Les volumes mondiaux de gaz torché ont augmenté pour la troisième année consécutive, atteignant 167 milliards de mètres cubes en 2025, soit l’équivalent d’environ 54 milliards de dollars de gaz brûlé en pure perte.
lors que de nombreux pays, en particulier les plus pauvres, sont confrontés à des pénuries d’énergie, la récupération de ce gaz émis lors de l’extraction pétrolière pourrait renforcer la sécurité énergétique, produire de l’électricité, soutenir l’activité économique et favoriser la création d’emplois, tout en réduisant les émissions. Le rapport annuel Global Gas Flaring Tracker, publié aujourd’hui par le Groupe de la Banque mondiale, montre que les volumes de gaz torché en 2025 sont presque équivalents à la consommation annuelle totale de gaz de l’Afrique et supérieurs aux volumes annuels de gaz naturel liquéfié transitant par le golfe Persique. « À l’heure où de nombreux pays s’efforcent avec peine d’accroître l’accès à une énergie fiable et abordable, le coût que représente la poursuite du torchage pour le développement économique est tout simplement trop élevé. Le gaz actuellement brûlé à la torche pourrait être récupéré et valorisé pour alimenter les industries et les entreprises, créer des emplois et renforcer la sécurité énergétique », souligne Demetrios Papathanasiou, directeur du pôle Énergie du Groupe de la Banque mondiale. De nombreux pays importent du gaz au prix fort tout en brûlant à la torche de grandes quantités de gaz sur leurs champs pétroliers. L’élimination de cette pratique à l’échelle mondiale nécessiterait un investissement estimé entre 70 et 100 milliards de dollars, soit moins de deux fois la valeur annuelle du gaz actuellement gaspillé. Les pays confrontés à des coûts d’importation élevés et à des pénuries d’énergie pourraient ainsi bénéficier d’un meilleur accès à l’énergie, de nouvelles recettes gazières et d’une baisse de leur facture énergétique. Pourtant, bien que les outils nécessaires pour mettre fin au torchage de routine soient bien connus, cette pratique persiste. Les obstacles ne sont pas d’ordre technique, mais structurel : une réglementation inadéquate, un manque de capitaux, des infrastructures de marché limitées et l’absence de priorité accordée à la réduction du torchage, tant chez les opérateurs qu’au sein des pouvoirs publics. Là où se conjuguent politiques et réglementations efficaces, investissements ciblés et leadership, la pratique du torchage recule. Les gouvernements et les opérateurs qui agissent avec détermination obtiennent des résultats. Le Kazakhstan, par exemple, a réduit ses volumes de gaz torché de 87 % depuis 2012, dont une baisse de 16 % pour la seule année 2025. « Les technologies, les politiques, les réglementations et les mécanismes de financement nécessaires pour capturer et utiliser les gaz issus des torchères existent. Ce qui fait défaut, dans trop de pays, c’est le leadership, la priorisation de cet enjeu et la gouvernance nécessaires pour mettre ces solutions en pratique, de manière à ouvrir l’accès aux marchés et aux infrastructures », explique Zubin Bamji, responsable du Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés et du méthane (GFMR) à la Banque mondiale.

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