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Catégorie : Actualite

La capitalisation boursière globale de la Bourse d’Alger s’élève à 42,881 milliards de dinars au 31 décembre 2020. Comparativement à la même période de l’année 2019, la bourse d’Alger a perdu en une année 4,23% de sa capitalisation indique le rapport annuel publié par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob).

Cette décrue, explique la Cosob, est justifiée par la baisse des transactions sur le marché en raison de la pandémie et par la radiation du titre NCA Rouiba des cotations. Comparativement au produit intérieur brut (PIB), la capitalisation boursière représente un peu plus de 0,1% du PIB en 2020. « Ces chiffres renseignent sur la contribution insignifiante de la bourse d’Alger dans le financement de l’économie » souligne le rapport. Au 31 décembre de l’année dernière, la Cosob fait état de la cotation de quatre titres de capital et une ligne secondaire représentant un droit d’attribution sur le titre Alliance Assurances. Le titre NCA Rouiba a été radié des cotations le 26 juillet 2020. Selon le gendarme de la Bourse, le nombre et le volume des ordres présentés au marché « traduisent la chute des échanges sur le marché en 2020 par rapport à l’année 2019 ». La baisse du nombre d’ordres et du volume d’ordres présentés au marché en 2020 est due principalement aux mesures prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie limitant la circulation des personnes et impactant sur la transmission d’ordres au marché. Le nombre d’ordres et le volume d’ordres enregistrés durant les années précédentes sont dus, plutôt, au manque de liquidité sur le marché incitant les investisseurs à reformuler leurs ordres à plusieurs reprises avant leur exécution. Le rapport relève que les échanges sur le compartiment d’actions ont chuté, en 2020, de - 68,5% en une année. La valeur transigée a été divisée par trois au cours de cette période. « Les effets de la crise économique, due aux conséquences de la pandémie, se sont fait manifester d’une façon remarquable » constate le rapport. Le nombre de titres échangés sur le marché confirme la baisse de l’activité sur le marché secondaire après la reprise de l’année 2019. Ainsi, les échanges en volume ont été divisés par 2,88 fois en une année, soit une baisse de l’ordre de 64,8%. Le volume global des échanges en bourse en 2020, se chiffre à 87.796 titres contre 249.696 titres en 2019, soit une baisse de l’ordre de 64,83%. Les échanges en valeur se chiffrent à 78.458.464 dinars contre 248.990.023 dinars en 2019, soit une baisse de 68,48%.

Baisse du niveau d’activité globale

« La baisse du niveau d’activité globale s’explique, en partie, par les effets économiques de la pandémie, mais, principalement, à la léthargie et la faiblesse endémiques qui caractérisent la bourse d’Alger, en raison du manque de profondeur du marché et d’attractivité pour les entreprises et les investisseurs » explique-t-on. « Au fil des années, les chiffres annuels confirment le caractère marginal de l’activité de négociation pour propres compte par les opérations de contrepartie. Ce constat contraste avec la pratique internationale où les institutionnels occupent une place prépondérante dans les échanges sur le marché » relève la Cosob. Le nombre de comptes titre tenus, est relativement stable depuis plusieurs années. Il atteint en 2020, 21.478 comptes avec une augmentation de 30 comptes titre, seulement. « Statistiquement, Cela représente l’équivalent de cinq comptes titre pour 10.000 algériens, ce qui est un chiffre très insignifiant » indique-t-on. Les personnes physiques représentent plus de 97% de l’actionnariat des sociétés cotées. « Ces chiffres qui stagnent dénotent du manque d’attractivité de la bourse d’Alger qui a besoin d’un nouveau souffle par la mise en place d’un vaste programme d’introduction d’entreprises publiques et privés pour améliorer l’attractivité de la bourse et drainer l’épargne des ménages en faveur de la croissance et la transparence » souligne la Cosob. Cette dernière ajoute que « les chiffres annuels du portefeuille titre des actions cotées confirment le manque d’implication des TCC-banques de la place dans l’investissement en bourse ». Le rapport relève, également, que le marché n’a enregistré, en 2020, aucune opération ou émission de cession de valeurs mobilières sur le marché primaire. La COSOB a traité, en 2020, deux demandes d’introduction en bourse, il s’agit de deux) PME qui ont déposé officiellement des demandes de visa pour une levée de fonds par appel public à l’épargne suivie d’introduction en bourse. Les demandes d’introduction en bourse sur le marché PME, concernent deux sociétés activant dans le secteur agro-alimentaire, il s’agit des sociétés CASBAH spa et VIANDE DE LA VALLEE spa et qui envisagent de procéder à une levée de fonds dont les montants sont respectivement, de l’ordre de 600 et 440 millions de dinars. Durant l’année 2020, la Commission n’a délivré aucun visa pour l’émission des emprunts obligataires. De même aucune obligation n’a été admise à la cote officielle de la bourse d’Alger. Le rapport évoque la demande introduite par la société AOM Invest, PME déjà cotée en bourse - marché PME, sollicitant un visa pour une opération d’émission des titres participatifs selon les principes de la finance islamique (dont la rémunération est basée sur le rendement espéré) pour un montant de 2.5 milliards de dinars. Cette opération a reçu le visa de la COSOB sur la notice d’information provisoire le 01 juillet 2020, il s’agit de la première émission des titres participatifs sur le marché. Selon le président de la Cosob, « l’annonce, par le gouvernement d'un programme d'introduction en bourse notamment les deux banques publiques et les entreprises dépendant du secteur marchand de l’état est à même de transformer l’année 2021 en un axe de travail important de même que l'émission de titres participatifs qui reste un signal fort de modernisation et de diversification des sources de financement ».

A.S.