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Catégorie : Actualite

Les cours du pétrole brut ont fortement fluctué la semaine dernière sous l'influence de la réouverture du canal de Suez, bloqué depuis le 23 mars par l'échouement d'un porte-conteneurs et de la décision de l'OPEP+ d'augmenter sa production pour les trois prochains mois malgré un contexte encore incertain sur la reprise de la demande mondiale indique L’IFP Energies Nouvelles (Ifpen), dans son « tableau de bord », sur les marché pétroliers, publié, hier. 

En moyenne hebdomadaire, le Brent sur le marché à terme de Londres a gagné +1,1 dollars le baril (+1,8 %) pour atteindre 64,4 dollars le baril. « La décision de l’OPEP+ a finalement redonné confiance aux économistes interrogés par Bloomberg, le prix du Brent passant à 62,0 dollars le baril en 2021 et 2022 » constate l’institut de recherche français.  Alors que le marché pétrolier anticipait en début de semaine un maintien de la production de l'OPEP+, face aux incertitudes sur l'évolution de la demande mondiale de pétrole, les 23 pays membres ont finalement décidé lors de la réunion du 1er avril d'augmenter leur production de 350 000 barils par jours en mai et juin, et de 440 000 barils par jour en juillet. L'Arabie saoudite a également décidé de remettre progressivement sur le marché les volumes de brut qu'elle avait volontairement réduits en plus de ses quotas (1 million de barils par jours. Ainsi, la production du royaume devrait augmenter de +1,4 million de barils par jour (mb/j) sur la période de mai à juillet pour atteindre 9, 495 millions de barils par jour en juillet. La Russie devrait voir sa production augmenter de 114 000 barils par jour sur la même période pour atteindre également 9, 495 millions de barils par jour en juillet (hors condensats). « Plusieurs facteurs expliquent la décision de l'OPEP+ » souligne l’Ifpen. Cette dernière note que malgré une reprise mondiale post-COVID très inégale selon les pays et une troisième vague pandémique en Europe, l'accélération des campagnes de vaccination dans le monde laisse présager un rebond économique significatif cette année (le mois dernier, l'OCDE a relevé ses prévisions de croissance pour 2021 à 5,6 %, contre 4,2 % en décembre dernier). Dans les pays où les campagnes de vaccination se sont accélérées, les résultats sont déjà visibles. L'indice ISM manufacturier américain pour le mois de mars a atteint 64,7 contre 60,8 le mois précédent, son plus haut niveau depuis décembre 1983. En Chine, l'indice PMI manufacturier officiel a grimpé à 51,9 contre 50,6 en février, soit le treizième mois consécutif au-dessus du seuil de 50. En Europe, la croissance de l'activité manufacturière dans la zone euro s'est également accélérée en mars pour atteindre son plus haut niveau depuis près de 24 ans, avec un indice de 62,5. « Mais la reprise en Europe reste fragile et incertaine avec à la fois la mise en place de nouvelles mesures de confinement dans certains pays (France, Allemagne) et la levée progressive de mesures restrictives dans d'autres (réouverture programmée des magasins, pubs et restaurants non essentiels au Royaume-Uni à partir du 12 avril) » nuance l’institut français de recherche. La reprise de l'activité mondiale se reflète également dans les indices mesurant les déplacements en voiture, qui sont maintenant bien au-dessus des niveaux d'avant la crise aux États-Unis et en Asie (+36% aux États-Unis, +51% au Japon). De même, le trafic aérien mondial, qui avait été fortement impacté par la crise sanitaire, s'est nettement redressé ces dernières semaines, avec un indice global qui a pratiquement retrouvé les niveaux d'avant-crise, principalement sous l'impulsion des États-Unis, où le trafic aérien intérieur a retrouvé son niveau d’avant l’épidémie. L'autre facteur à l'origine de la décision de l'OPEP+ est plus stratégique et « pourrait viser principalement les producteurs de pétrole américains » ajoute l’Ifpen. Alors que la production américaine reste stable à 11,1 mb/j, la semaine dernière, le nombre de plateformes de forage en activité a augmenté de +13 unités pour atteindre 430, soit la plus forte hausse depuis janvier 2020, et l'indice Frac Spread Count a encore augmenté de +7 unités pour atteindre 207. Les deux indices sont maintenant revenus aux niveaux de l'année dernière. Le secteur renoue également avec les fusions-acquisitions avec le rachat la semaine dernière de DoublePoint Energy par Pioneer Natural Resources pour environ 6,4 milliards de dollars. « La décision de l'OPEP+ d'augmenter sa production pourrait ainsi permettre à l’organisation de contrôler la consolidation et la reprise du secteur pétrolier américain par le biais du prix du brut » estime m’institut français. Aux États-Unis, selon les données hebdomadaires de l'EIA, pour la semaine du 26 mars, les stocks de pétrole brut ont diminué de 876 000 barils pour atteindre 501,8 millions de barils, soit 4,5 % de plus que la moyenne quinquennale.

A.S.