Campagne électorale/Financement : Partis et indépendants, à chacun son procédé

Les formations politiques sont dans une véritable course contre la montre pour rafler le maximum de voix lors de la campagne électorale des législatives du 12 juin 2021, en fonction de leurs moyens et de leur capacité à obtenir une aide de l’Etat.

La gestion d’une campagne électorale exige des moyens financiers importants que doivent assurer les différentes formations politiques pour se conformer aux standards internationaux. De nombreuses formations ont financé leur campagne électorale qui prendra fin le 8 juin, de leurs propres moyens financiers, chacun selon ses capacités, pour couvrir les frais de la campagne, en rationnalisant les dépenses, au moment où certaines listes indépendantes attendent l’obtention d’une aide financière. Concernant les modalités de financement d’une campagne électorale, Safi Laarabi, membre du parti du Rassemblement national démocratique (RND) a précisé que le parti a adressé des correspondances à ses bases avant le début de la campagne pour s’adapter au nouveau régime électoral qui a fixé le financement par des dons ne dépassant pas 400.000 Da ou via les cotisations des parties ou des candidats, à condition que le montant ne dépasse pas 250 millions de centimes par candidat. Le parti a exigé, dans une instruction, que le montant ne dépasse pas 100 millions de centimes par candidat, avec l’ouverture de comptes bancaires et la désignation d’un commissaire aux comptes pour assurer le contrôle et le suivi. Le parti a fixé les rubriques de dépenses, à savoir les frais de transport, des affiches, la location des salles, les dépenses des observateurs en général, les permanences outre la désignation de bénévoles dans la plupart des permanences. Le montant de 100 millions de centimes par candidat n’était pas suffisant dans certaines grandes wilayas, a fait savoir M. Laarabi, indiquant que la sélection faite pour l’octroi des aides aux jeunes âgés de moins de 30 ans a quelque peu freiner l’action politique de cette catégorie au sein des partis. Pour sa part, Benbaïbeche Abdelhalim, candidat du parti El Fadjr El Djadid de la wilaya d’Alger a indiqué que la dépense financière durant la campagne repose essentiellement sur le montant des affiches, l’ouverture des permanences, le coût des observateurs et les chefs de centres outre les dépenses des meetings basées sur les capacités financières du parti et les cotisations des militants. Les moyens financiers de certains partis et listes indépendantes sont limités et ne permettent pas une gestion de la campagne à la hauteur des grands partis comptant sur les cotisations d’un grand nombre de militants, a-t-il expliqué, indiquant que son parti avait consacré plus de 20 millions de centimes, pouvant être revus à la hausse, au profit de chacun des candidats. Dans le même sens, Mme. Naima Saka, candidate à Alger dans la liste de l’Union des associations pour une Algérie juste, a affirmé que les candidats comptaient sur leurs propres moyens et œuvraient à obtenir des aides dans le cadre de la loi, même si “la liste est en mesure d’assurer ses propres dépenses”. Selon la candidate, le montant octroyé ne dépasse certes pas les 20 millions de centimes, mais les confrères recourent aux moyens de l’Etat (salles), aux moyens sociaux, aux relations personnelles avec les agences de publicité et au déplacement personnel pour économiser de l’argent. Comptant également sur les cotisations de ses militants, le Mouvement Ennahda, lui, a pu accorder un montant de 40 millions à chaque candidat, affirme le vice-président du Conseil de la Choura, Hafidh Baghdali, soutenant qu’il est impossible d’atteindre le montant légalement limité à 250 millions de centimes. M. Baghdali a jugé nécessaire e de permettre aux jeunes âgés de moins de 30 ans de bénéficier de l’aide financière décidée par l’Etat, et de réserver des espaces d’affichage auprès des entreprises de publication, des moyens de transports et des aires de détente, afin de pouvoir atteindre un maximum d’électeurs. Pour sa part, le directeur de la campagne électoral de la liste El-Hisn El-Matine, Yacine Marzouki a indiqué que la majorité des listes indépendantes comptait sur leurs propres moyens, faisant savoir que sa liste avait engagé les procédures administratives nécessaires pour déposer les dossiers des candidats ayant rempli les conditions requises. La rationalisation des dépenses et la limitation des aides n’entameront pas la campagne, d’autant plus que les candidats exploitent les salles de l’Etat et misent sur l’action de proximité pour attirer les citoyens, a-t-il confié.

Les dépenses financières de la campagne électorale en dessous des standards internationaux

Pour consulter l’avis des experts, l’APS a pris contact avec l’expert en finances et économie, Nabil Djemaa, lequel estime que “les dépenses financières prévues pour cette campagne électorale sont très faibles par rapport aux standards internationaux”, soit environ 5% des critères. Faire connaître un parti politique ou une liste indépendante, c’est réserver un montant d’au moins un (1) milliard de centimes, a-t-il fait ressortir, expliquant que le calcul des dépenses s’effectue sur la base de la qualité des programmes, le volume des meetings et les catégories ciblées. “Les formations politiques doivent établir un devis estimatif des dépenses, un programme des meetings et des moyens possibles, en vue de la promotion de la campagne”, selon M. Djemaa qui a fait savoir que le financement de la campagne électorale comporte l’affectation des coûts de marketing politique de la formation concernée, en sept (7) aspects: économiques, statistiques, commerciaux, financiers, culturels, us et coutumes. Selon M. Djemaa, il est préférable d’utiliser la facturation dans la clarification des dépenses de la campagne électorale, ce qui rend l’opération légale d’un côté et aide les candidats à dépenser mieux dans la campagne électorale. Le même expert affirme que le recours par les différentes formations aux réseaux sociaux en 1e degré, a fait qu’elles ignorent les autres domaines de dépense dans la campagne et ne font pas attention à l’importance des opérations de statistiques quant à savoir leur acceptation par les citoyens d’une manière approximative, en sus de l’absence des colloques, des conférences et des meetings populaires dans les places publiques et les grandes promenades dans la campagne. Pour M. Djemaa,la campagne électorale doit étudier tous les moyens susceptibles d’attirer les citoyens dans les places et lieux publics, les salles de conférences et les instituts, l’affectation de montants importants aux opérations de solidarité avec les catégories vulnérables en vue de se rapprocher plus du citoyen, en sus de campagnes de sensibilisation et d’orientation, en vue de le sensibiliser sur l’importance des élections et le sens de l’acte électoral, tout en exploitant les moyens de transport public et privé pour les besoins du contenu publicitaire. Selon le même expert, le citoyen peut être attiré via des leçons de prédication religieuse, ou des fêtes ou rencontres de solidarité avec des catégories données de citoyens, à l’instar des personnes aux besoins spécifiques, ou des rencontres de volontariat et de sensibilisation à l’épidémie, ou donner des prestations générales aux citoyens, à savoir des moyens de stérilisation et d’hygiène dans les lieux publics, distribution de tablettes électroniques qui comportent des programmes d’une liste ou d’un mouvement ou d’un parti donné, car ce sont, selon l’intervenant, des moyens importants pour attirer le citoyen et lui fournir l’explication ample autour de l’opération électoral en tout. M. Djemâa appelle à chercher les moyens légaux possibles en recourant au régime de qualifications à l’intérieur des partis, avec des listes à éléments plus ou moins aptes à être accessibles au citoyen et avec des coûts plus recouvrables financièrement. A rappeler que l’ordonnance n 21-01 du 10 mars 2021 portant Loi organique relative au régime électoral, stipule dans le chapitre relatif au financement de la campagne électorale des législatives qu’elle est financée de la contribution des partis politiques à travers des cotisations de leurs membres et des revenus liés à l’activité du parti, de l’apport personnel du candidat, des dons en numéraire ou en nature provenant des citoyens personnes physiques, des aides éventuelles que peut accorder l’Etat aux jeunes candidats dans les listes indépendantes, du remboursement d’une partie des dépenses de campagne que peut accorder l’Etat. La loi interdit à tout candidat à une élection, de recevoir d’une manière directe ou indirecte, des dons en espèces, en nature ou toute autre contribution, quelle qu’en soit la forme, provenant d’un Etat étranger ou d’une personne physique ou morale de nationalité étrangère.

T.A.

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