Une récolte prévisionnelle de plus de  515.000 quintaux (qx) d'agrumes est attendue dans la wilaya de Tizi-Ouzou  pour la saison 2018/2019, a révélé la direction locale des Services  agricoles (DSA).

"Les fruits seront récoltés sur une superficie de 1.430 ha avec un  rendement moyen prévisionnel de 360 qx/ha", a indiqué à l'APS, la chargée  de l'arboriculture à la DSA, Lathmas Mohamed Yahiaoui, qui a précisé que la  superficie totale du verger agrumicole de la wilaya s'étend sur 1 562 ha. Une augmentation du rendement moyen de la production d'agrumes est ainsi  prévue cette saison par rapport à la précédente (2017/2018) qui a  enregistré un rendement moyen de 356 qx/ha ayant permis la production 504 500 qx de fruits.  "La hausse prévisionnelle de la production est liée notamment à l'entrée  en production de nouvelles plantations", a expliqué Mme Mohamed Yahiaoui. La région agrumicole par excellence de la wilaya est Draa Ben  Khedda/Tadmai/Sidi Naamne, qui compte un verger de 645 ha, suit en deuxième  position Tizi-Ouzou avec 450 ha et en troisième position la commune  d'Irdjen avec 248 ha, a-t-elle précisé. S'agissant des variétés cultivées à Tizi-Ouzou, il s'agit principalement  de la Thomson, la clémentine, la Washington, la mandarine, qui sont des  variétés précoces et de la Hamline, la valencia-Late, la double-fine, sanguine, qui sont des variétés tardives, a ajouté la chargée de l'arboriculture. Elle tenue  en juillet dernier sur l’oléiculture, s’inscrit dans le cadre de la  stratégie de la DSA, de consacrer des journées d’étude à chaque filière  agricole, pour débattre des contraintes qui freinent leur développement aux  plans quantitatif et qualitatif, et y apporter des solutions qui seront  appliquées sur le terrain, a-t-il rappelé.

Nécessité du rajeunissement et de l'entretien des vergers d'agrumes pour augmenter la production 

Les participants à une journée technique sur  la filière agrumicole, organisée par la direction locale des services  agricoles, ont souligné, à Tizi-Ouzou, la nécessité du rajeunissement  et de l'entretien des vergers d'agrumes pour augmenter la production. Lors de cette rencontre abritée par l’Institut de technologie moyen  agricole spécialisé en agriculture de montagne (ITMAS), Mme Ouhachi Samia  du Centre national de contrôle et de certification des semences (CNCC) a  observé que 60% des vergers agrumicoles des wilayas productrices dont  Tizi-Ouzou, ont plus de 30 ans, d’où "l’urgence de régénérer plantations agrumicoles". Un constat confirmé par l’universitaire Haddad Nora doctorante à  l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou qui a présenté les résultats  d’un travail de terrain pour identifier les maladies d’agrumes au niveau de  la wilaya et leur impact sur le rendement. Elle a souligné que le  vieillissement des vergers, la pratique de techniques culturales inadéquates, les maladies sont les principaux éléments qui causent une  baisse du rendement au niveau local. Présentant les principaux insectes et ravageurs présents dans les champs  d’agrumes au niveau de la wilaya et qui sont principalement la mineuse des  agrumes et les cochenilles, Mme Haddad qui préconise de privilégier la  lutte biologique sur le traitement chimique, a conseillé le recours à la  lutte cultural mécanique par entre autre l’installation de pièges à  phéromones, le travail et le labour du sol pour tuer les insectes qui y  hibernent sous forme de pupes, et l’adaptation d’une taille adéquate  d’aération. Le recours au traitement chimique est conseillé dans le cas d’une infestation du verger a-t-elle déclaré, indiquant que certains ravageurs  tel que la cochenille à coque, développent des résistances contre ce type  de traitement ce qui nécessite la mise en place d’une lutte biologique qui  est efficace dans pareilles situations. Proposant quelques solutions pour améliorer le rendement des vergers  agrumicoles, Mme Ouchatchi (CNCC) a conseillé la pratique de la taille, le  recours à la fertilisation, et lutter contre les maladies et les ravageurs  qui peuvent affecter la récolte et la qualité du fruit et la mise en place  de nouvelles plantations (dans le cadre du rajeunissement des vergers) en  optant pour des plants certifiés. Pour sa part l’universitaire Arkoul Mouloud a présenté une sur les opportunités de transformation des produits et sous-produits  d’agrumes, pour notamment donner la possibilité aux agriculteurs d’avoir un  revenu supplément et réduire l’importation de certains produits tels que  les concentrés de jus. Entre autre exemple de sous-produits à valoriser M. Arkoul a parlé de la  production d’huiles essentielles d’agrumes à partir des fleurs de  bigaradier, de petits grains (fruits tombés avant maturité) ou de feuilles  d’orangers, entre autre. Une activité qui nécessite juste la mise en place  d’un distillateur pour extraire les huiles essentielles et obtenir par le  même procédé l’eau de fleur d’oranger. Ce même universitaire a indiqué qu’ "avant 1968 la région de Boufarik  était spécialisée dans la production d’huiles essentielles d’agrumes (huile  de fleurs dite de Néroli et approvisionnait les plus grands parfumeurs de  Paris" et l’eau de fleur d’oranger produite à Boufarik, faisait la  réputation de ces gâteaux tels que le Kalbelouz et la Zlabia. Le directeur local des services agricole Laïb Makhlouf a insisté sur rôle de chaque intervenant dans la filière (administration, instituts agriculteurs) pour la développer et l’améliorer, invitant chacun à  s’impliquer dans cette démarche participative pour booster la production  agricole. Cette journée technique sur les agrumes qui interviennent après.

APS