Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a  affirmé lundi à Alger que le taux de pénétration du marché des assurances  national demeurait "faible", exhortant les compagnies d'assurances de  diversifier leurs produits et d'explorer d'autres domaines pour élargir  l'activité de l'assurance en Algérie.

"Le marché national des assurances affiche un taux de pénétration de 1%.  Ce taux demeure, bien évidemment, faible comparativement à des pays  voisins. Mais il indique qu'il existe une forte marge de croissance de  l'activité de l'assurance en Algérie, en dehors de l'assurance automobile  et de l'assurance des grands risques industriels qui dominent à auteur de  84% l'assurance en Algérie", a relevé le ministre lors de la 1ère édition  de la rencontre "Algerian Insurance Multaka" organisée les 5 et 6 novembre  à Alger par l'Union des assureurs et réassureurs (UAR) et la Compagnie  centrale de réassurance (CCR). Selon M. Raouya, les assurances, respectivement, des personnes, agricoles  et des catastrophes naturelles sont des segments "qui restent à  développer". Néanmoins, a-t-il observé, le développement et la diversification du  marché des assurances restent tributaire d'une amélioration constante de la  qualité des services offerts aux assurés et de la poursuite des efforts de  la modernisation du secteur. A cet effet, le recours aux nouvelles technologies de l'information et de  la communication, dans un environnement de plus en plus exigeant et  compétitif, favorise le développement des activités des compagnies  d'assurance et constitue un "puissant levier" pour rehausser la qualité des  services offerts à la clientèle et stimuler le marché avec des produits  innovants et de large diffusion, a-t-il soutenu. Le ministre, a par ailleurs, souligné que le secteur des assurances des  biens et des personnes constituait un levier pour le développement  économique et social, ajoutant que sa contribution "appréciable" dans le  financement de l'économie est appelée à se renforcer eu égard aux  potentialités du marché local et des perspectives de croissance qu'il  recèle. Il a également avancé que le rôle du secteur est à appréhender par son  apport irremplaçable au développement du marché financier, grâce à ses  capacités de mobilisation de l'épargne et de son placement tels les  différentes titres émis sur le marché financier local. Il a, à ce titre, indiqué qu'en 2017, et en dépit de la conjoncture  relativement difficile, le marché algérien des assurances avait affiché un  taux de croissance de 3% par rapport à 2016 contre 1,3% en 2016 par rapport  à 2015. Avec un niveau de primes d'assurance de 133,3 milliards de dinars en 2017  contre 129,6 milliards de dinars en 2016, le marché des assurances avait  affiché une hausse de 4 milliards de dinars, provenant essentiellement des  assurances de personnes dont la production a évolué de 2,1 milliards de  dinars, a-t-il précisé. S'agissant de cette rencontre,  M. Raouya a estimé qu'elle s'inscrivait  dans le cadre de la réforme financière, axée sur le renforcement de la  compétitivité et de la diversification du marché des assurances, qui  demeure un marché ouvert avec des sociétés publiques, privées nationales,  privées étrangères, et également des sociétés créées en partenariat avec de  grandes compagnies internationales d'assurance. Pour lui, cet évènement est conçu pour servir de cadre d'échanges entre  professionnels et d'espace pour exposer de nouvelles opportunités  d'affaires en vue de nouer d'éventuels partenariats. A noter que la rencontre "Algerian Insurance Multaka" rassemble plus de  500 opérateurs et experts de l'assurance, dont près de 150 étrangers en  provenance d'une vingtaine de pays. Les six thèmes majeurs retenus sont l'assurance et la fracture numérique,  le contexte économique et financier mondial et l'assurance, la réassurance  traditionnelle et les marchés des capitaux, l'assurance inclusive et la  révolution numérique, les avancées technologiques et leurs impacts sur la  solidité financière des assureurs et réassureurs ainsi que les risques  émergents et l'assurance.  L'objectif est de débattre autour de la relation des technologies  numériques avec le secteur des assurances afin d'offrir au client une large  gamme de produits adaptés à ses besoins, une meilleure accessibilité et une  plus grande compréhension de l'intérêt de s'assurer, expliquent les  organisateurs. Il s'agit également de donner une idée précise sur ce qui existe sur le  plan international en terme de modernisation de la commercialisation des  produits d’assurance, notamment l'assurance aux personnes qui constitue  l'avenir des opérateurs sur le marché national. Les opportunités de coopération entre les compagnies nationales et  étrangères de l'assurance, dans le cadre du développement des technologies  modernes au service de l'assurance, seront également évoquées.

R.N