Imprimer
Catégorie : Energie

PensionRetraitLa revalorisation des pensions de retraite pour l'année 2018 est maintenue et sera modulable avec des taux allant de 0,5 à 5% en fonction du montant de la pension, a indiqué mardi le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali.

"Contrairement aux années précédentes au cours desquelles un taux unique était appliqué pour la revalorisation des pensions de retraite, le taux pour l'année 2018 est modulable et sera encore plus avantageux pour les petites pensions", a précisé M. Zemali qui s'exprimait sur les ondes Chaîne  3 de la Radio algérienne. Selon le ministre, il y aura 5% de revalorisation pour les pensions de moins de 20 000 DA, 2,5% pour les pensions de 20 000 à 40 000 DA, 1,5% pour les pensions de 40 000 à 60 000 DA, 1% pour les pensions de 60 000 à 80 000 DA et 0,5% pour les pensions de plus de 80 000 DA.L'incidence financière de cette revalorisation est de l'ordre de 22 milliards DA, a ajouté M. Zemali, précisant que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika "a décidé du maintien de cette revalorisation dans le but de conforter le pouvoir d’achat des retraités, malgré la situation financière difficile du pays". Par ailleurs et au sujet du système de sécurité sociale qui traverse une "situation difficile en raison de la fragilité de ses équilibres financiers", le ministre a indiqué que la Caisse nationale des Assurances sociales (CNAS) "a financé les établissements publics de santé à hauteur de 80 milliards DA en 2018". "Nous comptons plus de trois millions de retraités, dont un tiers sont sortis avant l’âge requis", a-t-il relevé, soulignant que cette situation fait ressortir en moyenne "deux travailleurs et demi qui cotisent pour un seul retraité, alors que la norme est de cinq travailleurs pour un retraité". Selon le ministre, le déséquilibre du système de sécurité sociale est estimé à près de "560 milliards DA". A une question sur la représentativité des syndicats qui activent actuellement sur le terrain, M. Zemali a indiqué que l'action de son département "s’inscrit dans le cadre de l’application de la loi, chaque syndicat étant tenu de transmettre annuellement les informations concernant le nombre de ses adhérents à l’employeur et au ministère du Travail".  Selon M. Zemali, "sur les 65 syndicats recensés, 30 ont répondu favorablement à l'appel du ministère du Travail relatif aux éléments de leur représentativité", expliquant que "17 syndicats ont respecté la forme, alors que 13 autres ne l'ont pas fait". En revanche, 35 syndicats n'ont pas répondu à l'appel du ministère et sont, de ce fait, considérés comme étant "non représentatifs", a précisé le ministre, faisant observer que "les syndicats ne disposant pas de 20% de représentativité ne sont pas en droit de revendiquer ou de négocier, d'où  l'obligation pour eux de se mettre en conformité avec la loi". "Nous sommes en train de réfléchir sur une procédure dans le but d'assainir la situation, (...) car nous voulons des syndicats responsables et respectueux des lois de la République", a ajouté le ministre. Interrogé sur les craintes des travailleurs et des syndicats d’une « remise en cause du contrat de travail à durée indéterminé (CDI) » par l’introduction de plus de flexibilité, et donc de précarité, dans les relations de travail et d’un « abaissement de l’âge légal du travail de 18 à 16 ans » ; le ministre du travail a démenti ces craintes en affirmant que « le nouveau code du travail, en l’état actuel, n’est même pas un avant-projet ». Toutefois, M. Zemali confirme qu’un « avant avant-projet de législation de travail » a été transmis, pour avis, il y a 4 ou 5 ans, à tous les partenaires sociaux, aux walis et aux universités pour un avis. Même l’organisation internationale du travail (OIT) a été consulté, confie-t-il, précisant n’avoir reçu, jusqu’à maintenant, qu’une dizaine ou quinzaine de réponses. Le ministre du travail a démenti, également, le rejet du projet de code du travail par l’UGTA. « On n’est pas au stade du rejet, on est au stade des avis », a-t-il souligné, affirmant que l’adoption d’un nouveau code du travail prendra du temps, car considère-t-il « les textes mal fait provoquent des conflits ». Il ajoute, « c’est très compliqué pour amender une législation de travail constituée de presque seize textes, une dizaine de lois, quatre ou cinq ordonnances, des décrets et à peu près 640 articles », de manière à « garantir un équilibre entre ce que demandent les partenaires sociaux », « parce que vous avez d’un côté les patrons qui demandent plus de flexibilité, et d’un autre côté vous avez les syndicats qui demandent plus de protection, et vous avez la troisième partie qui est l’Etat pour réguler ».

  1. A. s.