L'Algérie devrait suivre un modèle énergétique basée sur l'efficacité et la performance afin de réduire le gaspillage de l’énergie, a préconisé mardi à Alger l’économiste Mourad Preure.

S’exprimant lors d’une conférence débat organisée par le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE), M. Preure a jugé nécessaire de repenser le système de subventions des produits énergétiques (électricité et carburant) en vue d'une utilisation plus efficiente mais aussi plus rationnelle de l'énergie dans un contexte marquée par une hausse de la consommation interne parallèlement à une baisse continue des cours mondiaux de pétrole. Ce spécialiste en questions énergétiques a estimé que le système actuel de subventions devrait être réorienté de manière à faire bénéficier les catégories les plus démunies.   A cet effet, il a préconisé la mise en place d’un nouveau mécanisme en adoptant une tarification flexible et équilibrée entre le prix réel du marché et le souci de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. M. Preure a, en outre, mis l’accent sur la nécessité pour l’Algérie de tirer les enseignements des crises précédentes, notamment celle de 1986, pour ne pas retomber dans une situation similaire. "Le marché pétrolier international est connu pour sa volatilité et son instabilité, et l’Algérie doit tirer les leçons des crises précédentes", a-t-il souligné, ajoutant que la situation financière de l’Algérie lui permet de faire face aux impacts des turbulences actuelles du marché. Selon lui, la tendance baissière des cours devrait s’inverser dés l’année prochaine et les prix sont appelés à repartir à la hausse fin 2016 pour se stabiliser au dessus de 80 dollars le baril, et ce, à la faveur d’une reprise attendue des économies asiatiques, particulièrement en Chine et en Inde. Par ailleurs, dire que l’Arabie Saoudite ou l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) de manière générale sont responsables de la baisse des prix du pétrole "n'est pas juste", a indiqué M. Preure, estimant que même si la chef de file de l’Opep réduit sa production pour absorber le surplus de l’offre sur le marché, d’autres pays producteurs non membres de l’Organisation maintiendront leurs niveaux de production pour honorer leurs engagements et poursuivre le financement de leurs économies. En vue de faire face à cette situation, le groupe Sonatrach doit renforcer ses activités d’exploration même à l’international pour valoriser le potentiel de gisements, tout en consolidant ses liens avec le monde des universités et des centres de recherche qui constituent le principal pourvoyeur en matière de développement des technologies liées à l’industrie du pétrole et du gaz, a relevé M. Preure.

A.S.