L’obstacle majeur devant la relance du secteur de l’exportation, hors hydrocarbures, réside dans "l’égoïsme économique de certains cercles qui veulent, coûte que coûte, dissuader les opérateurs économiques nationaux à investir ce créneau", a estimé, hier, Mostefa Kamel Rahmani, professeur en marketing management et conseillers à l’export.

"Il existe en Algérie un potentiel économique formidable en mesure de contribuer à réduire notre dépendance vis-à-vis de la rente pétrolière, mais ceux qui disposent de ce potentiel se heurtent constamment à des obstacles, de tous ordre, pour les empêcher d’immerger", a déclaré cet expert, en marge d’un cycle de formation sur les métiers de l’export, organisé par la chambre de commerce et d’industrie du Titteri. "L’égoïsme économique de certaines personnes, soucieuses uniquement de leurs intérêts étroits, les a incité, à travers des artifices, à faire douter les potentiels exportateurs dans leurs capacités à se frayer une place sur le marché extérieur", a-t-il indiqué, expliquant que "parmi ces artifices, la mise en place de barrières psychologiques destinées à dissuader nos opérateurs économiques à franchir ce pas". Selon cet expert, "il est impératif de changer notre vision par rapport à l’activité d’exportation, elle doit être perçue comme une activité économique complémentaire, sans risque pour les autres activités". Il a encore estimé que le "meilleur moyen de se libérer de notre dépendance de la rente pétrolière est d’ouvrir la voie aux opérateurs économiques et les laisser investir ce créneau". Outre l’élimination des barrières, tant psychologiques qu’administratives, en instaurant un climat d’affaire sain et encourageant, le professeur Rahmani plaide pour "un accompagnement permanent des opérateurs économiques intéressés par l’exportation, en leur offrant l’expertise indispensable et les soutenir dans leurs démarches", a-t-il ajouté. Il faut dire que le créneau des exportations hors hydrocarbures demeure encore à ses premiers balbutiements. Les chiffres réalisés en témoignent.  Le montant engrangé par l’Algérie de ses exportations en dehors du pétrole et du gaz, avoisinerait les 2,3 milliards de dollars seulement pour l’année 2018. Le ministre du commerce semble changer de fusil d’épaule dans sa stratégie à l’export. Au lieu d’annoncer des perspectives chiffrées, il préfère asseoir d’abord à moyen terme, toute une politique dédiée à l’exportation, fondée sur des mécanismes et dispositifs solides. «C’est à partir de là que l’on pourra parler du montant global en devises qu’apporteraient les exportations hors hydrocarbures pour le pays », estime M Djellab. Ces quelques opérations d’exportations réalisées jusque-là, avoue-t-il, l’ont été dans des conditions difficiles. «Et si toutes ces contraintes sont levées, l’on assistera à un véritable boom d’exportations », déclare le ministre dans un point de presse organisé hier en marge de la rencontre nationale ayant pour thème, «réussir les exportations pour diversifier les ressources ». Une chose est certaine, indique-t-il, le marché international est demandeur. Aux opérateurs économiques algériens de relever le défi et d’arracher des parts de marché à l’étranger pour le produit national. Le ministre pense que « si l’on réussit les exportations hors hydrocarbures, l’on arrivera à pérenniser les recettes ». Toutes les conditions sont, d’après lui, réunies pour la diversification des exportations. «Il ne reste quelques aspects d’ordres réglementaire et organisationnel qui sont d’ailleurs, débattus par  les 5 panels mis en place dans cette rencontre », précise-t-il en citant la lancinante problématique de la logistique dont le transport. L’idée, c’est d’identifier toutes les contraintes et autres problèmes qui bloquent les opérateurs  dans l’acte d’exporter. Autant d’écueils à relever en créant, suggère-t-il, un cadre idoine et les moyens indispensables pour concrétiser ces opérations d’exportations. Et le cap a été donné pour la destination Afrique, devenue, pour le ministre, le continent tant convoité par le monde entier. Un tel objectif passe, conclut-il, par la création de traders à l’export en Algérie. 

A.M.