Imprimer
Catégorie : Regions

Entre soutien psychologique, accompagnement social et prise en charge de la douleur, le centre anti-cancer (CAC) de l’hôpital Dr Benbadis de Constantine est un service clé, carburant à plein régime pour assurer une prise en charge holistique permettant aux malades de mieux vivre avec le cancer et leur prodiguer assistance et traitement.

Une prise en charge humaine de la douleur sur tous les plans avec notamment une plus grande importance accordée à la souffrance psychologique et une amélioration de la relation avec le personnel soignant, surtout les infirmiers, a été soulevée par les patients atteints de cancer rencontrés au CAC de Constantine. Doté d’un matériel de soins de haute gamme, dont trois accélérateurs et un scanner 3D, le CAC de Constantine, opérationnel depuis 1989, accueille annuellement plus de 6.000 malades nécessitant une radiothérapie, selon les statistiques fournies par le directeur du CHU, M. Kamel Benyassaâd. Les malades reçus dans ce centre sont issus de plusieurs wilayas de l’Est du pays, à l’instar de Skikda, Mila et Oum El Bouaghi, a fait savoir la même source, précisant que l’ouverture de CAC à Sétif et Batna, par exemple, n’a pas pour autant diminué l’afflux des patients vers le CHU de Constantine qui demeure "convoité" en dépit, dit-il, des "alternatives offertes ailleurs". L’apport logistique accordé par le gouvernement au CAC de Constantine dans le cadre du Plan cancer a permis, néanmoins, de réduire à moins de 30 jours le rendez-vous pour la radiothérapie ou la chimiothérapie, alors que dans le passé les patients étaient contraints de patienter plusieurs mois pour décrocher un rendez-vous. Malgré les progrès des traitements accordés à Constantine, le cancer demeure, dans l’esprit des malades, associé à la mort, à la douleur et à un avenir incertain, et dont plus de 30% des patients souffrent de dépression dans l’année suivant le diagnostic de la maladie, d’autant que la ‘‘communication n’est pas vraiment au point’’,

La communication, parent pauvre de la prise en charge du cancer

Parent pauvre du processus de prise en charge du cancer, la communication reste le maillon essentiel pour garantir le bien-être du malade qui éprouve des "difficultés" à obtenir une information claire et précise "concernant le protocole lié au traitement, le déroulement des soins et surtout les précautions à prendre par rapport au traitement", soutient A. Fouad, un patient âgé de 44 ans admis au sein de cette structure. Le staff médical chargé de la prise en charge des malades au CAC de Constantine évoque, pour sa part, des "arrivages" constants de patients atteints de cancer, ce qui rend "le devoir de communiquer presque impossible", indique-t-on, assurant que le plus important est d’agir et trouver les solutions adéquates aux pathologies. D’après M. Benyassaâd, la réputation du CAC de Constantine, disposant de spécialistes de renommée et d’un matériel de pointe, le soumet à "rude épreuve", affirmant que les efforts se poursuivent pour améliorer les prestations et plus globalement la prise en charge hospitalière du cancer. Traitant 300 malades par mois, le CAC de Constantine fait "souvent beaucoup plus" par rapport à sa capacité ce qui rend "l’obligation de communiquer avec le patient et d’être aux petits soins avec lui utopique", a estimé Hacène, un infirmier exerçant au sein de cette structure depuis la fin des années 1990. Désappointée, Lynda qui accompagne sa mère 75 ans dans sa lutte contre cette maladie, soutient que le malade atteint d’une telle pathologie "cherche avant tout l’affection et a horreur de se sentir rejeté". La majorité des patients rencontrés sur les lieux déplorent également le manque d’hygiène et l’absence d’infirmiers de garde durant la nuit ce qui contraint certains à recourir à des "gardes malades payants". Quand bien même le CAC de Constantine fait face à certaines carences, il n’en demeure pas moins que le staff médical s’applique, souligne-t-on, à assumer pleinement sa mission en s’adaptant et en œuvrant à renforcer les points forts pour assurer durablement des soins de qualité efficients sur le plan médical en particulier. "Les mutations du système de santé exigent de la part des acteurs chargés de ce dossier un effort d'innovation constant dans l'organisation, dans le système de gestion et des relations", estiment des spécialistes dans le domaine de la santé.

Une extension du CAC pour de meilleures prestations

Un projet d’extension du centre anti-cancéreux du CHU de Constantine est en cours de réalisation et devra être réceptionné "dans quelques mois", a affirmé une source hospitalière, qui a mis l’accent sur l’impact qu’aura cette nouvelle structure de 62 lits dans l’amélioration des conditions de prise en charge des malades atteints de cette pathologie lourde. Un budget additionnel estimé à 900 millions de DA a été alloué, au titre de l’exercice 2017, pour l’achèvement des travaux d’extension et d’équipement du centre anticancéreux, lancés en 2008, et dont le chantier a accusé un retard considérable pour des "raisons techniques et organisationnelles", a souligné la même source. Une fois opérationnelle, cette extension disposera de services de radiothérapie, de chimiothérapie, d’hématologie et de salles de consultation, et permettra "d’alléger la pression sur l’ancienne structure" qui prend en charge les malades cancéreux de Constantine et des wilayas limitrophes. Selon de récentes statistiques fournies par les encadreurs de cette structure sanitaire, 2.500 malades atteints d’une tumeur maligne reviennent annuellement au CAC pour avoir développé un deuxième cancer, faisant état également du décès de 10 % des personnes atteintes d’un cancer avant de pouvoir bénéficier de soins.

APS