AUX ÉTATS-UNIS, LA CONSOMMATION OU LA POLLUTION NE SONT PAS DES PRÉOCCUPATIONS : STELLANTIS SUPPRIME DES DISPOSITIFS DE SON MODÈLE PHARE

 Le Ram revient en force. En Amérique du Nord, le pick-up phare de Stellantis multiplie les versions démesurées, vues depuis nos yeux d’Européens. Pour le plus grand bonheur de la clientèle locale. Après les versions survitaminées, le pick-up évolue aussi dans ses versions classiques pour le millésime 2027. À contre-courant de l’automobile dans le reste du monde, le mastodonte abandonne l’hybridation et le Start & Stop. La consommation et la pollution ne semblent désormais plus être des préoccupations… En février dernier, Donald Trump abrogeait un texte de loi essentiel à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Décriée par les scientifiques et les défenseurs de l’environnement, cette décision a eu pour effet d’annuler immédiatement les normes sur les émissions des véhicules neufs. Il n’aura ensuite pas fallu longtemps à Ram pour en profiter. Le V8 Hemi fait son retour en force sous le capot des pick-up et plus question de le museler. Entre le monstrueux TRX et le tout aussi méchant Rumble Bee, embarquant lui aussi un bloc capable de délivrer 777 ch dans sa configuration la plus performante, l’heure n’est pas à l’écologie chez la marque américaine de Stellantis. Même les versions classiques suivent ce chemin : pour son millésime 2027, le Ram 1500 classique, le modèle le plus populaire de la gamme, abandonne sa micro-hybridation 48 V et le Stop & Start. Le système d’hybridation légère permet en théorie de réduire la consommation mixte jusqu’à 10 %. La réalité se situe plus souvent aux alentours de 5 %, suivant l’usage. Un alterno-démarreur récupère de l’énergie dans les phases de décélération et l’envoie à une petite batterie de 48 V. Lors d’un redémarrage, les rôles s’inversent. L’accumulateur renvoie le courant qu’il a stocké vers l’alternodémarreur, qui vient alors aider le moteur thermique. Ce couple supplémentaire permet de réduire l’effort du bloc conventionnel et donc de diminuer sa consommation. Cette technologie est parfois décriée pour la complexité qu’elle génère au regard du gain qu’elle permet de réaliser. Pour Ram, la suppression de ce système, remplacé par un simple alternateur traditionnel, est surtout le moyen de faire des économies sur chaque véhicule produit, tout en satisfaisant une partie de la clientèle hostile à ce type d’équipement. Le président des États-Unis qui lance une campagne contre un équipement automobile aussi banal que le Stop & Start ? Cela peut sembler absurde et pourtant, cela s’est bel et bien produit en février dernier. Dans un premier temps, la Maison-Blanche a supprimé le crédit d’impôt pour les marques équipant leurs véhicules de ce dispositif dans le pays. Ensuite, elle s’est lancée dans une campagne contre ce système, notamment sur les réseaux sociaux. Avec le slogan « On laisse dans la poussière le Stop & Start », une vidéo est venue critiquer le fait que cet équipement coupait la climatisation aux feux rouges. Sauf que la Toyota Prius de seconde génération dans laquelle suffoquent les occupantes n’est en réalité pas équipée d’un Stop & Start. Comble de l’ironie, cette vidéo générée par intelligence artificielle fait figurer une autre voiture dans laquelle sa conductrice reste parfaitement au frais grâce à la climatisation, qui reste en fonction grâce à l’absence de Stop & Start. Sauf que la voiture en question ressemble étrangement à une Supra Mk5 qui, elle, est en réalité équipée du dispositif.

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