Une expérience pilote pour la culture de l’arganier a été lancée par un investisseur privé de la région "Echott", dans la commune El Karimia (à l’est de Chlef), dans une perspective de valorisation et de développement de cette filière dans le nord algérien.

 L'opération, ayant constitué dans la mise en terre de près de 200 plants d'arganiers, vise à savoir le niveau d’adaptation de cet arbre au microclimat du sud de Chlef, l’objectif principal étant, selon les chargés de ce projet, de "développer cette filière dotée d’un intérêt économique et commercial certain, outre sa contribution à la diversification des produits agricoles locaux", est-il signalé. "L'idée d’investir ce domaine m’est venue suite au constat de l’intérêt grandissant des entreprises mondiales pour l’argan qui est exploité dans l’extraction de l’huile et la confection de produits destinés aux domaines de l'esthétique", a indiqué le porteur du projet Benhalima Selouatchi encouragé en cela, a-t-il dit, "par de précédentes expériences réussies dans la culture de plantes et d’arbres exotiques". Relatant son parcours, M. Benhalima a particulièrement souligné le soutien et l’accompagnement assurés par la Conservation des forêts de Chlef, dont il a requis l’aide. Non seulement cette dernière (Conservation des forêts) lui a fourni les plants d’arganiers nécessités pour son projet, mais également toutes les instructions techniques relatives au développement de cet arbre, a assuré l’investisseur, tout en se félicitant des "bon résultats" obtenus après plus d’un mois de mise en terre des plants d’arbres, dont le suivi du développement est assuré par lui, avec une aide de la part de techniciens de la Conservation des forêts. Selon le constat fait par l’APS au niveau de cette plantation d’arganiers, les arbres sont irrigués par le système du goûte à goûte, au moment où l’intégration de la pisciculture dans le projet permettra à l’investisseur d’éviter les engrais chimiques et, partant, préserver la valeur naturelle de ses produits agricoles, notamment l’argan. "Cette expérience pilote de culture d’arganiers fait partie des plus importantes opérations lancées par la Conservation des forêts de Chlef, au titre des initiatives de développement de cette filière", a indiqué à l’APS le chargé de la communication auprès de la structure, Mohamed Boughalia. Il a signalé d’autres expériences de moindre importance, tentées précédemment au niveau de la wilaya à partir de 2002, avec la culture de cinq plants d’arganiers, dont l’intensification et la multiplication a permis la mise en œuvre d’autres opérations similaires entre 2010 et 2016, avant d’arriver à la mise en terre en 2019, de 60 plants d’arganiers au niveau d’un périmètre agricole mitoyen au chef-lieu de wilaya. Selon des techniciens de la Conservation des forêts, cette expérience, tentée à El Karimia, augure de "bons résultats", "ouvrant des perspectives d’avenir pour l’investissement dans la filière". Soit un objectif en conformité avec les recommandations de l’atelier de travail national sur les perspectives de valorisation économique de l’arganier, organisé en septembre dernier à Adrar. "Il est impératif d’élargir la plantation de l’arganier à l’ensemble des wilayas dans le nord du pays, dont le climat est adapté à cette culture", a recommandé, pour sa part, Abdelhakim Djaâbout, inspecteur principal à la Conservation des forêts, se félicitant de l’orientation prise dans ce sens par des investisseurs de la wilaya. Il a fait part de visites régulières, réalisées par ses services, à la plantation d’arganiers de l’investisseur Selouatchi pour "suivre le développement des arbres, dans cette région du Sud-est de Chlef, et faire la comparaison avec les autres expériences tentées précédemment dans le nord et le centre de la wilaya", a-t-il expliqué. Le coordinateur national de la filière de l’arganier, Ould Safi Mohamed, a assuré dans un entretien téléphonique avec l’APS, que l’expérience de la plantation de l’arganier à Chlef "est très encourageante", particulièrement, a-t-il dit, "eu égard au recul constaté dans la régénération de cet arbre endémique de la wilaya de Tindouf, en raison des changements climatiques, ayant touché cette région notamment", a-t-il observé. Selon les informations fournies par M. Ould Safi, l’arganier est un arbre parfaitement adapté aux régions arides et semi-arides. Il peut supporter des températures au sol, (et à l’ombre), entre 5 à 50 degrés Celsius, et ne nécessite pas de gros besoins en eau. Généralement, la quantité d’eau nécessaire pour un hectare de blé peut suffire pour une vingtaine d’hectares d’arganiers. Cependant les fruits de l’arganier craignent le gel, a-t-il précisé. "La réussite de cette culture est largement dépendante d’un micro climat exempté de ce facteur naturel(gel) qui impacte négativement sur le fruit, entre septembre et mai de chaque année", a expliqué M. Ould Safi. Il a fait part d’une proposition introduite auprès de la tutelle portant sur un programme pour l’extension de cette culture sur une surface de 5000 ha entre 2020 et 2025. Parallèlement à l’amélioration et à l'intensification des plants d’arganiers et la formation des représentants de la filière au niveau de chaque wilaya, aux fins de fournir l’aide technique nécessaires aux investisseurs. A noter que cet arbre est endémique de la wilaya de Tindouf, qui compte près de 5000 arganiers. Son fruit est particulièrement recommandé pour les maladies de la peau, les produits esthétiques et l’extraction de son huile aux bienfaits multiples.

K. B.