L’Algérie se positionne comme un partenaire stratégique pour les investisseurs européens, et en particulier allemands, dans le domaine des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert et des applications Power-to-X.
a proximité géographique avec l’Europe, les excellentes ressources solaires et éoliennes, les faibles prix de l’énergie ainsi que la possibilité de raccordement au projet SoutH2 Corridor créent un environnement concurrentiel unique. C’est du mois ce que relève « le guide d’investissement dans l’hydrogène vert et les applications Power to-X (Pt-X) en Algérie », publié par l’organisme allemand, la Deutsche Gesellschaft für I n t e r n a t i o n a l e Zusammenarbeit (GIZ) GmbH », pour le compte du Ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie. Le document, selon la chambre algéro-allemande d’industrie et de commerce, « constitue un véritable guide pratique à destination des investisseurs, dirigeants et experts souhaitant concrétiser des projets industriels et énergétiques d’avenir en Algérie ». Le guide rappelle qu’en mars 2023, le gouvernement algérien a adopté une stratégie pour développer la production d’hydrogène vert. Il indique que le groupe Sonatrach entend développer le secteur de l’hydrogène conjointement avec des partenaires et investisseurs étrangers. « Les objectifs à court terme portent sur la mise en place de plusieurs installations pilotes d’électrolyseurs entre 2 et 4 MW et d’une installation de référence de 50 MW (avec le soutien de la KfW) d’ici 2030. Les installations pilotes et de référence prévoient chacune des applications Pt-X (eméthanol,e-kérosene et ammoniac vert) », lit-on dans le document. Ce dernier affirme, par ailleurs que l’élaboration d’un cadre juridique propre à la production et au transport d’hydrogène vert et de ses dérivés est actuellement en cours au sein du ministère. Selon le guide, « certaines entreprises allemandes examinent en outre actuellement les conditions de la mise en place d’une fabrication d’électrolyseurs sur le sol algérien ». À long terme, fait remarquer le guide, « la production d’hydrogène vert doit atteindre, sur la période 2030 à 2040, un ordre de grandeur de 40 TWh ( ≈ 1,25 million de tonnes d’H ) ». Alternativement, le chiffre de 10 % des besoins européens est mentionnée. La plus grande partie devrait être acheminée vers l’Europe via la conduite du SoutH2 Corridor, à travers la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. « Pour l’utilisation de l’hydrogène dans sa propre industrie, il est prévu de développer des capacités de production allant jusqu’à 10 TWh/a d’hydrogène bleu (reformage du gaz naturel et stockage du CO dans des structures souterraines) », soutient-on. Selon le guide, « grâce à la possibilité de livrer de l’hydrogène vert vers l’Europe par le raccordement au SoutH2 Corridor, l’Algérie bénéficie d’un avantage tout à fait déterminant en matière de coûts de transport par rapport aux autres pays producteurs d’hydrogène ». Comme l’hydrogène gazeux est très coûteux à transporter, sans l’utilisation des pipelines, « dans d’autres pays producteurs plus éloignés il doit, d’abord, être converti en ammoniac ou en méthanol, ce qui implique déjà d’accepter des pertes de conversion », expliquent les rédacteurs du guide. Néanmoins, pour les premières installations pilotes et de référence, la production existante d’ammoniac et de méthanol doit être alimentée en hydrogène vert, afin de pouvoir commercialiser des dérivés vert. Dans le complexe industriel d’Arzew jusqu’à 15.000 t/a d’ammoniac pourraient être produites avec de l’hydrogène vert. « A l’aéroport d’Alger, une installation pilote de production d’e-SAF (carburant d’aviation durable) doit être mise en place », font savoir les rédacteurs du guide. En exploitant les sites les plus favorables, 18 millions de t/an d’hydrogène peuvent être produites à un coût complet compris entre 2,5 à 3,0 $/kg. Une extension des sites de production à d’autres zones, moins ensoleillées et moins ventées ou impliquant le franchissement de plus grandes distances, ouvre un potentiel de 151 millions de t/an à un coût complet compris entre 3,5 et 4,0 USD/kg H. Evoquant le développement de la production d’électricité renouvelable, le guide indique que la Sonelgaz, en tant qu’entreprise publique de fourniture d’électricité et de gaz, exploitant des centrales et gestionnaire de réseau, a mené des appels d’offres internationaux pour le développement de la production d’électricité solaire. Au total, 3.200 MW ont été attribués sous forme d’EPC (Ingénierie, Approvisionnement et Construction). La construction a désormais commencé. « Jusqu’à présent, 400 MW ont déjà été raccordés au réseau, ce qui correspond à plus de 1 GW de capacité installée d’énergies renouvelables en Algérie au 1er semestre 2026 », souligne le guide. « La planification prévoit un développement à 15 000 MW de capacité solaire installée d’ici 2035. Ce développement ne tient pas encore compte de la production d’hydrogène au moyen d’électricité renouvelable. La Sonatrach prévoit d’augmenter la demande d’électricité renouvelable pour la production d’hydrogène via des centrales solaires et éoliennes : 30 GW de centrales de production d’énergie renouvelable (photovoltaïque et éolien) fourniront en électricité un électrolyseur de 12 GW », ajoute le guide. Ce dernier rappelle, par ailleurs, qu’à l’occasion de la conférence internationale du pétrole et du gaz NAPEC à Oran en octobre 2024, deux protocoles d’accord ont été signés avec les sociétés Sonatrach et Sonelgaz. D’une part, l’entreprise espagnole CEPSA envisageait la possibilité de mettre en place une production intégrée d’hydrogène (solaire, éolien, électrolyse) avec une capacité installée d’électrolyse de 200 MW ; d’autre part, les entreprises VNG (DEU), SNAM (ITA), Seacorridor (ITA) et Verbund (AUT) ont signé la préparation d’études complémentaires sur la production d’hydrogène vert pour alimenter le pipeline du corridor South2.3 Ce premier accord a évolué en ALTEH2A (Alliance de l’Hydrogène Algérie-Europe) en 2025, soutenue par VNG (GER), SNAM (ITA), Seacorridor (ITA), VERBUND (AUT). L’objectif de l’alliance est d’examiner et d’évaluer la faisabilité technique et économique de la production à grande échelle d’hydrogène vert en Algérie. Le document évoque, aussi, la problématique du financement de l’hydrogène en Algérie et la question débouchés pour l’hydrogène vert gazeux, l’ammoniac et le méthanol à long terme. Le guide estime que « la dynamique croissante de la coopération économique et énergétique Algéro-Allemande, illustrée notamment par le Forum économique AlgéroAllemand tenu à Berlin le 17 juillet 2026 et la signature de nombreux accords et mémorandums d’entente, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’hydrogène vert, témoigne d’un engagement commun en faveur de partenariats industriels durables et ouvre de nouvelles perspectives concrètes pour les entreprises allemandes souhaitant investir dans le développement du Pt-X et de l’hydrogène vert en Algérie ».

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