A l’instar du gouvernement algérien qui vise la conquête du marché africain, le Forum des Chef d’Entreprise (FCE), incite également les producteurs algériens à exporter leurs produits vers l’Afrique.

Dans un entretien accordé à Maghreb Emergent, le président du Forum, Ali Haddad explique qu’avant de vouloir exporter, « il faudrait tout d’abord hisser la qualité de nos produits aux normes internationales, et cela, passe par l’encouragement et l’appui aux entrepreneurs qui commencent par l’allègement, voire la suppression de tous les efforts exogènes » à la production. « Nous visons par l’ouverture de nos bureaux à travers tout le territoire national, le rapprochement des producteurs et la fédération des efforts pour assurer une meilleure production nationale. A travers la batterie des mesures proposées dans le plaidoyer soumis par le FCE au gouvernement, nous espérons aider l’investisseur à améliorer ses produits, satisfaire les demandes locales, puis exporter », a-t-il ajouté. Mais cela n’est pas suffisant, estime M. Haddad, car l’investisseur qui veut exporter, « doit prendre l’avion et se diriger vers le pays de destination. Une fois sur place, il doit avoir un accompagnement bancaire et logistique », nous a-t-il dit. Et d’expliquer : « Il faudrait que les banques algériennes, Air Algérie et Mobilis s’implantent en Afrique pour préparer le terrain à l’arrivée des exportateurs algériens. Nous sommes en train d’en discuter avec ces acteurs ainsi qu’avec le gouvernement, car ceux sont-là les piliers de l’exportation ». Sur la nature d’avancement de ces discussions avec le gouvernement, la réponse de Ali Haddad est laconique « Ils nous écoutent », nous a-t-il répondu. Sur ce même sujet, le vice-président du FCE, Mohamed Bairi, avoue que les PME ne peuvent pas aller toutes seules investir, mais qu’elles ont besoin d’être protégées par de grandes firmes algériennes : « Je suis un homme de terrain, j’ai vu comment ça se passe en Afrique, et j’ai conclu qu’on ne peut aller seuls (en tant que PME), vers cette aventure. Il faudrait que les grandes compagnies nationales telles que le Sonatrach et Air Algérie partent pour nous ouvrir la voie et nous assurer une protection », nous a-t-il dit en citant pour exemple les implantations réussites des marocains et des libanais dans plusieurs pays africains. Lors de la nomination des chefs des bureaux du FCE, de Guelma et Souk-Ahras, respectivement Mohamed Laabidi et Omar Rebaie, lors d’une cérémonie organisée ce matin au niveau de l’entreprise en train de fabrication des pattes du groupe Amor Benamor, le président du FCE, Ali Haddad, parle d’une nouvelle Algérie qui est, selon lui, en train de se mettre en place. « La nouvelle Algérie est en train de se créer, de se mettre en place. La nouvelle Algérie c’est nous. Venez, n’ayez pas peur ! », a-t-il déclaré en direction des entrepreneurs des wilayas de l’Est. « Les choses sont en train de changer grâce à nos efforts », souligne le président du FCE, en réitérant sa satisfaction de l’annulation de la Lettre Anonyme, qui portait autrefois préjudice et compromettait la réputation de « personnes honnêtes !». En énumérant les avancées « arrachées » par le FCE (Dépénalisation de l’acte de gestion, bancarisation des fonds de l’informel, la suppression du Calpiref…), Ali Haddad affirme que le problème du foncier qui constitue l’un des plus grand problèmes des investisseurs est en train d’être réglé. « Le problème du foncier est en train d’être solutionné définitivement », a-t-il assuré. Répondant à la question d’un investisseur concernant la récupération des terrains appartenant à des entreprises publiques et qui sont à l’abandon, Ali Haddad dit que la question du foncier résiduel ne fera même pas objet de discussion. « Je ne veux pas qu’on touche aux biens des entreprises publiques. On ne va jamais chercher à récupérer ces terrains publics, et la question ne sera jamais posée », a confirmé le président du FCE. S’agissant des fermes pilotes, le Forum va proposer que les terrains agricoles non exploités soient récupérés et octroyés à des investisseurs pouvant les cultiver et y créer de la richesse.  

H. B.