"Sérénade de l'amitié", un concert célébrant les échanges algéro-serbe, a été animé lundi soir à Alger par la chanteuse Jadranka Jovanovic, son compatriote Oliver Njego de Serbie, et le ténor algérien de la chanson andalouse Noureddine Saoudi, dans une ambiance relevée qui a réuni les terroirs culturels des deux pays.

Sous la baguette du maestro Khalil Baba Ahmed, à la tête d'un orchestre de fusion d'une trentaine de musiciens, parmi lesquels, pour la circonstance, le pianiste serbe Nikola Rackov, le concert, programmé dans le cadre des relations entre l'Algérie et la Serbie et des liens d'amitié qui les unissent, a embarqué, une heure et demie durant, le public relativement nombreux de l'Opéra d'Alger Boualem-Bessaïh dans un voyage éblouissant, à travers les partitions d'un programme varié qui a regroupé une vingtaine de pièces, essentiellement du terroir populaire serbe et du  patrimoine andalou algérien.

Entamant la soirée dans la douceur d'un air exhalant les parfums de la Méditerranée, l'Ensemble Khalil-Baba-Ahmed a ensuite accompagné la chanteuse d'opéra, à la voix puissante et limpide, Jadranka Jovanovic qui a restitué dans les intervalles de sa large tessiture, les atmosphères festives de la chanson populaire serbe, à travers une série de chansons de son pays, interprétées, par moments, en duo avec le baryton au timbre plein, Oliver Njego, dans des variations modales proches de celles du patrimoine musical algérien.

Les deux chanteurs, également soutenus par le pianiste-virtuose Nikola Rackov, ont brillé de maîtrise et de présence, prolongeant le voyage avec les pièces, "Habanera" de Carmen, "Adagio", "Io te vurria vasa", "Canzoneta spagnola", "La gitara romans" et "Amigos para siempré" de l'Opéra universel, dans une prestation de haute facture, marquée par une distribution musicale recherchée qui a réussi le rapprochement entre les cultures à travers les cadences du patrimoine algérien, intelligemment fusionnées à certaines des pièces interprétées. Mettant de côté, le temps d'un spectacle, sa casquette de directeur de l'Opéra d'Alger, Noureddine Saoudi, faisant une entrée triomphale, a proposé ensuite au public une autre escale qui a mis en valeur la richesse du patrimoine de la musique andalouse, à travers un florilège de pièces, introduit dans le mode Sika avec une voix singulière et étoffée, empreinte d'un remarquable vibrato, dans une ambiance de grands soirs.