L'Algérie et la Russie soutiennent une  prolongation de l'accord sur une réduction de la production de pétrole des  pays Opep et non Opep pour une durée de 9 mois supplémentaires, a affirmé  jeudi à Moscou le ministre de l’Energie, Noureddine Boutarfa, à l'issue de  sa rencontre avec son homologue russe Alexander Novak.

"Nous nous sommes prononcés, moi et M. Novak, en faveur d'une reconduction  de l'accord en faveur de réduction de la production pétrolière jusqu'en  mars 2018", a indiqué M. Boutarfa à l'APS, à l'issue de ses entretiens avec  le ministre russe. "Nous avons relevé, à ce propos, la nécessité de mettre en place une  commission d'experts qui sera chargée de suivre les développements du  marché mondial afin que nous puissions prendre les décisions idoines dans  toutes les situations", a ajouté M. Boutarfa dont la visite à Moscou  intervient à quelques jours de la réunion des pays de l'Opep prévue pour le  25 mai à Vienne. Outre la situation du marché pétrolier mondial, les discussions ont  également porté sur la coopération bilatérale algéro-russe dans le secteur  énergétique. "Une Commission de haut cadres algériens se déplacera à Moscou la semaine  prochaine pour définir les voies et moyens de booster davantage la  coopération algéro-russe dans le domaine de l'énergie", a précisé M.  Boutarfa. Pour rappel, la Russie, pays non membre de l'Opep, s'était déjà prononcée  en faveur d'une prolongation de l'accord de réduction de la production:  Lundi dernier, le président Vladimir Poutine s'est dit "optimiste"  concernant une éventuelle reconduction de l'accord.  D'ailleurs, la Russie et l'Arabie Saoudite, grands producteurs de pétrole,  étaient tombés d'accord lundi dernier sur la nécessité d'une prolongation  de l'accord de réduction de la production pétrolière jusqu'en mars 2018. Cette mesure doit permettre "de réduire le niveau des stocks de pétrole à  leur niveau moyen des cinq dernières années et de souligner la  déterminations des producteurs à assurer la stabilité, la prévisibilité et  le développement durable du marché", avaient indiqué M. Novak et son  homologue saoudien, Khaled Al-Faleh, dans un communiqué commun. "Moscou et Ryad consulteront les autres pays producteurs de pétrole avant  le 25 mai afin de parvenir à un consensus complet sur une prolongation pour  9 mois de l'accord de réduction de la production", avaient-ils avancé. Les pays membres de l'Opep et onze pays producteurs non membres vont  discuter de la possibilité de prolonger l'accord de réduction de la  production, à Vienne, les 24 et 25 mai, avait ajouté le ministre russe.  Pour sa part, le ministre koweïtien du pétrole, Issam Elmerzoug, qui  préside la commission chargée de vérifier les réductions, avait affirmé  lundi dernier que les pays producteurs de pétrole devraient renouveler un  accord sur une extension de six mois de la réduction de la production de  pétrole. "Il y a un consensus presque total sur l'importance d'étendre l'accord sur  au moins six mois", avait-il soutenu. M. Boutarfa, dans le cadre de ces consultations, s'était entretenu le 11  mai courant à Baghdad, avec son homologue irakien, Jabber al-Aluaibi, sur  les préparatifs de la prochaine conférence de Vienne.  Les deux ministres se sont exprimés en faveur d'une prolongation de  l'accord de réduction de la production pétrolière des pays Opep et non  Opep. Pour faire remonter les prix du pétrole, en décembre 2016, lors d'une  réunion à Vienne, les pays de l'Opep et onze Etats non membres étaient  convenus de réduire la production de pétrole de 1,8 million de barils par  jour pendant le premier semestre 2017 à raison de 1,2 mbj par l'Opep et  600.000 bj par onze pays hors-Opep (Azerbaïdjan, Brunei, Bahreïn, Guinée  équatoriale, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Oman, Russie, Soudan et Sud  Soudan).

A.A