Sonatrach10Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a exprimé dimanche à Alger la volonté de son secteur de faire participer davantage les entreprises locales à la mise en œuvre de plan de développement de Sonatrach, tout en insistant sur la nécessité de ces entreprises de se hisser au niveau des performances attendues. 

 

"Nous voulons que Sonatrach, dans l’exécution de son plan de développement, notamment en matière de grands projets d’investissement, œuvre mieux à la maximisation de contenu local en incitant et en stimulant les entreprises locales en les faisant participer à la mise en œuvre de son plan de développement", a précisé M. Guitouni lors des Journées d’information de Sonatrach sur "les opportunités d’investissement pour les entreprises algériennes".  "Pour qu’elles puissent participer au plan d’investissement de Sonatrach, les entreprises locales sauront se moderniser et se hisser au niveau des performances attendues. C’est effectivement par le niveau d’expertise recherchée, par la rigueur attendue et par les standards internationaux, qu’il y a lieu d’atteindre, que les entreprises locales acquerront les prérequis pour être compétitives en matière de coût, de délais et de qualité. Il est stratégique pour l’économie nationale de mettre en place les conditions pour cela", a fait valoir le ministre.  Mais selon lui, cette expertise ne peut être acquise et développée que par un "fort investissement" dans la formation et, quand cela est "judicieux", par des partenariats et des alliances avec d’autres compagnies ayant déjà des références.  Pour M. Guitouni, "il est inadmissible qu’aujourd’hui encore, la participation des entreprises se limite aux travaux de gardiennage, de catering, de maintenance, d'entretien et de transport du personnel. Il est temps que le génie local s’exerce dans des activités plus complexes engendrant une meilleure valeur ajoutée".  Dans ce contexte, il a rappelé que son secteur avait déjà entrepris cette politique d’intégration nationale en octroyant des projets d’envergure à des sociétés nationales, notamment des sociétés filiales de Sonatrach et de   Sonelgaz.  Il a ainsi cité la mise en service d’un des projets pionniers développés dans le sud-ouest du pays, à savoir le gazoduc GR5 transportant le gaz naturel depuis Reggane vers Hassi R'mel sur une longueur de 765 km, réalisé par Cosider canalisation, l’Entreprise nationale de canalisations (ENAC), la Société nationale de génie civil et bâtiment (ENGCB) et l’Entreprise nationale des grands travaux pétroliers (ENGTP).  Idem pour la mise en service du Gazoduc GR6 reliant Rhourde Nous à Haoudh El Hamra (capacité de de 4 milliards de m3 de gaz/an sur une longueur de 536 km), réalisé en deux ans par un groupement d’entreprises publiques et dont 42% des effectifs sont issus de recrutements locaux. Il a également relevé que Sonatrach continuait à recourir à l’expertise locale en octroyant des contrats à des entreprises publiques pour le développement de ses différents sites de production.  Elle a alors signé cinq contrats avec des entreprises nationales (ENAC, ENGTP, ENGCB, Cosider et Infartel) pour le développement de la première phase du champ de gaz de Tihert dans le bassin d’Illizi.  Cette première phase du projet concerne le raccordement à l’usine de traitement d'Ohanet de cinquante (50) puits destinés à assurer une production journalière de 10 millions de m3 de gaz, a-t-il précisé.  Le ministre a aussi cité le projet de réalisation du réseau de collecte du projet Boosting de gaz de Hassi R'mel phase 3, octroyé par Sonatrach aux entreprises algériennes ENGTP,  ENAC et Cosider.  Ce projet, une fois réceptionné, permettra de soutenir la capacité de production de gaz naturel du gisement de Hassi R'mel.  Dans le même sillage, le ministre a fait référence à l’octroi d’autres contrats aux entreprises algériennes tels le projet de stockage de condensat de Skikda dont le contrat a été signé avec l’entreprise nationale de charpente et des chaudières (ENCC), ainsi que le projet de réhabilitation du gazoduc M'djedel-Bordj Menail prévu avec Cosider et l'ENAC, et la participation de l'ENGTP dans le cadre du projet de développement de gisements de gaz à Menzel Ledjmet (sud-est).  Pour le ministre, les pouvoirs publics continueront à encourager Sonatrach à poursuivre sa politique d’intégration nationale afin de confirmer son rôle de "locomotive nationale".  Il a ainsi relevé que cette intégration nationale devrait privilégier la fabrication par les entreprises algériennes des équipements industriels des plus simples aux plus complexes qui sont aujourd’hui importés.  Lors de son intervention, M. Guitouni a également abordé les réalisations de Groupe Sonatrach dont le volume d’investissement a été de l'ordre de 10 milliards de dollars en moyenne/an.  Concernant le chiffre d’affaire moyen annuel à l’export sur les cinq dernières années, il a été de 43,2 milliards de dollars, alors que la fiscalité pétrolière moyenne annuelle versée au Trésor s'est établie à 2.550 milliards de DA durant les cinq dernières années.  En marge de ces journées d'information, M. Guitouni, accompagné des  ministres, respectivement, de l’Intérieur, des collectivités locales et de l'aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, des Finances, Abderrahmane Raouya, et de l'Industrie et des mines, Youcef Yousfi, a procédé à l’inauguration d’une exposition dédiée à la promotion des activités de la sous-traitance industrielle. 45 exposants, œuvrant dans l’amont et l’aval pétrolier, participent à cette exposition et se composent de sept (7) filiales de Sonatrach, de 14 entreprises publiques et de 24 sociétés privées nationales.  Selon ses organisateurs, cette exposition entend donner l’occasion aux entreprises ambitionnant de travailler avec Sonatrach de faire connaître leurs produits et de prendre connaissance des besoins de ce groupe pétro-gazier public en matière d'équipements et de pièces détachées.  Lors de sa visite des stands, M. Guitouni a enjoint les opérateurs à aller de l’avant et à être "plus agressifs" en développant leurs offres tant au niveau local qu’à l’international et à viser l’exportation.

A.M.