Le crédit à la consommation est devenu effectif a indiqué, hier, Boualem Djebbar, président de l’Association des banques et établissements financiers (Abef), sur les ondes de la radio chaîne 3. « Tous les instruments juridiques ont été mis en place » a assuré « l’invité de la rédaction » de la chaîne 3.

Le dernier en date était l'arrêté interministériel fixant les conditions et modalités d'offres en matière de crédit à la consommation, signé par les trois ministres, respectivement, des Finances, de l'Industrie et des mines et du Commerce. La centrale des risques des ménages est également opérationnelle depuis le dernier trimestre de l’année 2015. « Les banques disposent de tous les instruments techniques et réglementaire qui permettent le redémarrage du crédit à la consommation » a affirmé le président de l’Abef rappelant que le crédit à la consommation est destiné aux produits fabriqués localement par des entreprises nationales. « Maintenant, il appartient à chaque banque de définir sa politique, ses conditionnalités et de lancer auprès de sa clientèle les modalités d’obtention du crédit à la consommation » a indiqué M. Djebbar estimant que le lancement de ce type de crédit « est une histoire de quelques jours ». Le président de l’Abef explique que le montant du crédit dépend de plusieurs paramètres, citant notamment le revenu mensuel du client, le prix du bien et la durée du crédit. Le décret exécutif relatif aux conditions et aux modalités d’offres en matière de crédit à la consommation publié au Journal officiel n°24, du 13 mai 2015 stipule, dans son article 16, que le montant mensuel global de remboursement du crédit contracté par l’emprunteur, ne peut, en aucun cas, dépasser 30% des revenus mensuels nets régulièrement perçus, afin d’éviter le surendettement du client. Interrogé sur le taux d’intérêt, le président de l’Abef précise qu’il appartient à la banque d’apprécier et de déterminer le taux d’intérêt à appliquer pur ce type de crédit.   L'octroi du crédit à la consommation est "conditionné par la présentation d'une facture établie au nom du bénéficiaire, accompagnée d'une attestation délivrée par l'entreprise exerçant une activité de production sur le territoire national, attestant que le bien objet de la demande de crédit est produit ou assemblé en Algérie". Pour rappel, l'arrêté interministériel fixant les conditions et modalités d'offres en matière de crédit à la consommation publié au Journal officiel n°1 de l'année 2016, stipule que les entreprises désirant adhérer à ce dispositif doivent se rapprocher d'une banque de leur choix pour l'accomplissement des formalités nécessaires au crédit à la consommation. Pour Boualem Djebbar, le crédit à la consommation est une aubaine pour les entreprises. L’invité de la rédaction de la chaîne 3 indique que la banque peut exiger du demandeur de crédit à ce que son salaire soit domicilié à son niveau. Mais, a-t-il, précisé, les établissements financiers sont liés par des conventions qui leur permettent d’effectuer des remboursements sur des prélèvements par rapport au montant du crédit octroyé. Le président de l’Abef a indiqué que les crédits à l’économie ont poursuivi leur progression en 2015. La chute des prix du pétrole peut impacter la liquidité bancaire. Celle-ci s’est contractée en 2015, comme l’a relevé la banque d’Algérie de son dernier rapport de conjoncture, sous l’effet de la baisse des dépôts des hydrocarbures.   Cela signifie que   la contraction des ressources provient exclusivement de l’ampleur du choc externe sur l’économie nationale. « Cette contraction a été compensée par les dépôts collectés par le secteur bancaire » a indiqué M. Djebbar, constatant que « devant cette situation les banques se retrouvent devant un défi majeur ». Celui de maintenir et d’améliorer le rythme de croissance des crédits à l’économie et parallèlement faire un effort pour la collecte de l’épargne financière des ménages et entreprises pour pouvoir faire face aux demandes de crédits. M. Djebbar insiste sur « l’effort supplémentaire, de sensibilisation, de démarchage, d’intéressement pour la clientèle pour ramener le maximum de ressources dans le circuit bancaire ». Les banques peuvent également recourir au refinancement auprès de la Banque d’Algérie. Interrogé sur la bancarisation de l’argent de l’informel, le président de l’Abef a refusé d’avancer de chiffre, se contentant de dire que « l’opération se déroule dans de bonnes conditions ».

A. .S.