Le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a appelé jeudi l'ensemble des compagnies pétrolières russes à participer à égalité à la baisse de production qu'entend appliquer la Russie avec les pays de l'Opep pour soutenir les prix.

 

"L'idée est que cela doit s'appliquer à tout le monde avec la même proportion, je pense que tous nos groupes vont participer", a déclaré Alexandre Novak, cité par les agences russes, précisant que les "détails" restaient à discuter avec les entreprises. Les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se sont mis d'accord mercredi à Vienne pour réduire leur production pour la première fois depuis 2008. La Russie, non membre de l'organisation mais l'un des premiers producteurs mondiaux, s'est dite prête à participer avec une baisse "par étape" de 300.000 barils par jour au cours du premier semestre. M. Novak a précisé jeudi que cette diminution se ferait à partir du niveau de production de "novembre-décembre", soit environ 11,2 millions de barils par jour. Il s'agit d'un niveau record atteint récemment grâce à la mise en place de nouveaux projets, financés quand le baril valait plus de 100 dollars, ainsi qu'à la mise en oeuvre de nouvelles techniques de forage prolongeant la durée d'exploitation de gisements en fin de vie. Des analystes jugent également que les entreprises du secteur ont pu accélérer leurs cadences pour se préparer à un éventuel accord avec l'Opep. Avec une baisse de 300.000 barils par jour, l'offre russe reviendra à 10,9 millions de barils par jour, soit plus que le niveau déjà record du printemps, quand la Russie avait tenté sans succès de se mettre d'accord avec l'Opep sur un "gel" de production. Les pertes s'annoncent donc limitées pour les entreprises alors que les gains sont potentiellement considérables pour le pays qui sort à peine de deux ans de récession économique due à la chute des prix des hydrocarbures et aux sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne. Si le baril se maintient à plus de 50 dollars, cela pourrait réduire d'au moins un tiers le déficit budgétaire prévu l'an prochain malgré des coupes drastiques dans les dépenses.

APS