lors que le litre de gazole dépasse régulièrement les 2,20 €, le diesel, devenu fiscalement indéfendable en entreprise, n’est a priori plus aussi attirant qu’il le fut. Il suffit pourtant d’y regoûter pour rechuter… La Sainte Trinité automobile, cela vous parle forcément. Mais si, vous savez, c’est ce trio à la fois récurrent et interchangeable de supercars élevées au rang de quasi divinités ; les Ferrari Enzo-Porsche Carrera GT-Mercedes SLR des années 2000, les McLaren P1Porsche 918 Spyder-Ferrari LaFerrari de la décennie suivante… Et bien sûr aujourd’hui, les BMW 520dMercedes E220 d-Audi A6 TDI 204. Non ? Si vous doutez de la légitimité de ce dernier tiercé, pour tout vous dire, sachez que c’est aussi notre cas. Non pas à cause d’un hypothétique manque d’aura ; demandez à ceux qui sillonnent le pays en large, en long et en travers à l’année, l’un de ces diesels leur donne certainement plus de papillons dans le ventre qu’une F40. Mais plutôt parce que nous peinons à autant nous emballer pour l’Audi que pour ses deux compatriotes et rivales. La routière aux anneaux, un ton en-dessous, vraiment ? C’est plus compliqué que ça. Après 1 900 km à son volant entre l’Ile-deFrance et les Pyrénées Orientales, l’A6 apparaît au moins… différente. Comme la Série 5 l’est de la Classe E d’ailleurs, et réciproquement. C’est l’un des enseignements de ce triptyque d’essais de grands breaks premium aux 4cylindres “mazoutés” ; ce n’est évidemment pas le jour et la nuit, mais en dépit de leurs similitudes techniques indiscutables, tous trois n’affichent pas tout à fait le même caractère. Et le représentant d’Ingolstadt est celui qui filtre le moins les signaux en provenance de la mécanique et du bitume. Ce qui peut-être perçu comme un désavantage de la part d’une telle machine qui se destine aux longs voyages. Le calme ambiant sur autoroute ne donne pas la sensation d’égaler le silence d’une Classe E à grande vitesse, bien aidée par ses deux rapports de boîte supplémentaires. Et la suspension ne se montre pas aussi souple, voire ouatée que celle dont bénéficiait en option “notre” Série 5 Touring malgré la présence, facultative ici aussi, du système pneumatique piloté. Cet exemplaire en finition S line paie sans doute le prix d’un autre supplément, à savoir sa monte de grandes jantes de 21”… Mais cette moindre distance avec le monde extérieur sera en revanche appréciée par tous ceux qui préfèrent conduire en ayant le sentiment de garder les roues sur terre plutôt que de survoler la route. Dans la même veine, la direction est celle parmi les trois éprouvées à offrir le ressenti le plus naturel. Ou disons le moins artificiel. D’une plus grande transparence, l’Audi rassure par son comportement plus alerte et prévisible quand ça tourne fort. Alternative à la simple traction, la transmission intégrale quattro élimine tout questionnement à propos de la motricité lors des relances, a fortiori en sortie d’épingle, et les roues arrières directrices proposées en sus facilitent grandement le maniement de ce vaisseau de 5 mètres de long ou presque. A l’ère de l’électrification, l’A6 offre sinon cette même joie de dévorer sereinement les kilomètres à bon train que ses consœurs. Fort de 204 ch et 400 Nm, le 2.0 TDI garde son souffle et déroule avec fluidité son effort quel que soit le relief. Mais moins longtemps. C’est effectivement là que l’Audi marque le pas. Sa sobriété nous a nettement moins impressionné que celle de ses deux homologues de Stuttgart et Munich. Malgré les 60 litres de carburant embarqués, impossible d’autant s’approcher du cap (certes plus symbolique qu’autre chose) des 1 000 km d’autonomie lors de ce périple express. De cylindrée équivalente, tout aussi micro-hybridé en 48 V et associé à une boîte robotisée S tronic présumée moins énergivore que ses homologues automatiques à convertisseur, mais aussi pénalisé par une centaine de kilos de plus à tracter, le bloc du groupe VW aura réclamé un bon demi-litre de carburant de plus que les mécaniques de chez Mercedes et BMW. En sachant que la 520d essayée fin 2024 l’était aussi dans sa version quatre roues motrices xDrive. Les 7,6 l/100 km de moyenne affichés à l’ordinateur de bord n’ont pour autant rien de révoltant dans l’absolu. Mais avouons que notre moindre enthousiasme est aussi la conséquence de basses questions logistiques. Hasard du calendrier, le nôtre en l’occurrence, l’A6 nous passe entre les mains la dernière, près de deux ans après ses concurrentes directes. Or entretemps, le prix du gazole a plus que flambé. A près de 2,20 € le litre en moyenne, la moindre surconsommation se paie cash. Impossible également de passer sous silence la fiscalité applicable aux flottes et aux sociétés qui ne cesse de se durcir à l’égard du diesel face aux motorisations électrifiées. Bref, cette Audi souffre bien moins en 2026 d’une frugalité presque quelconque que d’un contexte hostile. Dommage, son mode de carburation reste d’un confort incomparable à l’usage.

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