’objectif de ce plan est d’économiser 63 Mtep en cumulé entre 2015 et 2030, dont 30 Mtep dans le bâtiment » souligne-t-on.

Tendances globales d’efficacité énergétique

L’intensité énergétique primaire a diminué entre 2000 et 2017 de 1.3%/an. Cette diminution s’explique principalement par la forte diminution de l’intensité du secteur des transformations (-2.7%/an), l’intensité de la consommation finale n’ayant quasiment pas évolué. La baisse de l’intensité énergétique primaire a été bien plus rapide sur la période 2000-2010 que par la suite.  La baisse importante de l’intensité du secteur énergétique s’explique principalement par l’amélioration importante du rendement moyen des centrales thermiques, qui est passé de 29% en 2000 à 37% en 2017 grâce à la mise en place de cycles combinés dans les nouvelles centrales électriques plus efficaces que le cycle simple et dans une moindre mesure par la pénétration du renouvelable dans la production électrique (2.4% en 2017 contre 0.3% en 2000, hydraulique compris). L’intensité énergétique finale a très légèrement diminué entre 2000 et 2017, de l’ordre de 0.1%/an. Cette diminution s’explique principalement par des effets de structure, c’est-à-dire l’évolution de la part de chaque secteur dans le PIB, notamment depuis 2010. Cela est dû à la part grandissante du secteur tertiaire, à faible intensité énergétique, dans le PIB.

Intensités énergétiques sectorielles

En termes d’intensité énergétique par secteur, des différences importantes entre secteurs ont été observées. Si la plupart des secteurs voient leur intensité énergétique diminuer (-18% pour l’agriculture et le transport, -16% pour le transport, entre 2000 et 2017), celle du secteur tertiaire est relativement stable sur la période (-2%) et celle du secteur résidentiel augmente très fortement (+80%, soit +3.6%/ an). Cette hausse de l’intensité énergétique du secteur résidentiel s’explique principalement par la hausse du confort thermique (chauffage et climatisation) ainsi que par la multiplication des usages électriques (produits électroniques…). La consommation d’électricité par habitant pour l’éclairage public reste largement orientée à la hausse, ce qui signifie que la consommation d’électricité par tête pour l’éclairage public augmente toujours, malgré la politique mise en place depuis 2011. Cette tendance s’explique par deux raisons principales : La politique sur l’éclairage public reste marginale (10 000 lampes remplacées alors que le pays compte plus de 5 millions de points lumineux). Le taux d’équipement en éclairage public augmente en raison de l’extension des centres urbains et du réseau routier et la construction de plusieurs centaines de cités d’habitations

A.S.