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Catégorie : Actualite

 

 

La presse française paraissant jeudi a relevé le caractère "historique" de l'accord des pays de l'Opep conclu mercredi soir à Alger lors d'une réunion extraordinaire qui a suivi une réunion informelle de cette organisation pétrolière.

Cet accord porte sur la réduction de la production de l'Opep à un niveau oscillant entre 32,5 mbj et 33 mbj. "La décision de l'Opep va bien au-delà des attentes. Réunis de manière informelle mercredi à Alger, les pays exportateurs de pétrole sont parvenus à s'entendre sur une limitation de l'offre", a écrit le quotidien économique Les Echos, relevant que cette annonce "surprise" a fait bondir les cours du pétrole, qui se sont envolés de quelque 5% avec un Brent qui est repassé au-dessus des 48 dollars. Le journal rappelle qu'avant la réunion d'Alger, les spécialistes relativisaient l'impact d'un gel sur les cours, "alors que de nombreux pays (dont l'Arabie saoudite et la Russie) n'ont jamais autant produit", citant en référence le patron du négociant Vitol qui estimait, dans une interview à Bloomberg, qu'un gel aux niveaux actuels "ne suffirait pas à faire remonter les cours", ainsi que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, qui avait déclaré qu'il n'attendait pas de rééquilibrage du marché avant la mi-2017. Dans sa version électronique, le quotidien du soir Le Monde a qualifié pour sa part la décision de réduction de la production d'accord "historique", indiquant que la nouvelle "a immédiatement fait grimper les cours du brut qui ont clôturé en nette hausse à New York, alors que les marchés s’attendaient au contraire à ce que la réunion aboutisse à un constat de désaccord". Le journal cite des analystes qui estiment qu'un tel accord "ne change rien aux fondamentaux du marché, plombé depuis la mi-2014 par une offre excédentaire, fruit du boom des hydrocarbures de schiste américains et de la stratégie de l’Opep d’ouvrir à fond les robinets pour maintenir ses parts de marché". "A Alger, les pays membres de (l'Opep) ont décidé de fermer légèrement les robinets dans le but de réduire l'offre d'or noir et soutenir les prix. Mais les observateurs préfèrent rester prudents", a estimé pour sa part Le Figaro, soulignant que "personne n'attendait un accord". Pour le Parisien, qui s'est intéressé aux consommateurs, il a écrit "mauvaise nouvelle pour les automobilistes, alors que le Mondial de l'automobile ouvre ses portes à Paris du 1er au 16 octobre", relevant qu'à la "surprise générale", les pays producteurs de pétrole ont trouvé un accord pour réduire leur production "afin de faire remonter les prix de l'or noir". Rappelant qu'une telle décision n'était pas intervenue depuis 2008, il s'interroge toutefois si l'Opep a changé de stratégie. De son côté, Ouest-France a qualifié l'accord de "coup de théâtre", notant l'effet "surprise" de la décision. Pour lui, la décision de l'Opep est la "plus grosse" réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008, soulignant par ailleurs un "changement de cap" pour l'Arabie saoudite "qui refusait jusqu'ici d'envisager une réduction de sa production si les autres pays n'allaient pas dans le même sens".

S.A