Le Brent s’établit en 2017 à 54 dollars par baril le baril  en moyenne annuelle, en hausse de 24 %  par rapport à 2016.

 

Sous l’effet du rééquilibrage du marché pétrolier, de la politique Opep de gestion de l’offre et des tensions géopolitiques, il a dépassé les 60 dollars le baril  en fin d’année 2017. Les marchés anticipent un prix de 55 à 70 dollars le baril  pour 2018 estime  Guy Maisonnier, ingénieur économiste à IFP Énergies nouvelles, dans un panorama, sur « Contexte pétrolier 2017 et tendances ».  Ces seuils, indique Guy Maisonnier,  évoluent en fonction des perspectives concernant la demande et le contexte géopolitique. Le niveau incertain de la production américaine constitue également un facteur important de volatilité du prix.« L’évolution du prix du pétrole en 2017, caractérisée par un gain de 10 dollars le baril  en un an, traduit la tendance du marché marquée par un nouvel équilibre offre/demande » souligne Guy Maisonnier. Les excédents de stocks se sont progressivement réduits en raison, dans un premier temps, de la baisse de l’offre américaine à partir de mi-2015 puis, dans un second temps, de l’action de l’Opep qui a limité son offre à partir de janvier 2017.  Dans la première phase, la production américaine s’est ajustée assez rapidement, connaissant une croissance plus faible en 2015 et un déclin en 2016. Mais progressivement, les producteurs américains ont réussi à s’adapter grâce aux baisses massives des coûts de production, permettant une reprise de leurs investissements à partir de mi-2016. Il n’y a donc pas eu un affaiblissement définitif de ces opérateurs comme l’espérait probablement l’Opep, mais survie dans un premier temps et adaptation dans un second.Ce constat a conduit l’Opep à modifier sa stratégie afin d’accélérer le rééquilibrage du marché. « C’est l’objectif de l’accord Opep/non-Opep conclu en novembre 2016, reconduit deux fois en 2017, en mai d’abord, puis en novembre, qui couvre désormais toute l’année 2018 » affirme Guy Maisonnier. Il a fixé le recul de l’offre à 1,8 Mb/j, dont 1,2 Mb/j pour l’Opep et 0,6 Mb/j pour les non-Opep incluant la Russie et le Mexique. La hausse de la demande et la gestion de l’offre par l’Opep ont entraîné un recul marqué des excédents de stocks détenus par les pays OCDE. Ils ont globalement été divisés par deux entre le deuxième trimestre 2016 et le troisième trimestre 2017. « La stratégie de l’Opep est donc, de ce point de vue, plutôt une réussite » soutient  Guy Maisonnier. La réduction des excédents a abouti à une progression régulière du prix du pétrole qui est passé de 46 dollars le baril  en juin à plus de 60 dollars le baril en fin d’année 2017. Les premières indications pour 2018 laissent entrevoir un marché équilibré, caractérisé par un recul des excédents de stocks et un écart offre/demande assez faible. « Si tel est le cas, le coût marginal le plus élevé définira le prix tendanciel hors situation particulière de crise, qu’elle soit financière, économique ou géopolitique.  Guy Maisonnier indique que dans une présentation récente aux investisseurs, une compagnie américaine situait ce coût entre 65 et 75 dollars le baril, correspondant au développement des pétroles conventionnels américains, des huiles lourdes (oilsand), ou des pétroles non conventionnels russes. « Mais ces ressources ne seront a priori pas nécessaires pour équilibrer en 2018 le marché pétrolier. Cela place le prix haut à 65 dollars le baril, qui correspond aux développements les plus coûteux en mer profonde (Golfe du Mexique, Angola ou Brésil). Cela prend aussi en compte l’idée que d’autres ressources que les seules huiles de schiste, dont les coûts de production sont plus faibles, seront nécessaires à terme » a-t-il ajouté.Fin 2017, le marché a effectivement dépassé les 60 dollars le baril. Est-ce une tendance durable ? S’interroge Guy Maisonnier, indiquant que l’évolution du potentiel américain, la cohésion Opep, le niveau de la demandepétrolière sont des facteurs susceptibles de modifierla donne. « Ainsi, une forte relance de l’offre américainepourrait nous ramener vers les 50 dollars le baril. À l’inverse, unetension sur l’offre serait de nature à atteindre les 70 dollars le baril » prévoit Guy Maisonnier. Ce dernier estime que la zone des 55 à 70 dollars le baril est globalement envisagée par les analystes du marché pétrolier en 2018.

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