Quant à la prétendue baisse de l’offre sur le marché national, M Benmeradi, affirme que cela est essentiellement dû à l’inexploitation maximale des capacités de production des usines. Celles-ci ne tournent selon lui, qu’à hauteur de 30 % seulement car, la demande reste faible. «Mais avec la réduction des importations, une forte demande nationale sera enregistrée incessamment », promet-il.

 

Le ministre du commerce, M Mohamed Benmeradi, estime que les opérations d’importations que veulent à tout prix concrétiser certains importateurs n’ont pas pour but de satisfaire la demande nationale mais trahissent, bel et bien, une velléité de transfert déguisé de devises. Pour lui, tous les produits interdits à l’importation sont fabriqués localement et des stocks en quantité suffisante sont pour l’instant constitués. Quant à la prétendue baisse de l’offre sur le marché national, M Benmeradi, affirme que cela est essentiellement dû à l’inexploitation maximale des capacités de production des usines. Celles-ci ne tournent selon lui, qu’à hauteur de 30 % seulement car, la demande reste faible. «Mais avec la réduction des importations, une forte demande nationale sera enregistrée incessamment », promet-il. D’ici à la fin du mois de février, une évaluation de l’impact de la liste des 851 produits interdits à l’importation sera effectuée. Après un premier bilan, relève-t-il, une modification, en cas de besoin,  de cette liste qui sera utilisable pendant une année ou deux ans, n’est pas écartée. Par ailleurs, M Benmeradi reconnait que son département ne dispose pas encore d’une véritable stratégie à l’export. Il ne cache pas son appréhension à propos de la capacité de la production nationale à répondre aux besoins locaux en perspective des exportations dans les années à venir. Le secteur fixe comme objectif d’exportation un montant de 500 millions de dollars en dehors des hydrocarbures et de la pétrochimie. Or, l’acte d’exporter nécessite une offre suffisante. «Il n’existe pas encore de plate-forme à l’export », reconnait-il lors de son passage lundi dernier au forum de la radio chaine 1.  Cela dit, la stratégie à l’export que déterminera le ministère de tutelle, prévoit  des avantages financiers, organisera le rapatriement des montants des exportations, tiendra compte de l’assurance à travers la Cagex, encouragera l’installation des bureaux de liaison à l’étranger et veillera à l’accompagnement des banques. Abordant, la problématique du pain, Mohamed Benmeradi indique que la farine qui sera désormais utilisée pour la panification sera un mixe de blé tendre (75 %) et dur (25 %). Le gouvernement, ajoute-t-il, décide également de baisser les prix du quintal de semoule destinée aux boulangers de 2000 DA à 1 600 DA. 

Mise en place d’un système d’alerte rapide

Sur un autre registre, L’Algérie mettra incessamment un système d’alerte rapide des produits non conformes à la réglementation, représentant un danger pour le consommateur. Le ministère du commerce travaille sur ce projet depuis 2012. Le système d’alerte sera actionné en cas où des produits risquent de porter atteinte à la sécurité du consommateur tel que le stipule le décret  12-203. La tutelle peut ainsi faire un rappel de ces appareils en obligeant l’opérateur à retrier son produit du marché. Ce mécanisme peut  dénoncer certaines pratiques déloyales, suivre leur traçabilité. Mieux, avec la modification de la loi 2009, l’on a introduit un article qui définira les spécifications techniques et les exigences de sécurité du produit. Cette mesure concerne entre autres, les produits à haut risque constatés surtout durant la période hivernale à savoir les appareils domestiques non conformes et dangereux pour les ménages. La tutelle semble échaudée par les milliers de cas d’accidents provoqués par le gaz.  Le directeur de la qualité et de la consommation au ministère du Commerce, M Sami Koli fait état, durant la même période, de 1,36 millions d’accidents domestiques, engendrés essentiellement par du monoxyde de carbone et à l’origine de 132 décès. Jusqu’à juillet dernier, le bilan des services de contrôle indique que plus de 30 000 tonnes de produits ont été bloqués aux frontières pour non-conformité soit une valeur de 7000 milliards de DA. Plus de 291 millions de DA de marchandises ont été également saisies pour la même cause.  Par ailleurs, M Koli rappelle qu’en 2017, il a été enregistré 6 600 cas d’intoxications alimentaires soit une évolution de 80 %, dont 73% sont survenus lors de fêtes familiales. Autant de situations, commente-t-il, « qui  échappent au contrôle officiel ». Une chose est certaine, la préservation des droits des consommateurs et les moyens de lutte contre les pratiques commerciales déloyales viennent de faire l’objet de nouvelles dispositions, adoptées lors du dernier Conseil des ministres.  

A.M.