Le procès en appel de l'homme d'affaires et président du groupe Sovac pour le montage et l'importation de véhicules, Mourad Oulmi, accusé de "blanchiment d'argent et incitation d'agents publics à exploiter leur influence", a repris hier à la Cour d'Alger par les plaidoiries de la défense, après trois semaines de suspension.

 Outre l'ancien président directeur général du Crédit populaire algérien (CPA), Omar Boudiab et des cadres de cette banque et du ministère de l'Industrie, l'affaire implique aussi l'ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, l'ancien ministre de l'Industrie, Youcef Yousfi, et Khidher Oulmi (frère cadet de Mourad Oulmi). Dans leurs plaidoiries reprises samedi, les avocats du principal accusé, Mourad Oulmi, ont plaidé son innocence, affirmant que son dossier était "fondé sur des faits erronés" et "dépourvu de preuves" des griefs retenus contre leur client. La défense a également signalé que Mourad Oulmi "avait une bonne situation à l'étranger" et qu'il est venu en Algérie comme "investisseur et opérateur économique et non pas comme un +trabendiste+", car "il avait espoir en son pays et qu'il voulait contribuer à son développement économique". Les avocats ont aussi déploré le fait de considérer comme "voleur" toute personne ayant réussi ses projets et dire de son succès qu'il s'agit d'un "luxe insultant". Ouvert le 23 septembre dernier, le procès a été suspendu au deuxième jour suite au malaise qu'a eu le bâtonnier du barreau d'Alger, Me Abdelmadjid Sellini, membre du collectif d'avocats de Mourad Oulmi, lors de la séance consacrée aux plaidoiries. Depuis, la Cour d'Alger avait annoncé une première fois que le verdict sera rendu le 30 septembre, puis elle l'a reporté une deuxième fois pour le 10 octobre, jour où il a été décidé la poursuite des délibérations jusqu'à ce samedi, suite à l'absence de la défense et de plusieurs accusés. Pour rappel, le procureur général près la Cour d'Alger avait requis des peines de 15 et 12 ans de prison ferme respectivement contre Mourad Oulmi, patron du groupe Sovac, et son frère Khidher Oulmi. Une peine de 15 ans de prison ferme a été requise contre Ahmed Ouyahia et de 10 ans de prison ferme contre Youcef Yousfi, assortie d'une amende de 2 millions de DA chacun. Le procureur général avait requis une peine de 3 ans de prison ferme avec une amende d'un million de DA contre Omar Boudiab et des cadres de la banque et de l’industrie, impliqués dans l'affaire. Il a été aussi demandé la saisie des biens et le gel des activités des entreprises représentées dans le procès par des personnes morales avec une amende de 32 millions de DA pour chacune.

K. B.