Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, s'est dit favorable à un renforcement de la protection de la vie privée et de l'honneur des citoyens sur internet par l'édiction des "peines les plus lourdes" contre les individus enfreignant la loi, d'autant plus que le phénomène des atteintes à la vie privée "n'épargne personne et prend des proportions alarmantes".

" (...) en droit, la vie privée est circonscrite à trois éléments de la personnalité: le respect des comportements, de l'anonymat et de la vie relationnelle. Je suis favorable à un renforcement de leur protection par l'édiction des peines les plus lourdes, quels que soient le mobile ou le statut social de l'agresseur", a affirmé M. Belhimer dans une étude publiée par le quotidien Le Soir d'Algérie sous le titre "L'ambition de réforme". "La Toile algérienne est, malheureusement, depuis peu et pour l'essentiel, un immense réceptacle d'intox, de haine, d'invectives et d'insultes, de procès d'intention et de règlements de comptes. Cet espace d'expression ne semble tolérer aucun discernement, aucun échange, aucune médiation, aucun dialogue", a constaté le ministre de la Communication. Il s'agit là, a-t-il déploré, "d'atteintes à la liberté d'expression bien comprise, dans le strict et absolu respect de la vie privée, du droit à l'image, du secret de la correspondance, de l'honneur et de la dignité des citoyens". Pour le ministre de la Communication, "il ne pourrait être question de banalisation et de légitimation de la violence, sous quelque forme que ce soit, dans le débat public, où qu'il se déroule et quel que soit son enjeu", citant, dans ce cadre, la diffusion et la propagation de fausses informations portant atteinte à l'ordre et à la sécurité publics et les discours de haine. Evoquant, par ailleurs, les questions de transition de la presse vers le numérique et d'accès au marché de la publicité, M. Belhimer a constaté que "le droit n’a pas complètement suivi le mouvement du marché et un décalage est vite apparu entre la norme juridique et la réalité, celle d'un marché de la presse en ligne en évolution continue, parallèlement à l'effondrement de la presse papier". La loi organique n 12-05 du 12 janvier 2012 relative à l'information a été "vite dépassée" et le marché de la presse en ligne évolue à un "rythme plus rapide que nos moyens de réaction et d'adaptation", a-t-il indiqué, observant que la majorité des journaux en ligne sont hébergés à l'étranger, principalement en France, et "les raisons résident essentiellement dans la crise de confiance dans la fiabilité des mécanismes nationaux permettant l'accès au support internet, même si l'hébergement national est moins coûteux". Afin de rattraper la "transition subie", le ministre de la Communication a indiqué que l'accès à la publicité des entreprises publiques et administrations sera "conditionné par l'existence d’un site d'information électronique vivant", enregistré dans le domaine DZ.

R.N.