Le Forum des Chefs d’Entreprise a organisée, samedi,   à l’Ecole Nationale Supérieure de l’Informatique à Alger, la 5ème édition de l’Université d’été sous le slogan «Ensemble».

Les débats se sont focalisés sur les enjeux stratégiques pour l’économie,  les questions liées à la conjoncture et les défis qu’elle impose aux entreprises algériennes. Le principal défi auquel est confrontée l’économie algérienne est celui de sa compétitivité. La construction de cette dernière n’est ni l’affaire d’une entreprise ou d’un secteur ou même d’une quelconque institution,  mais  l’affaire  de  toute  la  nation. Les participants ont dressé  un  état  des lieux des grandes difficultés rencontrées par les entreprises dans le contexte actuel et particulier de l’Algérie. Pour le président du FCE, « l’économie va mal et aucun secteur n’a été épargné par la crise que traverser le pays ».  La révision de la règle 49/51 régissant les investissements étrangers en Algérie, a été fortement soutenue par les participants aux travaux de la 5ème édition de l’université d'été du Forum des Chefs d’Entreprises (FCE), tenue samedi à Alger. Des chefs d'entreprise expriment leurs inquiétudes relatives à la conjoncture économique qui a entraîné une baisse d'activité importante et des pertes d'emplois.  Lors d’une conférence de presse, tenue en marge de cet évènement, le président du FCE  M. Sami Agli a assuré que "son organisation plaidait depuis 2009 pour la révision de cette règle qui freine les investissements étrangers", car, a-t-il dit, "nous considérons que c’est aux partenaires de gérer leur relations et le partage des actions, sauf lorsqu’il s’agit des secteurs stratégiques, dont la règle reste toujours en vigueur" . Selon le même responsable, le climat économique pour cette conjoncture nécessite, plus que jamais, une réflexion sérieuse en veillant à examiner toutes les alternatives et les solutions idoines pour assurer une relance sûre et durable de l'économie nationale.    La levée des contraintes énoncées dans le cadre de la règle 51/49 % devrait améliorer l'attractivité de l'économie nationale, a-t-il encore estimé. Concernant les autres nouvelles propositions du Projet de Loi de Finances 2020, le premier responsable du FCE a prévenu que toute augmentation d’impôts en ce moment est "un message négatif" pour les investisseurs et pour l’économie nationale d’une manière générale. Quant à l’impôt sur la fortune proposé également dans ce projet de loi, M. Agli a répondu que "le FCE était pour le partage, mais ce partage doit se faire au moment opportun, car à présent les entreprises vivent des  difficultés financières qui ne leur permet même pas de payer leur employés". A une question sur la politisation du FCE, M. Agli a répliqué en affirmant que "son organisation est apolitique et le restera". Il a néanmoins affirmé que "chaque membre du Forum est libre d’avoir ses propres points de vue politiques et de prendre des positions à titre individuel". M. Agli a tenu à préciser qu’"être apolitique ne signifie pas pour autant que nous ne sommes pas concernés par la conjoncture politique du pays". A propos des entreprises qui sont au bord de la faillite, il a fait savoir qu’une rencontre a eu lieu entre le ministre du Travail et les membres du FCE, afin d’accorder un délai de quelques mois à ses entreprises qui ne peuvent pas honorer leur charges (Impôts, taxes..) et qui ont du mal à payer leur salariés, mais la question n’a pas été tranché à ce jour, a-t-il dit. "Certes, les entreprises économiques doivent honorer leur engagement vis-à-vis les institutions de l'Etat, mais en situation de crise les Etats en générale interviennent  pour leur accorder des délais", a-t-il plaidé, en concluant qu’en situation exceptionnelle, il y a toujours des mesures exceptionnelles.  Le Forum des Chefs d'Entreprise a proposé, à l'occasion de son université d'été, une série de mesures de sauvegarde immédiates et des mesures plus structurantes pour améliorer l’environnement des affaires. Le FCE évoque le traitement de l’endettement et la  réactivation du dispositif du  rééchelonnement des dettes fiscales des entreprises déjà mis en œuvre en 2012.  Il revendique l’application d’un moratoire d’une année à deux années et l’étalement du principal, sur une période d’une à trois années, selon le degré d’endettement de l’entreprise. Le même dispositif pourrait être appliqué pour les dettes parafiscales. Le FCE souhaite, aussi, la réactivation  du dispositif banques-entreprises, mis en place en 1996 en matière d’endettement bancaire.

  1. S.