Les grossesses à haut risque ont été au coeur d’une journée de formation, à Bejaia, en présence de près de 200  sages-femmes et d’une pléiade de médecins généralistes et gynécologues.

  L’objectif, étant d’actualiser les connaissances de chacun des participants  et, par ricochet, améliorer la prise en charge des parturientes dans l’ensemble des structures de maternités de la wilaya. Organisée sous forme de conférences-débats, la rencontre a d’emblée mis en  évidence l’impératif de l’évaluation des risques de chaque grossesse, qui  doit faire partie des soins prénatals de routine. L’enjeu consiste à  identifier les facteurs de risques susceptibles, à terme, de favoriser la  morbidité de la mère, du f£tus ou de l’enfant avant ou après l’accouchement  et de les traiter en temps opportun avec des soins adaptés. "En Algérie, il y’a plusieurs facteurs qui ont été identifiés et qui  constituent une grosse panoplie. Il s’agit entre autres, des maladies et  infections rénales, l’insuffisance cardiaque, l’anémie falciforme. Mais de  loin et plus couramment, ce sont les troubles de l’hyper-tension et du  diabète associés à la grossesse qui sont prégnants", souligne le Dr.  Bellouz, medecin-chef au CHU de Bejaia, soulignant que 10 % des patientes  qui arrivent à l’unité d’obstétrique de référence de Bejaia, celle de  Targa-Ouzemmour en l’occurrence, sont atteintes de diabète. D’où,  insiste-t-il, la nécessité d’un suivi et d’une surveillance étroite. En fait, à Bejaia, d’aucun ont soutenu la qualité de la prise en charge  médicale. Mais, là où le bât blesse, c'est le manque voire l’inadaptation  des structures y afférente. L’unique clinique, spécialisée de Targa-ouzemmour, initialement doté de 64 lits peine à faire face à l’afflux des malades qui arrivent par centaines tous les jours, autant de la wilaya,  que des régions environnantes, notamment, Jijel, Sétif, Bordj-Bou-Arredj et  Bouira. Quelque 12.000 accouchements y ont été traités en 2016. "Nous faisons de la quantité au détriment de la qualité", déplore Dr.  Bellouz, soulignant que du fait de cette pression, notamment durant la  période estivale, il arrive de faire partager un lit à trois parturientes  en même temps. On ne peut pas parler de qualité dans ces conditions,  soutient-il, tout en souhaitant l’équipement rapide d’un nouveau pavillon  en rapport, achevé dans sa construction mais non outillé encore depuis des  mois. Quoiqu’il en soit, malgré ces contraintes, Bejaia reste à l’avant-garde en  la matière, avec seulement 38 décès sur 100.000 personnes, contre une  moyenne nationale de l’ordre de 64 cas, estime-t-il.

APS