Le président de la République, M. Abdelaziz  Bouteflika a affirmé que le 3e sommet du Forum sur la coopération  sino-africaine (FOCAC), qui se tient à Pékin (Chine), constituait "une  bonne opportunité" pour consolider le partenariat stratégique entre les  deux parties et conforter la paix et le développement "au service du destin  commun entre la Chine et les pays africains".

 

Dans une contribution parue dans un numéro spécial de la revue "China  Investment", à l'occasion du 3e sommet du Forum sur la coopération  sino-africaine (FOCAC), le président Bouteflika a précisé que les  réalisations accomplies ces trois dernières années, en application des  recommandations du 2e sommet tenu à Johannesburg en 2015, "traduisent  clairement la ferme volonté de la Chine et des pays africains d'instaurer  un modèle efficace de partenariat Sud-Sud". Dans ce cadre, le président Bouteflika a mis en avant "la place  privilégiée" qu'occupe le continent africain dans les deux initiatives  chinoises "la Ceinture et la Route" et le concept de "la communauté du  destin commun de l'humanité", ajoutant que cela vient "en prolongement des  relations d'amitié historiques qui lient la Chine aux pays africains et  reflète les résultats concrets réalisés par les deux parties depuis  l'instauration du FOCAC en 2000 dans divers domaines". Construire une communauté du destin commun de l'humanité et réaliser "le  vivre ensemble en paix" proposé par l'Algérie, exige "la conjugaison des  efforts de tous les pays pour instaurer une paix durable de par le monde,  basée sur la justice et le dialogue entre les cultures et les  civilisations", a-t-il souligné. Dans ce cadre, le chef de l'Etat a indiqué que la proposition algérienne  "partage les mêmes objectifs que ceux auxquels le concept de construire une  communauté du destin commun de l'humanité, présenté par le président  chinois Xi Jinping en 2013 tend à réaliser et visant à édifier un monde  ouvert, global, propre et beau, baignant dans la paix durable, la sécurité  et la prospérité pour tous". "Le concept de la communauté du destin commun de l'humanité est à présent  clair pour le monde entier, grâce aux explications apportées  par le  président chinois dans les fora internationaux ces dernières années", a  ajouté le président Bouteflika. "Nous sommes ravi de voir le concept chinois bénéficier d'un appui  croissant de la communauté internationale, notamment à travers l'édition  2018 du Forum économique mondial qui a choisi pour slogan "construire un  avenir commun dans un monde fracturé" et les deux décisions du Conseil des  droit de l'Homme, ayant souligné récemment d'une manière claire la  nécessité de construire la communauté du destin commun de l'humanité ",  a-t-il soutenu. Le président de la République a indiqué dans ce sens que la chose qui  caractérise le concept "construire une communauté du destin commun de  l'humanité" est le fait qu'il soit accompagné par des mesures "concrètes et  opérationnelles", à savoir: l'initiative "la Ceinture et la Route", devenue  aujourd'hui "un grand espace de coopération afin de réaliser le  développement commun entre les Etats, grâce aux mécanismes mis en place par  le gouvernement chinois à cet effet, notamment pour l'encouragement des  investissements et l'édification des infrastructures". Concernant les relations sino-algériennes, le chef de l'Etat a rappelé que  les deux pays célèbrent cette année le 60ème anniversaire de  l'établissement de leurs relations diplomatiques, ajoutant que cet  évènement "est cher pour nous, de par ses nobles valeurs et ses profondes  significations qui traduisent les relations historiques et solides  marquées, toutes ces années, par l'excellence". Il a estimé, par ailleurs, que "l'Algérie et la Chine se sont imprégnées  de la culture de la paix, de la solidarité et de la coopération, des  valeurs qui les ont amené à perpétuer, durant de longues années, la  tradition de la concertation et de la coordination des positions lors des  fora internationaux, une tradition que moi ainsi que mon ami le président  Xi Jinping, insistons sur la nécessité de la perpétuer, à travers la  déclaration du partenariat stratégique global, signé en mai 2014".   "Nous sommes fiers que notre pays compte parmi les plus importants pays  africains entretenant des relations vastes et solides avec la Chine, pays  ami avec lequel nous partageons nombre de principes visant à consacrer la  culture de paix et de cohabitation", poursuit le Chef de l'Etat qui a  rappelé que les deux pays avaient célébré, le 16 mai 2018 et pour la  première fois à l'instar des pays du monde, la Journée internationale du  "Vivre-ensemble en Paix", adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU sur  proposition de l'Algérie. Le président de la République a souligné que le principe du  "vivre-ensemble en paix" était enraciné dans l'identité algérienne,  rappelant que l'Emir Abdelkader, fondateur de l'Etat algérien moderne, en  avance sur son époque, a donné des leçons à l'humanité en matière de  tolérance entre les religions, de coexistence pacifique et de respect des  droits de l'Homme, en réservant un bon traitement aux prisonniers durant sa  résistance contre le colonialisme français (1830-1847), outre son rôle  primordial, lors de son exil à Damas, pour mettre fin aux conflits  sectaires entre musulmans et chrétiens à Bilad El-Cham en 1860". "L'Algérie a oeuvré, après l'indépendance, à mobiliser sa diplomatie au  service de la paix dans le monde, en coordination et en collaboration avec  tous les pays amis avec lesquels elle partage les mêmes aspirations", a  soutenu le Président Bouteflika. Le Chef de l'Etat a évoqué le rôle de l'Algérie dans la création de  l'Organisation de l'Union africaine (OUA) en 1963 et le soutien des  mouvements de libération en Afrique pour la décolonisation et la lutte  contre la discrimination raciale, rappelant que l'Algérie a contribué avec  succès dans sa médiation entre l'Iran et l'Irak en 1975, entre l'Iran et  les Etats Unis d'Amérique dans l'affaire des otages en 1981 et entre  l'Ethiopie et l'Erythrée en 2000. Elle a également mis fin, ajoute le  Président Bouteflika, à la guerre dans le Nord Mali, à travers la signature  à Alger de l'accord de paix et de réconciliation le 1er mars 2015.

A.A