L’exploitation du gaz de schiste est "une  nécessité" pour l’Algérie dont l’économie "dépend toujours des exportations  hors-hydrocarbures afin de maintenir son programme de développement", a  estimé, à Tizi-Ouzou, l’ingénieur géologue Abdelmadjid Attar.

"Tant que l’économie nationale est basée sur la rente pétrolière, l’Algérie n’a d’autres solutions que de développer l’exploitation des énergies non conventionnelles", a souligné l'ancien Président Directeur  général de la Société nationale Sonatrach (1979/2000) et actuel responsable  d’un cabinet d’études et de conseil dans les domaines de l’énergie,  l’hydraulique et l’environnement, qui a animé une conférence sur le thème  "La sécurité et la transition énergétique en Algérie, défis à l'horizon  2030" organisée par le Laboratoire des eaux de l’université de Tizi-Ouzou. "La sécurité énergétique de l’Algérie au-delà de 2030 passe par la  mutation de son modèle de consommation énergétique vers un nouveau qui sera  de plus en plus basé sur d’importants efforts d’économie d’énergie surtout,  et le recours aux énergies renouvelables et non conventionnelles", a-t-il  soutenu devant un parterre de spécialistes dont des chercheurs dans le  domaine énergétique de l’université Mouloud Mammeri. M. Attar a argumenté son point de vu par "l’épuisement" des réserves  d’hydrocarbures conventionnels et la continuelle croissance de la  consommation énergétique du pays. Selon lui, "on découvre un baril de  pétrole pour trois consommés chaque année". S’agissant de l’augmentation de  la consommation énergétique en 2016, "on a produit 166 millions  Tonnes-équivalent-pétrole (TEP) dont 111 millions TEP ont été exportés,  soit 66%, et 55 millions consommés, soit 34%, a-t-il dit, en s'appuyant sur  des chiffres du ministère de l’Energie. De cette production énergétique un taux de 43,3% est consommé par les  ménages, 35,1% par les transports, 21,6% par les secteurs de l’industrie et  du bâtiment et travaux publics et seulement 1% par l’agriculture, "ce qui  donne un taux de 78,4 % d’énergie destiné à une consommation qui n’a  quasiment aucune plus value", a-t-il observé. Or, a-t-il relevé, les besoins vont augmenter et le ministère de l’Energie  prévoit une hausse de 17 à 30 millions de tonnes de carburants entre 2016  et 2030, et de 42 (minimum) à 55 (maximum) milliards de M3 en 2019 pour le  gaz naturel, a-t-il ajouté. Les principaux défis qu’aura à relever l’Algérie pour effectuer sa  transition énergétique sont "le poids de la rente pétrolière, l’épuisement  des réserves (1,3 milliard de TEP et 2745 milliards de M3 de gaz selon les  chiffres publiés par le Conseil des ministres en 2015), l’accroissement de  la consommation d'énergie, d’où le recours, à terme, aux énergies non  conventionnelles",  a-t-il dit. "L’Algérie est donc condamnée à produire des hydrocarbures de schiste dont  le potentiel est estimé, selon ma propre évaluation basée sur ma  connaissance du sous-sol algérien, à 6 milliards de barils pour le pétrole  et à 22 000 milliards de m3 de gaz naturel, plaçant l’Algérie au 3ème rang  mondial après la Chine et l’Argentine (pour le gaz de schiste)", a indiqué  M. Attar qui a insisté sur l’importance d’accélérer le programme d’énergie  renouvelable (solaire) qui prévoit la production de 22 000 de mégawatts à  l'horizon 2025. Lors du débat qui a suivi cette conférence, des intervenants ont soulevé  le problème écologique d’une exploitation du gaz de schiste. Le géologue  Farid Amrouche, s’est inquiété des conséquences d’une telle activité sur la  nappe albienne (eau fossile). M. Attar a répondu qu’il s’agit d’un "choix  difficile qu’il faudra faire. L’important est de bien maîtriser le forage et de bien cimenter les puits", a-t-il dit.

Direction de distribution d’électricité et de gaz de Tizi-Ouzou: 13% des créances récupérées sur près de 1600 millions DA

Le lancement de l’opération "Tahsil" pour le recouvrement de créances détenues auprès de ses abonnés a permis à la  Direction de distribution d’électricité et de gaz de Tizi-Ouzou de  récupérer 13% d’un montant global de 1 591 millions de DA, a-t-on indiqué dans un communiqué. Ce taux de recouvrement a été réalisé durant le premier trimestre dans  quatre agences commerciales les plus endettées, à savoir de Draâ Ben Khedda  (69 millions de dinars de créances), d’Azazga (57 millions de DA), de  Tizi-Ouzou (49 millions de DA) et Ain EL Hammam (44 millions de DA), a-t-on  précisé. L’opération Tahsil ayant nécessité la mobilisation de plus de 150  agents, a-t-on fait savoir. Sur les 1 591 millions de DA de dettes, un montant de 506 millions de DA  est détenu par les ménages et commerçants, soit un taux de 31,8 % de la  totalité des créances. Le reste est détenu par les communes et autres  administrations. "Devant cette situation financière alarmante, notre  Direction était dans l’obligation de prendre les mesures nécessaires et  réglementaires, notamment la coupure de cette énergie aux clients n’ayant  pas honoré leurs créances", a-t-on ajouté de même source. Des bureaux de conseil et d’orientation sont installés au niveau des  agences commerciales et resteront ouvertes de 21H00 à minuit,  exceptionnellement pendant le mois de Ramadan, afin de permettre aux  abonnés de s’acquitter de leurs dus et éviter tout désagrément qui pourrait être causé par la coupure, a-t-on ajouté de même source.

APS