FAUT-IL CRAQUER POUR LE SUV ÉLECTRIQUE DÉVELOPPÉ AVEC TOYOTA ?

près une période très difficile et une gamme qui s’est réduite à peau de chagrin ces dernières années en France, Subaru revient aujourd’hui sur le devant de la scène au travers d’une gamme électrique codéveloppée avec le géant Toyota. L’Uncharted est l’une des dernières nouveautés de la marque, qui espère avec lui tenir enfin son nouvel instrument de conquête. Nous avons pu l’essayer entre Reims et Paris, le temps de constater ses forces et ses faiblesses et de déterminer s’il est prometteur pour le constructeur japonais. Si je vous dis Uncharted et que vous me répondez Nathan Drake, alors vous et moi avons pour référence commune une super série de jeux vidéo d’aventure sur Playstation. Mais ce mot anglais se traduisant par “inexploré” évoque plutôt, dans le cas de la Subaru qui nous intéresse aujourd’hui, la volonté d’aller chercher un nouveau marché. Avec la chasse toujours plus implacable au moindre gramme de CO2 dans l’Hexagone, la gamme Subaru a en effet vu ses modèles disparaître un à un, ne laissant que le Solterra au catalogue. Ce dernier, qui est resté très confidentiel chez nous, est le premier modèle électrique qui a été codéveloppé avec Toyota (son pendant est le bZ4X) et il est désormais rejoint par l’E-Outback (équivalent au Toyota bZ4X Touring), ainsi que par l’Uncharted qui nous intéresse aujourd’hui, dont l’homologue chez Toyota est le C-HR+. Dans cette alliance, Toyota a assuré la partie chaîne de traction et électronique embarquée ainsi qu’infodivertissement, tandis que Subaru a apporté son savoir-faire en matière de châssis, liaisons au sol et transmission. S’ils veulent tous les deux convaincre, il faut forcément que le C-HR+ et l’Uncharted se démarquent. Ils partagent une silhouette identique de SUV coupé mais c’est à peu près tout pour l’extérieur. Subaru a fait le choix de mettre en avant son ADN robuste et baroudeur, avec un pare-chocs proéminent et du noir omniprésent en partie basse, ainsi qu’une signature lumineuse à double étage. Notez que le bloc phare est déporté en dessous de l’éclairage diurne et fondu dans une pièce noir laqué. Les jantes vont de 18 pouces sur les versions 2 roues motrices à 20 pouces sur la 4 roues motrices et l’arrière reprend la même signature lumineuse que l’avant. Les plus nostalgiques des années de gloire de Subaru en rallye pourront opter en option pour un pack ST-E. Ce dernier comprend différents stickers pour habiller un peu la carrosserie mais surtout des jantes peintes en or. Le plus intéressant ? Ces jantes viennent en plus de la monte d’origine, sans la remplacer ! Pratique pour se faire un set de roues été et un set pour l’hiver. Les dimensions du Subaru Uncharted : Longueur : 4,54 m Largeur sans rétroviseurs : 1,87 m Hauteur : 1,63 m Empattement : 2,75 m L’habitacle est peut-être ce qu’il y a de plus commun entre le Toyota CHR+ et le Subaru Uncharted. Sombre et fait de plastique, ce n’est pas non plus le point le plus fantaisiste du japonais, mais il a le mérite de se montrer fonctionnel. Surtout, l’équipement de base est assez fourni puisqu’on retrouve dès la première version la climatisation auto bi-zone, la caméra de recul, l’écran de 14 pouces avec CarPlay et Android Auto sans-fil, les sièges avant chauffants… Le Subaru Uncharted dispose d’un empattement de 2,75 m, assez pour permettre à 4 adultes de se sentir à l’aise à bord. La place aux jambes ne sera problématique que pour les très grands gabarits au second rang, tandis que la garde au toit est correcte. Notez que les deux versions supérieures peuvent bénéficier d’un toit vitré pour amener de la lumière dans l’habitacle (un vrai plus étant donné l’univers autrement très sombre !), mais que ce dernier ne permet pas de gagner en hauteur puisqu’il s’arrête avant les appuie-têtes arrière. A l’avant comme à l’arrière, les sièges moelleux (mais qui manquent de maintient) invitent au voyage. Il faut toutefois relever qu’à l’arrière, la hauteur entre le plancher et l’assise est juste suffisante pour pouvoir reposer ses cuisses. Tandis qu’à l’avant, on est assis un peu haut et il faut composer avec un combiné d’instrumentation fixe, loin du volant, qui pourra engendrer le même problème qu’avec l’icockpit de Peugeot : certains trouveront très vite leurs marques, d’autres pourront pester que le volant cache une partie des compteurs. Il faut l’essayer pour se faire son avis ! Subaru (et donc, Toyota) a fait le choix de conserver une bonne part de commandes physiques, qu’elles soient cliquables ou rotatives, dans l’habitacle. C’est malin car on s’y fait vite et l’ergonomie générale est facile à appréhender. Le volant dispose de beaucoup de boutons mais le tout est agencé assez intelligemment pour qu’on n’y perde pas son latin, tandis que les menus du système d’exploitation pour le multimédia sont simples et assez peu nombreux. Si trois versions sont disponibles (voir plus bas), nous avons concentré nos efforts sur la proposition intermédiaire, qui devrait concentrer le gros des ventes. Celle-ci reste une simple traction mais profite de la grande batterie de 77 kWh, c’est donc celle des trois qui peut aller le plus loin entre deux charges. Avec 221 ch et 268 Nm de couple, elle profite déjà de performances tout à fait acceptables, avec notamment un 0 à 100 km/h annoncé en 7,3 s. Les relances sont agréables et l’Uncharted se fond dans le trafic avec aisance. Notez que si vous souhaitez bénéficier de quatre roues motrices avec l’ajout d’un deuxième moteur électrique sur le train arrière, alors il faut en passer par la version la plus haute de l’Uncharted, plus onéreuse que les deux autres disponibles au catalogue. Mais en l’état, l’Uncharted 2Xperience nous semble être la version la plus recommandable pour la plupart des automobilistes. Côté châssis, la suspension passive propose un bon compromis entre confort et dynamisme, sans jamais exceller d’un côté ou de l’autre. On note malheureusement qu’elle a tendance à pomper quand la route devient bosselée, surtout au niveau du train arrière, ce qui peut engendrer des mouvements verticaux un peu pénibles dans l’habitacle. Pas de quoi rendre l’auto dangereuse ou infréquentable, mais on aurait aimé que ces oscillations soient un peu mieux freinées ! La direction est pour sa part suffisamment consistante, bien qu’il ne faille pas compter sur beaucoup de remontées d’informations. Pour la version 2XPerience de notre essai, Subaru annonce jusqu’à 588 km en cycle mixte selon la norme d’homologation WLTP. Un chiffre intéressant et qui ne semble pas si éloigné de la réalité puisque sur environ 400 km nous avons relevé 15,2 kWh/100 km au tableau de bord. Mais si ce genre de valeurs communiquées par la voiture est souvent un peu optimiste, l’efficience semble bien au rendez-vous pour le japonais. On peut gérer la régénération au freinage sur 4 niveaux (dont une roue libre) grâce aux palettes derrière le volant, mais l’Uncharted ne va jamais jusqu’à l’arrêt complet. La recharge est souvent le point qui cristallise le débat autour des véhicules électriques et Subaru a fait un choix pour le moins conservateur. La puissance maxi en DC est en effet limitée à 150 kW, pour un 10 à 80 % annoncé en 28 minutes, ce qui est correct mais loin des meilleurs de la catégorie. La marque se défend par la volonté de garantir un plus grand nombre de cycles de charge sur la durée de vie de la voiture, en perdant le moins de capacité batterie possible au fil des ans. Un préconditionneur est bien évidemment embarqué pour permettre des charges rapides même par des températures négatives allant jusqu’à -10° C. Bon point pour le chargeur embarqué AC qui plafonne pour sa part à 22 kW de série, ce qui est rarement le cas à ce niveau de gamme. La révolution n’est pas de mise avec l’Uncharted, du moins du côté des prestations qui sont dans la bonne moyenne de la catégorie. En revanche, c’est un vrai tournant pour Subaru qui tient peut-être son instrument de conquête avec un voiture dont les tarifs sont intelligemment placés vu les équipements proposés et le gabarit. Et si son look sera un élément décisif dans le choix de certains clients, d’autres seront plus sensibles à la garantie. Au-delà des 3 ans standards offerts par le constructeur, l’Uncharted (comme toutes les autres Subaru) peut être garanti jusqu’à 10 ans ou 200 000 kilomètres, sous réserve d’un entretien annuel dans le réseau agréé de la marque. De quoi retrouver le même succès que dans les années 90 et 2000 ? Difficile à dire, mais la marque aux étoiles n’a définitivement pas dit son dernier mot !

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