La nouvelle ID. Polo marque une volte-face de Volkswagen dans sa manière de concevoir ses modèles électriques. A l’originalité de la famille “ID” des débuts, la nouvelle venue préfère revenir à la recette traditionnelle de la marque. Non seulement c’est rassurant, mais à se montrer facile à vivre, pratique et confortable, cette inédite ID. Polo fait ce qu’on attend d’une VW avec brio. Reste que si sa variante à petite batterie 37 kWh s’affiche à bon prix, c’est moins le cas de “notre” 52 kWh à l’essai. Elle vous fait penser à une petite Golf vue de l’arrière, cette nouvelle ID. Polo ? C’est tout à fait normal. Car la citadine électrique de Volkswagen engage un retour aux sources, aussi bien côté design qu’aménagement à bord. De fait, à rejouer la partition du style classique chère à la marque et à sa clientèle, la petite VW semble presque déjà faire partie du paysage dans cette version “bleu céleste”. Elle ne suscite pas le même enthousiasme qu’une Renault 5 – à qui elle entend pourtant chiper des clients mais cela ne l’empêche pas de se faire remarquer. Et de convaincre d’emblée par ses prestations en ville, où cette ID. Polo s’avère comme un poisson dans l’eau. Visibilité convenable vers l’avant, position de conduite soignée, bloc électrique réactif et freinage facile à doser, il y a tout ce qu’il faut pour affronter la cité en toute décontraction. Aucun doute, cette nouvelle ID a vraiment tout… d’une Polo. A savoir, depuis sa première génération en 1975, une petite berline pragmatique jusqu’au bout du capot – l’ID. Polo ne remplaçant pas la Polo thermique, qui continue son petit bonhomme de chemin au moins jusqu’en 2030. Il faut dire qu’après une première génération de 100% électriques qui prétendaient réinventer la roue – et accessoirement aider à faire oublier le “dieselgate” de 2015 – VW a bien entendu vos critiques comme les nôtres. Un virage à 180% en forme de mea-culpa que l’on ressent à tous les niveaux, l’ID. Polo renouant avec l’ADN de la marque. En s’installant à bord, derrière un aménagement convenu, on ressent d’emblée une rassurante impression de qualité. Une sensation que la Volkswagen prodigue sans faire appel à de (chers) plastiques moussés, mais grâce à une large utilisation de tissus, de la planche de bord aux contreportes. Voilà qui flatte l’œil tout en réchauffant l’habitacle. On note aussi que la marque abandonne le laqué noir pour un revêtement mat bien moins salissant et fragile sur la console entre les sièges. Ce bon sens on le retrouve dans les commandes. Comme dans la Polo thermique, cette ID propose, sur l’accoudoir de la porte conducteur, une platine offrant quatre poussoirs pour les vitres électriques et de quoi régler les rétros d’un geste. Ici aussi une rangée de touches est dédiée à la clim’ et des vrais boutons occupent les branches du volant. Quant à l’écran central de 13 pouces de l’ID. Polo (contre 9,2 pouces maxi sur la Polo), il se révèle bien plus pratique à utiliser. La possibilité de rajouter ses propres raccourcis en haut est un bonheur pour accéder facilement aux aides à la conduite. Et pour les nostalgiques des VW d’avant, les ingénieurs ont planché sur des affichages “rétro”. Avec des compteurs à l’ancienne pour l’instrumentation et, au centre, des gadgets au look vintage, comme un vieux tuner si on écoute la radio. Ce qui est tout à fait actuel, en revanche, c’est le bon rapport dimensions/habitabilité que présente la petite VW. Elle mesure 4,05 m de long (2 cm de moins qu’une thermique), 1,82 m de large (+ 7 cm), 1,53 m de haut (+ 8 cm) pour 2,60 m d’empattement (+ 4 cm). Il faudra, plus tard, sortir le mètre-ruban pour savoir si l’ID. Polo est aussi spacieuse que sa sœur. Toutefois on note déjà qu’elle accueille convenablement deux adultes à l’arrière, contrairement à une Renault 5. En outre, à reposer sur la nouvelle plateforme MEB+ à traction avant de VW, l’Allemande impressionne par son volume de coffre, annoncé à 441 l grâce au grand bac disponible sous le plancher. Ce dernier, ici occupé en partie par le caisson de basse du système audio Harman Kardon optionnel (720 €), compense largement l’absence d’un espace de rangement sous le capot avant qu’on trouve souvent dans les voitures à batterie. En face, une Renault 5 fait grise mine avec ses 326 l et même la Renault 4 ne fait pas mieux (420 l). Ce sens de l’accueil pourrait aider une petite familiale à préférer une ID. Polo à son pendant thermique, d’autant que Volkswagen ne s’est pas raté sur ses qualités routières. Comme la concurrence, elle est proposée avec deux batteries, une petite de 37 kWh (net), en chimie LFP, et une plus conséquente de 52 kWh, en NMC cette fois. Des capacités proches de ce que propose Renault sur R5/R4 (40 et 52 kWh pour l’instant), avec toutefois du mieux côté autonomie : “notre” ID. Polo 52 kWh revendique une allonge maxi de 453 km sur le gentil cycle WLTP, contre 409 km à une Renault 4 (52 kWh). Mais, cela ne suffit pas à faire de l’Allemande une routière émérite, d’autant qu’entre deux courtes étapes d’autoroute, elle réclamera au mieux 24 mn pour remonter sa “pile” de 10 à 80% sur un chargeur rapide. Bref, comme la concurrence, l’ID. Polo est calibrée pour arpenter les villes et les nationales, usage où elle est parfaitement à son aise. D’abord, parce la VW soigne le confort de ses occupants, grâce à une insonorisation soignée et des suspensions progressives. Avec les roues de 19 pouces optionnelles (880 €), cette ID filtre mieux les défauts de la route en ville qu’une Renault 5. Sachant que les plus exigeants pourront, plus tard, opter pour l’amortissement piloté DCC. A ces bonnes manières, s’ajoutent un châssis à la VW, empreint de facilité et d’équilibre. Bien installé au volant, même si on déplore l’absence d’un réglage d’appui lombaire, on profite d’un train avant accrocheur à défaut d’être aussi incisif que celui d’une Renault 5, qui reste plus amusante à conduire. Mais côté performances, l’Allemande mène la danse, avec pas moins de 211 ch dans cette variante 52 kWh, contre 150 ch à la française. Cela ne suffit pas à en faire une sportive, mais les dépassements ne sont qu’une formalité. Pour le reste, le freinage s’avère facile à doser et côté régénération, l’ID propose un mode “roues libres”, en D, et une conduite One Pedal en B, réglable sur deux niveaux… moyennant une manip sur l’écran, ce qui n’est guère pratique. Reste qu’elle convainc cette Volkswagen, qui arrive ce mois-ci en concessions courant septembre. Son prix est agressif en version de base 37 kWh/116 ch : 24 995 €, soit 5 € de plus qu’une R5 Five 40 kWh/95 ch. En revanche, Volkswagen est bien exigeant pour les variantes à batterie 52 kWh. Avant les aides à l’achat et les offres de lancement, la facture ne démarre pas à moins de 35 820 € et il faut débourser 39 490 € pour cette version Style à l’essai. C’est plus cher qu’une Renault 5 52 kWh (dès 31 990 €) et même qu’une Renault 4 52 kWh (à partir de 33 490 €), dont l’habitabilité et le coffre sont plus proches de ce que propose cette convaincante Allemande.

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