BANQUE MONDIALE : LES PRÉVISIONS DE CROISSANCE ÉCONOMIQUE DE L’ALGÉRIE REVUES À LA HAUSSE

La Banque mondiale a revu à la hausse, dans ses dernières « Perspectives économiques mondiales », publiées jeudi, ses prévisions de croissance pour l’Algérie par rapport au mois de janvier. Du côté des exportateurs d’hydrocarbures non directement impliqués dans le conflit au Moyen-Orient, à savoir l’Algérie et la Libye, « les prévisions de croissance pour 2026 ont été revues à la hausse par rapport au mois de janvier, en raison principalement de la hausse des prix de l’énergie.

a montée des prix des hydrocarbures améliorera les soldes budgétaires et extérieurs en 2026, avant une détérioration attendue sur la période 2027-2028, à la suite du repli des cours », a souligné le rapport de la Banque mondiale. L’économie algérienne devait enregistrer une croissance de 3,7% cette année, soit une hausse de 0,2 point par rapport aux prévisions établies en janvier dernier (3,5 %). L’Algérie a fait preuve d’une forte résilience alors que le conflit au Moyen-Orient a eu des répercussions directes et sévères sur la région MoyenOrient et Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan. « Au-delà des pertes humaines, ses effets se traduisent par un ralentissement brutal de l’activité économique et une hausse des pressions inflationnistes, alimentées par la hausse des prix de l’énergie et des coûts de transport maritime », a constaté la Banque mondiale. « Si les accords de cessezle-feu ont par moments dissipé les craintes d’une nouvelle escalade, l’incertitude liée au conflit demeure élevée », a-t-elle estimé. Du côté des exportateurs d’hydrocarbures, le conflit a aggravé une activité économique déjà fragilisée en République islamique d’Iran, sous l’effet conjugué du renforcement des sanctions et de l’intensification des troubles sociaux. La restriction du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques ont fortement perturbé la production de pétrole et de gaz naturel dans d’autres pays exportateurs d’hydrocarbures, notamment l’Iraq et les États membres du Conseil de coopération du Golfe. Un certain nombre d’économies ont continué de faire face à des conditions financières tendues, accompagnées d’une activité hors hydrocarbures modérée. Hors prévisions pour la République islamique d’Iran, exclues en raison d’une incertitude exceptionnellement élevée, la croissance dans la région MoyenOrient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan devrait tomber à 1,6 % en 2026, contre 4 % en 2025, plombée par l’impact du conflit régional. Ce taux représente une dégradation de 2,7 points de pourcentage par rapport aux projections de janvier. « En supposant que les perturbations liées au conflit s’atténuent d’ici la fin de l’année, la croissance régionale devrait rebondir pour atteindre 4,5 % sur la période 2027–2028. Les perspectives restent néanmoins soumises à une incertitude significative ». Dans les pays exportateurs d’hydrocarbures du Moyen-Orient, la croissance devrait chuter à 0,3 % en 2026, une projection revue à la baisse de 4,3 points de pourcentage depuis janvier. Un ralentissement qui s’explique par les baisses substantielles de la production d’hydrocarbures, conjuguées aux perturbations dans les échanges commerciaux, les investissements étrangers et les services, notamment le tourisme et le secteur aérien. L’inflation devrait repartir à la hausse, tirée en partie par la hausse des prix des denrées alimentaires importées et des coûts de fret maritime. Les prix des hydrocarbures seront également plus élevés, mais les retombées budgétaires de cette hausse restent très incertaines, compte tenu des tensions croissantes sur les dépenses publiques dans plusieurs économies, notamment en matière de défense. L’ampleur des effets du conflit variera selon les économies, en fonction de l’étendue de leurs dommages, de leur degré d’exposition aux hostilités et de l’état de leurs marges de manœuvre politiques. Les fortes décélérations prévues en Iraq, au Koweït et au Qatar s’accompagneront d’une dégradation des soldes budgétaires et des comptes courants, imputable à la baisse des recettes tirées des hydrocarbures et, dans certains cas, à une augmentation des dépenses militaires. Le ralentissement devrait en revanche être modéré dans le Sultanat d’Oman, moins exposé au conflit en raison notamment de la localisation de ses principaux ports en dehors du détroit d’Ormuz. En Arabie saoudite, l’affaiblissement de la croissance devrait également être moins prononcé, le pays étant en mesure de réorienter une partie de ses exportations de pétrole via l’oléoduc EstOuest. En ce qui concerne les pays importateurs d’hydrocarbures, la croissance devrait également marquer le pas en 2026, sous l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures, des perturbations dans le transport maritime et le tourisme, ainsi que du fléchissement des envois de fonds.

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