Grâce à leur industrie de schiste, les Etats-Unis vont devenir dès 2021 des exportateurs nets de pétrole, talonnant ainsi l'Arabie saoudite sur les marchés mondiaux, a indiqué lundi le rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Selon les prévisions de l'agence, les Etats-Unis stimuleront la croissance de l’offre mondiale de pétrole au cours des cinq prochaines années "grâce à la vigueur remarquable de son industrie du schiste", ce qui entraînera une "transformation rapide" des marchés mondiaux du pétrole. "Les exportations de pétrole des Etats-Unis dépasseront la Russie et se rapprocheront de l’Arabie saoudite, offrant ainsi une plus grande diversité des sources d’approvisionnement", ajoute l'AIE dans son rapport annuel "Pétrole 2019", prévoyant une croissance de la demande mondiale de pétrole de 1,2 million de barils par jour (Mb/j) en moyenne annuelle d'ici à 2024. Le rapport souligne que les marchés mondiaux du pétrole traversent une période de changements "extraordinaires", avec des implications durables sur la sécurité énergétique et les équilibres des marchés tout au long de notre période de prévision jusqu'en 2024. "Les Etats-Unis sont de plus en plus en tête de la croissance de l'offre mondiale de pétrole, avec une croissance significative également observée chez les producteurs non membres de l'OPEP, y compris le Brésil, la Norvège et le nouveau producteur la Guyane", a-t-on expliqué, notant que la transformation des Etats-Unis en un grand exportateur en moins d’une décennie est "sans précédent". Pour l'agence, qui défend les pays consommateurs, cela est dû à la capacité de l'industrie américaine du schiste à réagir rapidement aux signaux de prix en augmentant sa production, dans un contexte où les Etats-Unis représentent 70 % de l'augmentation totale de la capacité mondiale à l'horizon 2024, soit un total de 4 Mb/j. Pour le directeur exécutif de l'agence, "la deuxième vague de la révolution du schiste américain est à venir", indiquant que les Etats-Unis représenteront 70 % de l'augmentation de la production mondiale de pétrole et environ 75 % de l'expansion du commerce de GNL au cours des cinq prochaines années. "Cela va bouleverser les échanges commerciaux internationaux de pétrole et de gaz, avec de profondes implications pour la géopolitique de l'énergie", a-t-il dit. L'analyse de l'AIE montre par ailleurs que l'Irak renforce sa position parmi les premiers producteurs mondiaux. "Troisième source mondiale d’offre nouvelle, ce pays est également le moteur de la croissance au sein de l’OPEP jusqu’en 2024. Cette augmentation devra compenser les lourdes pertes subies par l’Iran et le Venezuela, ainsi que par la situation toujours fragile en Libye", explique-t-on. Selon le rapport, la production des pays non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) devra progresser de 6,1 Mbj à 68,7 Mbj en 2024, tablant sur une baisse de la production du cartel entre 2019 et 2020, avant une croissance "modérée" jusqu'à 32 Mbj en 2024.