Le trafic ferroviaire dans la banlieue d'Alger et les dessertes vers Oran et Constantine à partir de la capitale ont connu une perturbation dans les horaires de départ, en raison de la grève déclenchée par les techniciens de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) pour protester contre le jets de pierre dont ils font l'objet quotidiennement, a constaté l'APS sur place.

Des centaines de voyageurs se sont plaints du retard cumulé dans les départs des trains de banlieue à Alger (est-ouest en allant vers Zéralda), d'Oran et de Constantine, suite à la grève déclenchée par les techniciens de la SNTF, par solidarité avec leur collègue atteint au visage par un jet de pierre au niveau de la station de Boudouaou. Le sous-directeur de la SNTF, Aktouche Abdelouahab a déclaré à l'APS que ce mouvement de protestation intervenait "en réaction aux agressions récurrentes et quotidiennes contre les travailleurs de la société, notamment les conducteurs, contrôleurs et techniciens et mêmes les voyageurs, et pour attirer l'attention des autorités" quant à ces actes de violence. "Ces agressions qui surviennent tout au long des lignes ferroviaires sont devenues désormais un phénomène qui nécessite une étude et un suivi pour connaître les causes réelles de ces actes et parvenir à des solutions", a fait savoir le responsable. Les trains modernes acquis par la SNTF ces derniers mois ont été également ciblés, comme en témoignent les vitres brisées, a-t-il ajouté. Le train "CORADIA" avait été ciblé, après deux jour de sa mise en service (mars dernier), par des jets de pierre, ce qui est "inacceptable", a-t-il estimé. Par ailleurs, le mouvement de contestation des techniciens de la société a causé une perturbation du trafic des trains, impactant, ainsi les déplacements des citoyens qui se sont tournés vers les gares routières comme seule alternative, avant la reprise graduelle du service. Pour rappel, la SNTF avait révélé lors de sa dernière campagne de sensibilisation sur les risques que représentent les passages à niveau que la réparation des vitres avait coûté, de février à septembre de l'année en cours, plus de 26 millions DA en raison du phénomène des jets de pierre au passage des trains. 1.378 cas de jet de pierres sur des trains ont été recensés depuis 2013 jusqu’à septembre dernier, causant des blessures à 163 voyageurs et agents de la SNTF.

R.N