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Catégorie : Energie

La Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) a mis, dans son rapport 2019 sur l'Afrique, un coup de projecteur sur la Zone de libre-échange continentale africaine, alors que Niamey accueille la semaine prochaine un sommet extraordinaire de l'Union africaine pour célébrer l'entrée en vigueur du traité instituant la ZLECAf, ratifié par 22 pays.

Publié mercredi, le rapport de 250 pages de la CNUCED a fait des projections d’un avenir prometteur du continent, dont les échanges internes ne représentent aujourd’hui qu’entre 15 et 17%, contre 47% en Amérique, 61% en Asie et 67% en Europe. Avec l’entrée en vigueur de la ZLECAf, le commerce intra-africain devrait progresser de 33% après la suppression complète des droits de douane, selon le document de la CNUCED. C'est trop optimiste pour certains économistes, qui relèvent que le tissu industriel est presque inexistant dans beaucoup de pays. Les règles d’origine devront déterminer le niveau minimum de transformation d’un produit sur le continent pour que les avantages tarifaires lui soient appliqués. Il faudra aussi faire tomber bon nombre d’obstacles : éviter par exemple que les intérêts nationaux et les intérêts privés des multinationales ne prennent le dessus, trouver des mécanismes efficaces de lutte contre la corruption et développer des réseaux de transport de qualité. La Zone de libre-échange continentale africaine constitue un marché de 1,2 milliard de personnes et un produit intérieur brut combiné de 2,5 milliards de dollars, et créera un flux d'échange de 3.000 milliards de dollars, sans aucun droit de douane ni restriction à la frontière. L'idée de créer la Zone son origine dans le Traité d’Abudja (juin 1991), qui stipule que les Etats africains doivent renforcer leurs Communautés Economiques Régionales (CER) en intégrant et en coordonnant leurs politiques commerciales et en mettant graduellement, les huit (8) CER, y compris l’UMA, sur une période de 34 ans, et par étapes, à partir de l'entrée en vigueur du Traité d’Abudja. La ZLECAf est l'un des projets phares de l'Agenda 2063 de l'UA qui constitue un cadre commun pour une croissance inclusive et un développement durable pour l’Afrique à réaliser au cours des cinquante prochaines années.