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Catégorie : Regions

Les habitants d’Imesdurar sont à pied d’œuvre depuis plusieurs semaines sur les hauteurs de Saharidj (Nord-est de Bouira) pour parachever une vaste opération de réhabilitation de leur village déserté durant les années 1990 et 2000 du fait du terrorisme et de la dégradation du cadre de vie.

En effet, la vie a repris progressivement son cours dans ce village montagneux, connu pour son glorieux passé révolutionnaire. Une dynamique particulière s’est emparée de ces lieux de haute montagne, où règne de l’ambiance née de la joie des retrouvailles entre amis, cousins et voisins venus pour participer à cette opération qui se poursuit pour l’extension et la réhabilitation des ruelles étroites du village ainsi que des sources d’eau.        "Cette louable initiative a débuté depuis des semaines. Les habitant du village Imesdurar sont venus de partout et en force pour apporter leur soutien afin de réhabiliter les ruelles, les sources ainsi que les routes dont l’objectif est d’améliorer le cadre de vie de la population", a expliqué à l’APS SlimaneTaleb, un des citoyens issus de cette localité. Pour ce faire, l’infatigable jeune Madjid Aggad, a réussi à mobiliser autour de lui d'autres hommes du village à l’image notamment de Banouh Baânou, Nouri Noureddine, Haddar Abdelkader et Bourrai Amar, pour mener à bien les travaux et les différentes actions de réaménagement. Sur place, les groupes de jeunes bénévoles se partagent les tâches pour poursuivre des opérations de désherbage, de nettoiement ainsi que d’éradication de toute gênante vieille construction pour étendre les ruelles et permettre l’accès des véhicules au centre du village. L'accès des véhicules au cœur du village était un épineux problème pour nous. Nous devons en finir avec. Donc nous sommes en train d’étendre les voies et les ruelles. Les travaux se poursuivent toujours comme vous les voyez", a expliqué Slimane. D’autres équipes de jeunes s’efforcent à parachever les travaux de rénovation des sources d’eau de "Thala Lhaq" et celle d'"Ameziav" afin de réalimenter les foyers en cette ressource vitale notamment avec l’approche de la période estivale. "Les travaux avancent bien, mais nous avons toujours besoin d’aide de nos concitoyens et habitants du village afin de réhabiliter cette localité montagneuse et touristique", a encore souligné Slimane. Pour le financement des travaux, les habitants d’Imesdurar organisent chaque vendredi des collectes de fonds afin de subvenir aux besoins de l’opération. Ils ont pu aussi obtenir le soutien de leurs proches établis à l’étranger, qui leur envoient régulièrement des sommes d’argent, selon Madjid Aggad.

 Le gaz de ville...plus qu'une nécessité              

Malgré la lourde tâche qui les attend, les villageois d'Imesdurar gardent l’espoir d’aller plus loin dans leurs actions afin de raccorder notamment leurs foyers au réseau du gaz naturel, dont un projet en ce sens avait déjà été inscrit par la direction de l'Energie et des Mines de la wilaya, "mais rien n’a été fait à ce jour", a expliqué le jeune Slimane. La population locale juge indispensable cette commodité (gaz), car les familles endurent le calvaire du froid hivernal et de la neige. "Le gaz est indispensable pour notre village. D’ailleurs, c’est l’absence de cette commodité, qui a fait fuir les gens auparavant pour chercher ailleurs des conditions de vie plus clémentes", a-t-il dit. Le manque de commodités de vie ainsi que le terrorisme et le climat d’insécurité qui y régnait à l’époque, ont poussé les habitants à quitter le village pour aller se réfugier ailleurs à Ahnif, M'Chedallah et à Saharidj. "Aujourd’hui, beaucoup de familles et paysans veulent y revenir et y vivre mais avec le minimum de commodité. La majorité des habitants sont des paysans qui veulent y retourner et faire de l’agriculteur de l’élevage et autres activités", a raconté Slimane. Ayant bénéficié au début de 2021 d’un projet de réhabilitation du réseau d'éclairage public, la localité enclavée d’Imesdurar manque d’un réseau d’AEP devant lui permettre de raccorder les foyers aux sources naturelles dont elle dispose. "La fameuse source noire du village alimente M'Chedallah, Aghbalou et Rafour, mais sans nous alimenter nous en l’absence de réseau", s'est plaint un groupe de jeunes de ce village considéré comme zone d’ombre. Contacté par l’APS, le chef de la Daira de M'Chedallah, Zitouni Lakhdar, a expliqué à ce propos que ses services et ceux de la municipalité de Saharidj d'où relève Imesdurar, ne ménageraient aucun effort pour prendre en charge ces opérations dès l’amélioration de la situation financière de la collectivité. "Nous avons pris en considération les doléances de la population. Nous avons pu réaliser quelques opérations, mais nous manquons d’argent pour réaliser d’autres notamment cette période de crise", a-t-il dit.

APS