Dans son discours à la Nation, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé plusieurs décisions importantes, faisant état d'autres à venir dans le cadre du changement radical, revendiqué par le Hirak "authentique béni", et ce à travers "des solutions institutionnelles et pérennes".

"Je m'adresse au peuple, une année après mon élection à la magistrature suprême du pays, à la faveur du grand honneur qu'il m'a fait en plaçant en moi sa confiance, le 12 décembre 2019", a déclaré le Président de la République à l'entame de son discours avant de parler de sa maladie et de son rétablissement. Evoquant la commémoration de la Journée du Chahid, le chef de l'Etat a rappelé les sacrifices des Chouhada pour "une Algérie indépendante, gérée par ses enfants", estimant que "les enseignements de ces sacrifices prennent aujourd'hui tout leur sens au regard de ceux qui n'hésitent pas à vendre au plus bas prix cette patrie, si précieuse". Par la même occasion, le Président Tebboune a remercié les Algériens pour "leur participation et accompagnement à tous les chantiers ouverts ensemble, dont le plus grand a été, dès le début du mandat présidentiel, le changement des modes et pratiques de prise en charge sociale des citoyens, en souffrance, durant des années, sans que personne ne prenne leur défense". A ce propos, il a déclaré : "malgré les difficultés financières suite à la baisse des cours du pétrole et l'impact de la pandémie du nouveau Coronavirus, j'ai décidé le relèvement du Salaire national minimum garanti (SNMG) à 20 000, une décision qui n'avait pas été prise durant des années", et j'ai honoré l'engagement, pris lors de ma campagne électorale, d'exonérer les salaires inférieurs à 30.000 DA, laquelle a profité à quelque 6,5 millions d'Algériens". "L'objectif de toutes ces décisions est de faire profiter les Algériens de l'argent qui était détourné à travers la surfacturation et l'investissement dans des pays étrangers", a-t-il assuré. Evoquant la pandémie Covid-19, il a tenu à rendre hommage aux Algériens pour "leurs patience, sens de sacrifice et discipline, qui ont favorisé une harmonie dans la lutte contre le virus", mettant en avant "leur confiance" qui a permis "la gestion adéquate de la situation, la protection de l'armée blanche et la mobilisation de tous les moyens pour la prise en charge médicale des citoyens". Il s'est dit, également "fier" de la solidarité témoignée à la population de la wilaya de Blida, une fois déclarée premier foyer de ce virus, estimant que cette solidarité "reflète la véritable image des Algériens ainsi que leur noblesse d'âme et générosité". Dans le même sens, M. Tebboune a exprimé ses remerciements aux Algériens pour leur patience vis-à-vis des mesures prises pour juguler la propagation du Coronavirus, "des mesures qui avaient fait l'objet de critiques à l'étranger mais qui sont aujourd'hui suivies, et nous en sommes fiers", a-t-il ajouté soulignant le recul du nombre des contaminations. Le président de la République a abordé, par ailleurs, la campagne de vaccination anti-Covid-19, faisant état d'un "accord avec nos amis Russes pour la production en Algérie du vaccin +Sputnik V+ dans 6 à 7 mois". A l'adresse des "sceptiques", le Président Tebboune a répondu que "la fabrication de vaccins n'est pas une nouveauté pour l'Algérie. Dans 6 à 7 mois, le vaccin sera produit dans notre pays et nous pourrons en bénéficier et faire bénéficier nos frères Africains", a-t-il affirmé.

Une bataille économique, une autre institutionnelle

 Le chef de l'Etat a également évoqué une "autre bataille", celle liée à une récession "dépassant les 80%" de l'économie mondiale en raison des répercussions de la pandémie Covid-19, qui a également impacté l'économie nationale. Il a affirmé, dans ce cadre, que les "mesures que nous avons prises, notamment de solidarité, d'aide et d'atténuation de l'incidence de la crise sur les opérateurs économiques, ont permis de surmonter cette conjoncture au moindre préjudice". Soulignant que le temps était venu de se lancer dans "l'édification de l'économie et de l'investissement", le Président Tebboune a rappelé avoir rencontré des investisseurs qu'il a exhorté à "adhérer à la stratégie tracée pour la relance de l'économie et l'investissement créateur d'emploi et de richesses, en s'écartant de l'économie fourvoyée, axée par le passé sur l'importation et la surfacturation". Soulignant, par ailleurs, l'impératif d'accorder un grand intérêt "aux jeunes innovateurs dans l'économie nationale", relevant que "c'est dans ce sens que s'est inscrit la création de deux départements ministériels dédiés à cette frange et d'un fonds national pour le financement des start-up et des micro-entreprises". Non moins importante que la bataille économique, "la bataille institutionnelle" a été longuement développée par le Président de la République. "Nous avons mené la bataille du changement des textes et des institutions, comme la revendiqué le Hirak béni et authentique du 22 février 2019", a-t-il dit, dans ce cadre, ajoutant que le changement radical "ne peut être concrétisé qu'à travers des nouvelles lois et institutions". Il citera, à cet égard, la révision de la Constitution "dans laquelle nous avons inclus toutes les revendications du Hirak", un texte, a-t-il dit, qui "consacre la liberté absolue, tant individuellement que collectivement, la déclaration suffit désormais pour créer des partis et des associations". "Nous nous sommes aussi attelés à organiser la société civile en lui donnant la parole pour qu’elle soit efficace et partie intégrante de l'Etat", a ajouté le Président Tebboune, assurant la société civile "marginalisée par le passé, fera entendre sa voix à l'avenir". Abordant "les changements apportés par la Constitution et palpables pour le citoyen", le Chef de l'Etat a cité la limitation des prérogatives du Président de la République et la consolidation des pouvoirs des élus, notamment au niveau du Parlement. A ce titre, le Président Tebboune a annoncé sa décision de "dissoudre l'Assemblée populaire nationale (APN) pour passer, de suite, à des élections où l'argent, sale ou pas, n'aura point de place, des élections qui ouvriront la voie aux jeunes", exhortant ces derniers à "investir les institutions politiques à la faveur des encouragements de l'Etat, et ce à travers la prise en charge d'une grande partie du financement de leur campagne électorale". Pour le Chef de l'Etat, l'implication des jeunes dans la vie politique "permettre d'injecter du sang neuf dans les organes de l'Etat et le Parlement, qui en étant les yeux et la voix du peuple ne souffrira d'aucun discrédit". Le Président Tebboune a tenu à réaffirmer, dans ce sens, que "le Parlement sera élu sous le contrôle de l'ANIE dans les prérogatives de laquelle n'intervient ni les présidents des APC ni les walis (...), ni même le président de la République. D'autre part, le Président de la République a évoqué le deuxième anniversaire du Hirak authentique béni, "un Hirak qui a épaté tous les pays et sauvé l'Algérie d'une tragédie en acceptant les élections avec un grand sens politique". A ce propos, il a annoncé la signature d'un décret portant grâce présidentielle au profit d'une trentaine de détenus, jugés définitivement, et de 55 à 60 autres, dont les jugements n'ont pas encore été rendus par la justice, et qui seront ce soir ou demain parmi les leurs". Le Président Tebboune a affirmé, dans le même sens, "avoir pris connaissance des critiques dûment faites par les citoyens" concernant la faible performance de "certaines autorités locales et nombre de secteurs ministériels". "J'ai entendu l'appel et j'ai décidé d'opérer un remaniement ministériel, qui sera annoncé dans les prochaines 48 heures", a-t-il déclaré précisant que ce remaniement "concernera les secteurs ayant enregistré, à notre sens et du point de vue des citoyens, des lacunes dans l'accomplissement des missions et le règlement des problèmes du citoyen".

IRG : L’exonération des salaires inférieurs à 30.000 DA a bénéficié à 6,5 millions de citoyens

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a fait savoir, que l'exonération des salaires inférieurs à 30.000 de DA de l'Impôt sur le revenu global (IRG) a bénéficié à quelque 6,5 millions de citoyens. "L'engagement que j'avais pris lors de ma campagne électorale d'éxonérer les salaires inférieurs à 30.000 DA a été concrétisé au profit de quelque 6,5 millions de citoyens", a déclaré M. Tebboune dans un discours à la Nation. Il a ajouté que cette mesure, prise dans le cadre des nombreux chantiers ouverts depuis le début de son mandat "en faveur des faibles classes sociales, a été appliquée malgré les difficultés financières, suite à la baisse des cours du pétrole et de la crise sanitaire mondiale". Evoquant le relèvement du Salaire national minimum garanti (SNMG) de 18 000 à 20 000, le Président Tebboune a expliqué que cette décision traduisait sa pleine conscience de "la souffrance" des faibles revenus et de la nécessité d'une meilleure prise en charge sociale d'Algériens "en difficulté depuis de nombreuses années". Il a assuré, dans ce contexte, que "l'Etat continuera à prendre en charge les enfants de l'Algérie et à lutter contre l'argent sale découlant de la surfacturation pour l'investissement à l'étranger.

A.A.