Pas moins de 300 cartes de donneurs d’organes à  l’échelle nationale ont été distribuées depuis 2012 à ce jour par  l’association algérienne du don d'organes, de tissus et de cellules pour la  transplantation "Biloba" à ses adhérents au profit de malades, a révélé  à l’APS sa présidente, Dr. Sihem Ayech.

S’exprimant en marge du 7ème congrès international de néphrologie,  organisé du 26 au 28 avril à Batna, Dr. Ayech a affirmé qu’à chaque fois  que son association organise des journées "portes ouvertes" pour  sensibiliser au sujet de l’importance du don d'organes, de cellules et tissus, un grand nombre de personnes viennent s'informer sur la façon  d'obtenir une carte de donneur ou pour adhérer à l'association, ce qui  prouve, dit-elle, "l'intérêt que porte beaucoup de citoyens à cela". Spécialiste en néphrologie, Dr. Ayech a également fait savoir que "la  carte de donneur n'a aucune valeur légale" et que son acquisition "traduit  l’expression d’un désir de faire un don d’organe à un membre de la  famille". Elle a ajouté, par ailleurs, que son association a été créée en 2011 obtenu son agrément en 2012, avant de devenir en avril 2017 une association  nationale, dont la mission est de "sensibiliser au sujet de l'importance du  don d'organes, de cellules et de tissus en vue de sauver les patients qui  en ont un besoin urgent." Organisé à l'initiative du service de  néphrologie du centre hospitalo-universitaire de Batna, le 7ème congrès  international de néphrologie a été clôturé, aujourd'hui samedi, sous le  slogan "Le mort au service du vivant", au cours duquel l’accent a été mis  sur l’importance de la sensibilisation et l’incitation au don d’organes que  ce soit d’un donneur vivant ou d’une personne en mort cérébrale ou morte  d’un arrêt cardiaque. Les interventions des participants, dont la plupart étaient à caractère  purement scientifique, ont comporté également des actions sensibilisation visant le grand public et les étudiants avec l’objectif  d’encourager les dons d’organes aux patients, en particulier des personnes  décédées au profit des vivants, et ce, en se référant à la religion et à la  législation en la matière. De son côté, Nadia Omar Khoudja, responsable de la communication de  l'Agence nationale des greffes d'organes, a précisé, dans une déclaration à  l’APS, que la liste nationale d’attente de greffes d’organes, de tissus et  de cellules, sera prête "avant la fin de l'année 2018". Quant au Dr. Ahmed Bougroura, chef de service de néphrologie du centre  hospitalo-universitaire de Batna, il a souligné que l'équipe médicale  aspire cette année à réaliser 100 greffes rénales à partir de vivants, mais aussi à partir de donneurs décédés. Il a soutenu, à ce propos, que Batna constitue, actuellement, un "pôle en  matière de transplantation rénale à partir de donneurs vivants, ainsi qu'un  centre de référence pour la transplantation rénale d'un donneur décédé à un  receveur vivant". Ce congrès a été, par ailleurs, l'occasion d'échanger des expériences  concernant les maladies rénales et la greffe, en sus de faire le point sur  l'expérience de la jeune équipe médicale de la capitale des Aurès, qui a  effectué 14 interventions en 2014 avant de s’adjuger, en peu de temps, le  "leadership à l’échelle nationale en arrivant en pôle position en 2017avec la réalisation de 77 greffes rénales effectuées à partir de donneurs  vivants, toutes couronnées de succès". Regroupant des spécialistes de l'intérieur et de l'extérieur du pays, ce  congrès a été marqué par un moment fort en émotion suite au témoignage de  Hanane Amouri (38 ans) qui a subi une transplantation rénale d'un donneur  décédé, grâce auquel il lui a été accordée "une seconde vie". Aujourd'hui, elle partage son existence et toutes les actions qu’elle  entreprend avec cette personne dont elle ignore l’identité, a-t-elle  confié, ajoutant avoir effectué une Omra au profit de ce donneur anonyme. Durement affectée par une insuffisance rénale à l’âge de 13 ans, l’ayant  contraint à quitter les bancs de l'école en deuxième année moyenne, qu’elle était première de sa classe, Hanane a dû se soumettre à l’épreuve de la dialyse jusqu'à ce qu'elle bénéficie d’une transplantation rénale en 2003, à l'hôpital de Constantine, grâce à un donneur décédé qui lui a  redonné espoir et incité à terminer ses études qu’elle a réussies avec  brio. Elle a ajouté dans ce contexte : "J'ai choisi les sciences islamiques pour  remercier mon donneur. Je suis actuellement employée et j’enseigne le  Coran". Ce congrès international, tenu au centre de loisirs scientifiques de la  cité Kechida de Batna, a été organisé en coordination avec l’Agence  nationale des greffes d’organes, l’Association Biloba et le Centre  hospitalo-universitaire de Batna qui compte actuellement une d'attente pour la transplantation rénale de 200 patients issus de  différentes régions du pays.

APS