Le Forum de l'économie culturelle organisé par le ministère de la Culture et des Arts à Alger, trois jours durant (3-5 avril), a constitué une étape importante, en vue de faire évoluer la culture d'un secteur consommateur assisté à un secteur producteur contribuant à l'économie nationale.

 

Supervisé par le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), ce forum se veut une réunion de coordination entre le ministère de la Culture et des Arts et plus de 20 autres secteurs ministériels, ainsi qu'avec différents acteurs culturels, des cinéastes, des Hommes de théâtre, des artistes plasticiens, des musiciens et des porteurs de projets culturels. Cette rencontre intervenait à l'issue de plusieurs réunions bilatérales conjointes entre le ministère de la Culture et des Arts et le reste des secteurs et entre ce ministère et le patronat (hommes d'affaires) et ce, dans le but d'examiner les embûches et les obstacles et d'apporter les propositions devant être mise en œuvre, en vue de sortir avec des solutions pratiques, à l'effet de relancer l'économie culturelle. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad avait mis en avant, à l'ouverture des travaux de ce forum, la volonté de l'Etat de soutenir l'artiste et l'investissement privé dans le domaine de la culture, conformément aux engagements du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. "L'Etat est engagé à soutenir et à accompagner l'innovation artistique et à réhabiliter le métier de l'artiste et des travailleurs du domaine de la culture, car l'artiste en tant que ressort de l'acte culturel figure au centre de ses préoccupations", avait indiqué M. Djerad. Le Premier ministre avait également mis en avant "l'impérative conjugaison efforts pour faire évoluer la Culture d'un secteur consommateur, constituant un fardeau pour le budget de l'Etat, vers un secteur économique producteur de richesses et générateur d'emplois. Un secteur qui contribue à la réhabilitation de l'Algérie dans le système mondial du tourisme". Pour sa part, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda avait indiqué que la nouvelle stratégie du ministère de la Culture et des Arts vise à "sortir la culture de l'assistanat et aller vers l'investissement" en "ouvrant la culture et l'art sur l'investissement privé" pour mettre en place un marché de l'art qui assure à l'artiste "la possibilité de vivre dignement de son art", par la mise en place des "textes de loi et de l'encadrement nécessaire". De son côté, le Conseil national économique, social et environnemental (Cnese) avait invité les acteurs culturels et économiques à "élaborer un projet économique pour la culture algérienne" dans sa diversité et sa richesse en utilisant des mécanismes de promotion comme la diplomatie culturelle, le tourisme culturel et la participation aux grandes manifestations internationales", ajoutant qu'une évaluation des ateliers du Forum aura lieu " dans six mois". Le Forum a enregistré la présence de nombreux opérateurs économiques et acteurs culturels, des représentants des différents secteurs ministériels et l'organisation de plusieurs conférences. Ces participants ont appelé à stimuler l'investissement dans les domaines de la culture et des arts en trouvant des mécanismes à même d'encourager les opérateurs et les acteurs culturels, et fourni des recommandations en vue d'accompagner et soutenir les artistes et les porteurs des projets, à travers la mise en place de mécanismes d'appui et la création d'un environnement propice. Les participants ont également proposé de bénéficier des avantages d'investissement, tels que les avantages fiscaux, douaniers et les avantages s'appliquant au foncier, d'octroyer les crédits bancaires, revoir les mécanismes d'appui à la production culturelle, la distribution, le marketing et à la formation et de faciliter l'activité des artistes à l'étranger et leurs transactions bancaires, ainsi que de lever les obstacles juridiques et administratifs. Le Forum a également vu l'organisation d'une exposition ayant regroupé de nombreux établissements culturels relevant du ministère de la Culture et des Arts, d'entreprises économiques privées activant dans le domaine de l'investissement culturel, de fonds de financement et de banques, ainsi que des porteurs de projets culturels.

Un nouveau mécanisme multisectoriel dédié à la mise en œuvre de la stratégie nationale des économies de la culture et des arts         

La ministre de la Culture et des Arts avait annoncé, à la clôture du Forum de l'économie culturelle, les conclusions de ce dernier, dont essentiellement " une entame effective de la planification d'un mécanisme exécutif de haut niveau multisectoriel sous la supervision du Premier ministère", lequel sera chargé de "la mise en œuvre et du suivi de la stratégie nationale de l'économie de la culture et des arts". Ces concluions ont également porté sur "l'élaboration des cahiers des charges" relatifs à l'exploitation des espaces et des sites archéologiques et des salles de cinémas, ainsi que sur la création de théâtres privés. La ministre avait également annoncé lors de la présentation des conclusions du forum, plusieurs décisions pour redynamiser la production culturelle et artistique, dont le lancement du projet cinématographique dans la ville de Timimoune, sur une superficie de 7 hectares, outre "l'ouverture imminente" du complexe de cinéma composé de 3 salles dans la wilaya d'Oran et d'autre complexe à Alger. Toujours dans le domaine du cinéma et dans le cadre d'un plan visant à relancer l'industrie cinématographique, la ministre avait dévoilé la création d'une école de formation cinéma à Constantine et de l'académie des arts à Tizi Ouzou, faisant état également de la création "prochaine" d'une plateforme numérique pour la distribution de la production cinématographique et une autre pour la commercialisation des œuvres d'art. La première responsable du secteur avait réaffirmé que son département ministériel accordait une attention particulière aux projets relatifs à l'industrie cinématographique des opérateurs privés. Elle avait également fait état de l'ouverture "prochaine" d'un bureau d'investissement culturel au niveau du ministère, qui aura pour mission l'accompagnement et l'orientation des auteurs de projets et des investisseurs privés.

A.A.