L'Etat français entend obtenir des garanties du groupe italien Fincantieri, retenu par la justice sud-coréenne pour reprendre STX France, mais ne nationalisera pas ces chantiers navals florissants, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christophe Sirugue.

Fincantieri, leader européen de la construction navale et propriété à plus de 70% de l'Etat italien, est le seul repreneur à avoir déposé une offre pour les chantiers de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, où Christophe Sirugue était attendu mercredi après-midi, notamment pour rassurer les syndicats. "Nous voulons conserver le site de Saint-Nazaire, nous voulons conserver la filière, c'est-à-dire le lien avec les sous-traitants", a-t-il expliqué sur RMC. "Et nous voulons conserver deux éléments vraiment très importants, qui sont la stratégie (et) la propriété industrielle pour éviter qu'on ne nous prenne notre savoir-faire." L'Etat français dispose d'une minorité de blocage de 33% dans STX France et défendra ces quatre exigences dans les négociations avec Fincantieri, a-t-il ajouté. Il a en revanche écarté l'idée d'une nationalisation, suggérée par des syndicats et des responsables politiques, parce qu'elle aurait notamment pour conséquence des discussions difficiles avec les clients des chantiers de Saint-Nazaire. "Les clients ont envie d'avoir un industriel en face d'eux et c'est d'un industriel dont nous avons besoin dans ce dossier", a fait valoir Christophe Sirugue. Il n'a cependant pas exclu une entrée au capital des chantiers de Saint-Nazaire du groupe DCNS, propriété à 62% de l'Etat, spécialisé dans la construction navale militaire. Jusqu'à quelle hauteur ? "Ça fait partie de l'objet des discussions (avec Fincantieri) mais en tout cas pas jusqu'à 50%", a ajouté le secrétaire d'Etat à l'Industrie. Pour l'heure, le gouvernement français fait plutôt bon accueil à la perspective d'une reprise de STX France par le groupe italien. "Nous avions dit que nous voulions un industriel européen (...) Fincantieri est un industriel européen. On aurait quand même des difficultés aujourd'hui à lui dire non", a souligné Christophe Sirugue. "L'intérêt de Fincantieri aujourd'hui, ce n'est pas d'aller au blocage ; l'intérêt de Fincantieri c'est de pouvoir monter son projet industriel", a-t-il ajouté. "L'intérêt de l'Etat français, c'est de préserver notre fleuron. Je pense que c'est sur cette base-là que se fait la discussion."

Reuters