Les Algériens sont nombreux à recourir à  l’automédication, selon les résultats d’une récente étude, présentée lundi  à Alger, et initiée par l’Union nationale des Opérateurs de la Pharmacie  (UNOP) sur la consommation des médicaments en Algérie.

Menée par la société Immar Research and Consultancy, de février à mars  2018, l’étude en question s’est intéressée au comportement des Algériens  vis-à-vis de leur santé en général et des médicaments en particulier, en  ciblant un échantillon représentatif de 2603 personnes issues de 23  wilayas. La tranche d’âge allant de 18 à plus de 60 ans, dont 50 % de  femmes, avec un niveau d’instruction disparate et une majorité de résidants  en milieu urbain. L’enquête, présentée par le Directeur général d’Immar, Brahim Sail, a  révélé que 52 % des personnes ayant consommé des médicaments parmi le panel  interrogé ont privilégié l’automédication, alors que 45 % de ce dernier   recourent à la phytothérapie, essentiellement en s’approvisionnant chez les  herboristes. 42 % des personnes ayant consommé des médicaments l’an dernier ont  également sollicité les pratiques alternatives   comme la roqia, la hidjama  et autres, alors que 37 % d’entre elles ont assuré avoir eu des difficultés  à s’approvisionner en médicaments. Sur ce nombre, 40 % ont affirmé n’avoir pas trouvé le médicament prescrit,  ni en princeps ni en générique, selon les résultats de l’étude qui révèle  aussi qu’en ces cas, 22 % de la population interrogée n’a pas pris ses  médicaments alors que 42 % d’entre elle a dû faire 3 pharmaciens pour  pourvoir son ordonnance. 57 % des personnes interrogées ont fréquenté des structures de santé  publique, dont 81 % se disant satisfaites   quant à la qualité de la prise  en charge reçue, alors que sur les 67 % ayant fréquenté les structures  privées de santé, 89 % ont tut aussi exprimé leur satisfaction. Par ailleurs, l’étude a démontré que 81 % des Algériens interrogés ont  affiché leur contentement quant aux effets des médicaments consommés durant  l’année écoulée, Selon le président de l’UNOP, Abdelouahab Kerrar, cette étude est "la  première du genre en Algérie" et est venue combler un grand vide dans ce  domaine, de même qu’elle représente une matière pour les universitaires et  autres chercheurs, en même temps qu’elle oriente les pouvoirs publics ainsi  que les opérateurs en pharmacie s’agissant du médicament. Abordant la question de la disponibilité du médicament, le président du  Conseil national de l’Ordre des Pharmaciens algériens, Lotfi Benbahmed,  s’est félicité, de son côté, de ce que le ministère de la Santé ait élaboré  une instruction obligeant les laboratoires pharmaceutiques étrangers à  garantir un stock prévisionnel de 9 mois en ces produits. Précisant que cette disposition est effective à partir de l’année en  cours, il a ajouté que ces derniers se doivent, en outre, de récupérer  désormais les stocks périmés de médicaments, conformément au programme  d’importation pour l’année 2018.

A.A