Le ministre de l’Energie, président de la Conférence de l’OPEP, Abdelmadjid Attar, a exhorté tous les signataires de la déclaration de coopération à honorer leurs engagements et s’adapter à l’évolution du marché pétrolier impacté par la COVID-19.

"Je voudrais exhorter tous les pays participants à la Déclaration de Coopération (Doc), en ces temps difficiles, à maintenir le cap et à rester déterminés à honorer nos engagements respectifs. Nous devons rester flexibles et résilients et prêts à nous adapter à la dynamique en constante d’évolution du marché", a-t-il plaidé dans son allocution à l’occasion de la 24ème réunion du Comité ministériel mixte de suivi OPEP et non-OPEP (JMMC). Il a, dans ce cadre, souligné que depuis la dernière réunion du JMMC, plusieurs verrouillages nationaux ont été réimposés par les gouvernements qui cherchent à contrer l'augmentation rapide du nombre de cas de la pandémie Covid-19 alors que les secondes vagues du virus se propagent dans diverses régions. Il s’agit, selon M. Attar, "avant tout d'une crise humanitaire et les gouvernements du monde entier continueront de faire tout ce qu'ils peuvent pour aider à sauver des vies et à maîtriser cette situation d'urgence". Le ministre de l'Energie est revenu à l'occasion sur les récentes annonces concernant le développement d’un vaccin réduisant le risque d’atteinte de virus. "Nous avons été ravis de voir les récentes nouvelles positives sur le front du vaccin COVID-19, alors que les entreprises se rapprochent du développement d'un vaccin sûr et fiable éprouvé. Ces avancées positives ont renforcé les marchés boursiers et contribué à égayer le sentiment des investisseurs, redonnant l'espoir que nous aurons bientôt une définition viable contre cette pandémie", a-t-il noté. Il a ajouté que dans l'intervalle, l'économie mondiale continuait de souffrir d'une récession, soutenant que le PIB mondial devant reculer de 4,3% cette année. Cependant, poursuit-il, "Nous prévoyons une reprise progressive de l'économie en 2021, pour atteindre une croissance de 4,4%. Cependant, cette tendance est encore incertaine et nécessite une grande vigilance de notre part, car les contractions de la demande mondiale de pétrole pour 2020 font face à une pression supplémentaire de la deuxième vague de la pandémie COVID-19 et des verrouillages associés". Pour M. Attar, une telle contraction aussi élevée que 9,75 millions de barils par jour (mb/j) est "sans précédent". S’agissant de la demande mondiale de pétrole, il a fait observer qu’en 2021, la croissance de cette demande devrait se redresser et se développer à un rythme de 6,25 mb/j, ajoutant que la consommation restera bien en deçà des niveaux d'avant la pandémie.

Un marché pétrolier mondial "sain, en croissance et prospère"

Toutes ces données signifient, selon le Président de la Conférence de l’Opep que "le chemin de la guérison est encore long et cahoteux" prévenant que "le moindre faux pas de notre part (Opep+) pourrait être catastrophique pour le marché et contraire à notre intérêt commun". Il a, rappelé, qu’en 2020, l'OPEP a continué à relever le défi avec ses partenaires non membres de l'OPEP de la DoC et ont été en mesure de fournir un "courant sous-jacent vital de stabilité à la fois d'incertitude et de détresse économique sans précédent provoquées par la COVID-19". M. Attar, a également rappelé la 22e réunion ministérielle du GECF tenue récemment sous la présidence de l’Algérie, qui a été une occasion précieuse de discuter des impacts du COVID-19 sur les marchés mondiaux des produits de base et sur l'économie, ainsi que des incertitudes connexes qui continuent de peser sur le marché. "Au cours de ces délibérations, de nombreuses remarques positives ont été faites par les ministres concernant les efforts courageux et responsables de l'OPEP + pour ramener l'équilibre et la stabilité sur les marchés de l'énergie", a-t-il relevé M. Attar a réaffirmé en outre que "sans l'action courageuse des producteurs de la DoC, le marché pétrolier et l'économie seraient aujourd'hui dans une situation désespérée". Dans ce contexte, le ministre de l'Energie a mis en avant "l’importance du cadre Opep + pour surmonter une pandémie mondiale et inaugurer à nouveau un marché pétrolier mondial sain, en croissance et prospère".

L’OPEP+ a réduit environ 1,6 milliard de barils depuis mai 2020

Les producteurs l'Opep+ ont contribué à réduire l'offre mondiale de pétrole d'environ 1,6 milliard de barils depuis mai dernier, a indiqué l’Organisation des pays exportateurs de pétrole sur son site web. "Entre mai et octobre 2020, les pays membres de l'OPEP et les pays non membres de l'Organisation ont contribué à réduire l'offre mondiale d'environ 1,6 milliard de barils, y compris des ajustements volontaires, ce qui a été essentiel au rééquilibrage du marché", a précisé l’Opep dans un communiqué publié mardi soir à l’issu de la 24éme réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC). L'accord de l’Opep+ en vigueur a été entamé en début mai dernier avec une réduction de la production pétrolière de 9,7 mb/j avant de passer au retrait volontaire actuel du marché qui est de 7,7 millions de barils prévu jusqu’à la fin de l’année en cours. Selon les données du Comité technique mixte (JTC) de l’Opep+ présentées lors de la réunion du JMMC, "les pays ont compensé les volumes précédemment surproduits. Cela a conduit à atteindre un niveau de 99,5% des engagements d'ajustement de la production depuis mai ". A cette occasion, le JMMC a réaffirmé l'importance cruciale d’adhérer à la pleine conformité et de compenser les volumes surproduits, afin d'atteindre l'objectif de rééquilibrage du marché et d’éviter tout retard indu dans le processus, rapporte l’Opep. Les contributions positives continues de la Déclaration de coopération (DoC) pour soutenir un rééquilibrage du marché mondial du pétrole conformément aux décisions prises lors de la 10e réunion ministérielle extraordinaire de l’Opep+ le 12 avril dernier pour ajuster baisse de la production globale de pétrole brut, ont été aussi soulignées lors de la réunion du JMMC. A cela s’ajoute les décisions prises à l'unanimité lors de la 179ème réunion de la Conférence de l'OPEP et de la 11ème réunion ministérielle de l'OPEP et des non-OPEP le 6 juin 2020. Il a été également noté que des mesures plus strictes de confinement du COVID-19 sur tous les continents, y compris des verrouillages complets, ont un ‘’impact sur le rebond de la demande de pétrole et que les risques et incertitudes sous-jacents restent élevés’’. A cet effet, "tous les pays participants doivent être vigilants, proactifs et prêts à agir, si nécessaire, selon les exigences du marché", recommande le JMMC. Les recommandations du Comité seront transmises à la 12e réunion ministérielle de l'OPEP et non-OPEP, prévue, par vidéoconférence le 1er décembre prochain, selon le communiqué final du JMMC. Cette réunion sera précédée, le 30 novembre par la 180éme réunion de la Conférence ministérielle de l’Opep qui sera présidée par l’Algérie. Le ministre de l’Energie, président de la Conférence de l’OPEP, Abdelmadjid Attar, présent à la réunion du JMMC a souligné la nécessité pour tous les signataires de la déclaration de coopération "à maintenir le cap et à rester déterminés à honorer nos engagements respectifs, en ces temps difficiles". "Nous devons rester flexibles et résilients - prêts à nous adapter à la dynamique en constante évolution du marché", a-t-il plaidé dans son allocution. Les prochaines réunions du JTC et du JMMC sont prévues respectivement pour le 16 et le 17 décembre prochain.

T.A.