Les "meilleures" solutions techniques pour la conception, construction et exploitation des piscines publiques sont les principaux objectifs du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) pour subvenir aux besoins de plus en plus croissants des Algériens en matière d'infrastructures sportives dédiées à la natation, a indiqué lundi le département ministériel.

"Nous sommes là aujourd'hui pour réunir les principaux maîtres d'ouvrages techniques, gestionnaires et bureaux d'études chargés de la gérance des piscines afin de présenter les meilleures solutions techniques d'intervention en construction, rénovation et gestion", a déclaré le secrétaire général du MJS, Nacer Bekri, à l'occasion de l'ouverture des travaux de la journée d'étude dédiée à la programmation, conception, construction, exploitation, entretien et maintenance des piscines publiques au complexe olympique Mohamed-Boudiaf (Alger). "Les besoins de plus en plus croissants des Algériens en matière d'infrastructures sportives dédiées à la natation, nous invitent à asseoir une réelle vision quant au choix de la conception de ces édifices, leur implantation, leurs techniques de construction et plus particulièrement leur gestion et leur entretien", a ajouté Nacer Bekri. L'équipe d'experts animant les travaux de cette journée ont effectué une visite de travail dimanche à Alger. Elle s'est rendue à quatre piscines de la capitale : piscine du 1er mai, de Kouba, du Centre féminin de Ben Aknoun et de Ghermoul.

Age et énergie        

Le spécialiste en conception de piscines publiques, le Français Emmanuel Coste, a constaté que les meilleures piscines de la capitale sont celles qui ont le "mieux vieilli" par rapport aux piscines construites récemment. "Le constat de notre visite de travail est que les nouvelles piscines vieillissent très mal et très vite en comparaison avec les anciens édifices. Ca veut dire qu'il faut vraiment trouver des compétences pour faire de nouveaux projets durables, confortables et résistants", a analysé Coste à l'APS. "Il ne faut surtout pas négliger l'aspect énergétique (consommation d'énergie et d'eau) qui est aussi important. On s'est rendu compte que les piscines en Algérie sont très consommatrices, alors que maintenant, avec une nouvelle approche, on est capable de faire des piscines qui consommeraient zéro énergie et diviser par 10 la consommation d'eau", a-t-il souligné. De son côté, l'ancien champion algérien de natation, Salim Iles, sollicité pour partager son expérience dans les bassins internationaux, a salué l'initiative du MJS, surtout après la réalisation de plusieurs projets de piscines à travers tout le territoire national. "Nous avons enregistré la réalisation de plusieurs projets durant les dernières années, mais la plupart ne répondent pas aux normes internationales pour la compétition. Je pense que le MJS doit identifier les besoins des Algériens et établir un cahier de charges pour la réalisation de piscines qui correspondent au sport de haut niveau et celles destinées au grand public", a estimé l'ancien nageur algérien. Par ailleurs, Iles a souligné que le problème d'infrastructures n'est qu'un facteur parmi tant d'autres qui bloquent la progression des athlètes d'élite. "L'athlète algérien est confronté à plusieurs facteurs qui bloquent sa progression. Le problème majeur est de concilier sport et études. Je pense que les ministères de la Jeunesse et des Sports et de l'Education nationale doivent se pencher sur cette question pour faciliter la mission de nos futurs champions", a-t-il conclu.

APS