Une campagne nationale de sensibilisation quant  aux dangers des produits pyrotechniques sur la santé des enfants a été  lancée ce mercredi par le ministère de la Santé, de la Population et de la  Réforme hospitalière, impliquant d'autres secteurs et ciblant notamment les  parents, a annoncé un responsable du ministère. 

Placée sous le slogan "Des dinars en fumée et des vies en danger", cette  campagne, qui prendra fin le 18 novembre, est dictée par la célébration de  la fête du Mawlid Ennabaoui, le 20 novembre, durant laquelle l'utilisation  de ces produits prohibés atteint son paroxysme, avec son lot d'accidents  corporels, aux conséquences parfois graves et irréversibles, voire  mortelles, précise à l'APS le Chargé de Prévention contre les accidents  domestiques au ministère, Dr Rédha Hadj Mati.  La démarche consiste notamment à informer, via tous les supports  médiatiques et autres portes ouvertes et conférences, le grand public, en  premier lieu les parents, sur ce qui représente "un réel problème de santé  publique", ajoute-t-il, faisant savoir que les Imams et les "Mourchidates"  ont été mis à contribution pour consacrer leurs prêches religieux à cette  question. Tout en soulignant que ce sont les pétards qui viennent en pole position,  le spécialiste fait remarquer la panoplie "de plus en plus dangereuse" mise  sur le marché, ces dernières années, et dont  "l'appellation populaire même  donne des frissons".    Pour autant, avertit-il, même les pétards de "petite taille" peuvent  entraîner des brûlures et des mutilations, dont les cicatrices sont "à vie  et que la chirurgie ne peut qu'améliorer". D'où, relève-t-il, l'impératif  pour les parents "qui achètent eux-mêmes" ces produits, d'être sensibilisés  sur cette question.  A titre illustratif, Dr Hadj Mati fait savoir qu'en 2015, la Clinique  centrale des brûlés Pierre et Claudine Chaulet (Alger) a reçu, durant la  célébration de cette fête religieuse, 30 urgences, en majorité des enfants  de moins de 15 ans, présentant des brûlures entre le 1er et le 2é degrés,  avec fractures et plaies, essentiellement au niveau des mains et du visage. Pour y exercer, par ailleurs, en tant que chirurgien, le spécialiste fait,  néanmoins, observer que le nombre des blessés a chuté comparativement à  l'année précédente durant laquelle les pétards avaient causé 52 blessés  dont 41 enfants de moins de 15 ans. Le représentant du ministère de la Santé tient, en outre, à souligner que  le défi consistant à mettre fin, ou tout au moins à réduire, la dangerosité  de ce phénomène incombe également aux autres acteurs concernés, à savoir  les ministères de l'Intérieur et des Collectivités locales, de l'Education  nationale, du Commerce, des Finances (Douanes), la Protection civile, etc. Ceci, argumente-t-il, d'autant plus que l'utilisation de ces produits ne  se limite plus au Mawlid Ennabaoui mais est observée, depuis quelques  années, lors de la célébration des différentes circonstances festives, en  sus de leur prévalence dans les stades lors des matchs de football  notamment. Ce pourquoi, un Comité d'organisation multisectoriel composé de membres  issus de ces institutions est mis en place pour piloter et mener cette  campagne, qui cible, par ailleurs, les professionnels de la Santé pour leur  rappeler "les bonnes pratiques" à adopter lorsqu'ils sont confrontés aux  cas de brûlures ou d'amputations, conséquemment à la manipulation des  produits pyrotechniques.  Outre cette action nationale, le ministère de la Santé a lancé, le 20  octobre dernier, une campagne au niveau local, à travers une note adressée  aux 48 Directeurs de la Santé et de la Population (DSP) leur enjoignant de  lancer diverses manifestations de sensibilisation sur les risques encourus  par l'utilisation des pétards et autres produits pyrotechniques. "La société algérienne est la seule, dans le monde arabo-musulman à fêter  le Mawlid Ennabaoui de cette manière et nous ignorons l'explication de ce  phénomène ", conclut Dr Hadj Mati, rappelant que depuis 1963, l'Algérie  avait pourtant mis en place un dispositif législatif prévoyant "des  sanctions contre la commercialisation et l'usage" des produits  pyrotechniques.

B.A